22/04/2010 | Maladies infectieuses, Pédiatrie , Recommandations, Santé publique
 
Systématisation de la vaccination anti-méningocoque C et mobilisation maximale autour de la rougeole sont les grands enjeux du dernier cru du calendrier vaccinal.
« La nouveauté 2010, c’est la généralisation du méningo C », résume le Pr Serge Gilberg, Professeur de Médecine générale et membre du Comité technique des vaccinations. Il est en effet désormais recommandé de vacciner en une dose tous les nourrissons de 12 à 24 mois et en rattrapage tous les enfants, adolescents et jeunes adultes jusqu’à 24 ans révolus.
 
Une vaccination large pour protéger les plus jeunes
« L’épidémiologie des infections invasives à méningocoque C en France montre que les recommandations vaccinales appliquées jusqu’à présent, ciblant les sujets contacts d’un cas ou vivant dans des zones à incidence élevée n’ont pas permis de diminuer leur incidence ni d’empêcher l’émergence de souches virulentes », justifie le Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé, qui signe, une fois n’est pas coutume, l’édito du Bulletin épidémiologique hebdomadaire consacré aux recommandations vaccinales 2010.
 
L’objectif de cette large vaccination est d’obtenir une immunité de groupe qui permette de protéger également les enfants de moins de un an, qui sont les plus touchés par les infections invasives à méningocoque. « Le choix de ne pas vacciner les enfants de moins de un an a été fait car c’est une période où les vaccins sont déjà nombreux et trois doses auraient été nécessaires pour cette tranche d’âge », explique le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations.
 
Anticiper l’arrivée du vaccin pneumococcique 13-valent
Autre événement à prévoir pour cette année, l’arrivée du vaccin pneumococcique conjugué 13-valent qui vient d’obtenir son autorisation de mise sur le marché. « La majorité des infections pulmonaires invasives actuellement rencontrées correspondent à des sérotypes qui ne sont pas présents dans le vaccin heptavalent et seront dans la version à 13 valences. Dès qu’elle sera remboursé, il est opportun de basculer voire de faire le rattrapage en 13-valent » souligne le Pr Serge Gilberg.
Le schéma vaccinal comportant deux injections à 2 et 4 mois et un rappel à 1 an n’est pas modifié. Pour intégrer au plus vite le vaccin 13-valent dans les pratiques, le Haut Conseil de la Santé publique a défini des schémas détaillés de transition pour les enfants ayant reçu la ou les première(s) dose(s) en heptavalent.
 
Priorité à la rougeole
Depuis l’automne 2008, la France est en situation épidémique persistante. Selon un bilan provisoire de l’Institut de veille sanitaire (InVS), la circulation du virus s’intensifie. Sur les trois premiers mois de 2010, plus de 650 cas ont été déclarés, contre 1540 pour toute l’année 2009. Près de 10 % des cas déclarés début 2010 sont âgés de moins de 1 an et près de 40 % ont 20 ans ou plus alors que les complications, neurologiques ou pulmonaires notamment, sont plus fréquentes et sévères dans ces groupes d’âges.
Selon l’InVS, « cette situation souligne le niveau d’immunité insuffisant des jeunes adultes. La diffusion du virus est la conséquence d’un niveau insuffisant et hétérogène de la couverture vaccinale en France, l’accumulation progressive de sujets non immunisés conduisant à des poches de sujets réceptifs au virus ». Le taux actuel de couverture vaccinale pour une dose à 24 mois est de 87%. Trop loin des 95% estimés par l’InVS pour permettre d’éliminer la maladie.
 
La vaccination contre la rougeole est donc inscrite pour la 2e année consécutive comme l’une des priorités françaises de la Semaine européenne de la vaccination, qui se tiendra du 23 au 30 avril 2010. Et le calendrier vaccinal rappelle à nouveau l’importance des mesures vaccinales autour des cas et en rattrapage chez les jeunes non vaccinés. Pour la nouvelle génération, l’objectif est clair : « Tous les enfants à l’âge de 24 mois devraient avoir reçu deux doses du vaccin trivalent ROR ».
Afsané SABOUHI