On dénote depuis une trentaine d’années une hausse de l’incidence de cancer colorectal chez des individus de moins de 45 ans, rappelle-t-on à l’occasion du mois de la sensibilisation à cette maladie.

Par Jean-Benoit Legault, La Presse canadienne

Une femme a mal au ventre, sortant des toilettes Profession Santé logo  04/03/2022

Les experts s’expliquent mal cette augmentation, mais l’alimentation, l’inflammation et le microbiome, ou une combinaison des trois, pourraient y être pour quelque chose.

« Cette nuit, j’ai opéré une jeune dame dans la trentaine qui est arrivée avec un cancer colorectal bloqué », a dit la docteure Carole Richard, chef du service de chirurgie digestive au CHUM.

La moyenne d’âge lors d’un diagnostic de cancer colorectal est de 62 ou 63 ans. Au CHUM, où on traite plus de 300 cas par année, on est passé de 10,7% des cas qui concernaient des individus de moins de 50 ans en 2006, à 16,9% en 2020.

Les médecins de première ligne ont aussi un rôle à jouer, a dit la docteure Richard, en réalisant que le jeune patient qui se plaint de saignements rectaux ne souffre pas nécessairement d’un problème mineur.

« Il faut être vigilant face aux différents symptômes que même les plus jeunes présentent maintenant, a-t-elle dit.

Comme par exemple, un jeune patient qui a des saignements anorectaux, le premier réflexe et la probabilité sont que ça va être une condition bénigne, comme des problèmes hémorroïdaux. Mais il faut être vigilant.»

Le 4 mars, pour sensibiliser le public, plusieurs monuments canadiens — dont le Stade olympique à Montréal, la Grande Roue de Montréal, le Château Frontenac à Québec et l’enseigne du Marché ByWard à Ottawa — seront illuminés en bleu pour honorer les personnes touchées par la maladie.

Cancer Colorectal Canada estime que, en moyenne, 68 Canadiennes et Canadiens reçoivent un diagnostic de cancer colorectal chaque jour.

La maladie touche à proportions presque égales les hommes (52%) et les femmes (44,8%).

Près de 50% des cancers colorectaux ne seraient diagnostiqués qu’aux stades III et IV, quand il est plus difficile de les traiter.

Pour sa part, la Société canadienne du cancer rappelle que, chaque année, environ 7000 Québécois reçoivent un diagnostic de cancer du côlon, et que 2700 Québécois décèdent annuellement des suites de la maladie.

Les principaux symptômes du cancer colorectal sont des changements inexpliqués dans les habitudes d’évacuation des selles, comme la diarrhée ou la constipation; des changements dans la taille ou la forme des selles; du sang à l’intérieur ou sur les selles, allant de rouge vif à noir foncé; des douleurs ou malaises abdominaux persistants; et une perte de poids inexpliquée.

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