Revue de presse Mediscoop du 13-12-2022

Le chemsex, une pratique de moins en moins marginalisée Une image contenant texte

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Par Mme Céline Lefebvre (Paris) [Déclaration de liens d’intérêts]

– Date de publication : 13 décembre 2022

Le chemsex, une pratique de moins en moins marginalisée (mediscoop.net)

Le chemsex – le fait de consommer des produits psychotropes au cours des activités sexuelles pour les intensifier et les prolonger – est une pratique potentiellement dangereuse qui diffuse dans la population, comme le soulignent une enquête dans le milieu étudiant et de plus en plus de publications.
Le terme chemsex provient de la condensation des mots chemical et sex.

Une enquête en milieu estudiantin révèle une fréquence élevée inattendue (1), puisque 22,5% de la population étudiée s’y serait adonné dans l’année.
Parmi les drogues utilisées : le GHB ou GBL (gamma-butyrolactone, métabolisé en GHB par l’organisme), les cathinones de synthèse (méphédrone, 4-MEC et 3-MMC) ainsi que la cocaïne, la kétamine, et les médicaments de performance sexuelle (sildénafil, tadalafil).

Cette pratique concerne avant tout des célibataires, des partenaires ayant tous les deux cette pratique, essentiellement des homosexuels et plus encore des individus ayant une orientation de type bisexuel.
Le danger vient des risques de surdosages, des relations non protégées (risques d’IST), de la décompensation ou de l’exacerbation de maladies psychiatriques.

Une publication de 2019 (2) soulignait déjà les conséquences dramatiques du chemsex.
Cette pratique est « dangereuse, alors même que le phénomène se banalise.

Il ne s’agit plus d’une situation marginale, comme en atteste l’augmentation des cas de décès », déclaraient les auteurs.

Et de souligner qu’une « première et unique consommation de 4-MEC peut être fatale, en association avec du GHB et de l’alcool ».
Le Rapport Chemsex 2022 remis au ministre de la Santé par le psychiatre addictologue Amine Benyamina (3) pointe le fait que « si la quantification de la prévalence du chemsex en population générale semble toujours complexe, ce dernier concernerait environ 20% des HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes), soit 100.000 à 200.000 personnes, et il semble y avoir des signes de diffusion dans d’autres sous-populations. »

Références :
(1) Malandain et coll. Chemical sex (chemsex) in a population of French university students. Dialogues Clin. Neurosci. 2022, 23:39-43
► Retrouvez l’abstract en ligne

(2) Ameline A, Blanchot A, Arbouche N, et al. Aspect toxicologique d’un phénomène en plein essor : le chemsex. Description d’un cas médico-légal aux conséquences fatales, impliquant la 4-MEC. La Revue de Médecine Légale. 2019 ; 10(3):104-107
► Retrouvez l’abstract en ligne

(3) Rapport Chemsex 2022 remis au Ministre de la Santé par le Pr Amine Benyamina
► Télécharger le rapport