Capture
Le chocolat est facteur de santé cardio-vasculaire.
lequotidiendumedecin.fr 29/08/2011
 
Les auteurs recommandent toutefois d’accueillir leurs résultats avec précaution, en raison de la forte teneur en calories du chocolat… – PHANIE
À l’ESC*, des chercheurs de l’Université de Cambridge présentent une méta-analyse de 7 études qu’ils publient dans le « BMJ ». Dans le groupe des personnes qui mangent le plus de chocolat, il y a une réduction de 37 % des maladies cardio-vasculaires et de 29 % des AVC, par comparaison avec celles qui en consomment le moins.
 
Les résultats d’Oscar Franco, Adriana Buitrago et coll. (Université de Cambridge) confirment des résultats d’études récentes, qui s’accordent à trouver un lien entre un bienfait potentiel de la consommation de chocolat et la santé cardio-vasculaire, via des effets ant-ioxydants et anti-inflammatoires. Cela comporte notamment une amélioration de la tension artérielle et de la sensibilité à l’insuline. Les auteurs toutefois soulignent que d’autres travaux sont nécessaires pour savoir si c’est le chocolat qui apporte cette réduction, ou si elle doit être attribuée à des facteurs confondants non pris en compte.
Franco et coll. ont mené à bien une méta-analyse de 7 études (6 études de cohorte et 1 étude transversale), soit 114 099 participants, ayant ou non déjà une maladie cardio-vasculaire, pour un suivi de 8 à 16 ans. Étant donné l’hétérogénéité des mesures de la consommation de chocolat d’une étude à l’autre, les auteurs ont comparé dans chaque étude les groupes consommant le plus de chocolat à ceux en consommant le moins. Les différences entre les méthodologies des études ont été prises en compte pour réduire les biais.
 
Cinq études rapportent un lien bénéfique entre les consommations les plus élevées de chocolat et le risque d’événements cardio-vasculaires. Ils trouvent que les taux les plus élevés de consommation de chocolat sont associés à une réduction de 37 % (RR de 0,63) de maladie cardio-vasculaire et de 29 % des AVC, comparativement aux consommations les plus basses. Il n’y a pas de différence entre ces groupes, en revanche, pour ce qui est de l’insuffisance cardiaque. Une réduction de 31 % du diabète de type 2 est également trouvée pour les groupes les plus consommateurs de chocolat.
Les études ne font pas la différence entre le chocolat noir ou au lait ; elles prennent en compte les consommations de boissons, barres chocolatées, les biscuits et les desserts.
 
Les auteurs recommandent toutefois d’accueillir leurs résultats avec précaution, en raison de la forte teneur en calories du chocolat : environ 500 calories pour 100 g. Dépasser une consommation raisonnable peut être à risque de prise de poids, de diabète et de maladie cardiaque, avertissent-ils. Toutefois, comme les bienfaits de la prise de chocolat sont non négligeables, « les initiatives pour réduire les teneurs en graisses et en sucres des produits chocolatés devraient être exploitées », soulignent-ils.
› Dr BÉATRICE VUAILLE
« BMJ », en ligne le 29 août 2011, doi :10.1136/bmj.d4488
* Présentation à l’ESC, Congrès de l’European Society of Cardiologie, Villepinte.