Source: egora.fr

par Marielle Ammouche le  18-07-2012

Source : The Lancet. 18 juillet 2012 http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(12)61031-9/fulltext

 

La sédentarité serait responsable de 10 % des décès prématurés dans le monde, selon une étude américaine publiée ce jour dans The Lancet.

Si l’impact du manque d’activité physique sur la survenue de nombreuses pathologies chroniques est reconnu depuis de nombreuses années par la communauté scientifique, peu de données chiffrées permettent d’évaluer cet effet. De ce fait, les messages préventifs ont du mal à passer dans la population générale et la sédentarité constitue souvent, dans la représentation générale de même que chez les professionnels de santé, un facteur de risque de deuxième importance.

C’est pourquoi, l’étude que vient de publier l’équipe du Dr I-Min Lee, (Boston, Etats-Unis) est fondamentale. Elle hisse, en effet, l’inactivité physique au même niveau que le tabac et l’obésité concernant sa responsabilité dans la mortalité liée à plusieurs pathologies chroniques : les maladies coronaires, le diabète de type 2, et les cancers du sein et du côlon.

Pour cela, les auteurs ont analysé plusieurs vastes études de cohorte réalisées dans divers pays, qui incluaient des données sur la prévalence de l’activité physique à l’inclusion et sur l’incidence des décès liés à des pathologies non transmissibles. A partir de là, ils ont déterminé la fraction attribuable de la population, par pays, par région, mais aussi globalement, pour les quatre maladies prises en compte. Ils ont enfin calculé le gain en espérance de vie, lié à la correction de ce facteur de risque.

Les résultats montrent que pour la seule année 2008, la sédentarité (identifiée par une activité physique inférieure à 150 minutes par semaine soit 30 min de marche rapide cinq jours sur sept) serait responsable de 5,3 des 57millions de décès prématurés survenus dans le monde, soit près d’un décès sur dix. Par comparaison, on estime que le tabac tue 5 millions de personnes chaque année.

L’inactivité physique serait à l’origine de 6% des maladies coronaires dans le monde (2-3% en Asie du Sud-Est ; 7-8% dans les régions de l’Est méditerranéen), 7% du diabète de type 2, 10% du cancer du sein et 10% du cancer du côlon. Les auteurs estiment que si ce manque d’activité physique était diminué de 10 % au niveau mondial, plus de 533 000 décès pourraient être évités chaque année. Et avec une baisse de 25% de l’inactivité, ce serait plus de 1,3 million de vies qui pourraient être épargnées.