Publié le 06/07/2020

Le nombre des défibrillateurs (DEF) externes automatiques accessibles au public a considérablement augmenté dans plusieurs pays. Il n’en demeure pas moins que seuls 2 à 9 % des arrêts cardiaques survenus en dehors de l’hôpital bénéficient d’une défibrillation délivrée par un passant, témoin de l’accident.

Or, il existe désormais, notamment au Danemark, une application du smartphone qui informe le citoyen de la survenue d’un arrêt cardiaque dans le périmètre où lui-même se trouve.

Un arrêt cardiaque à moins de deux kilomètres

Andelius et coll. ont tenté de déterminer :

  1. si les citoyens ainsi prévenus par l’application de leur smartphone de la survenue d’un arrêt cardiaque, arrivaient sur le lieu de l’accident avant les Services Médicaux d’Urgence ;
  2. si tel était le cas, dans quelle mesure le citoyen pratiquait alors les manœuvres de réanimation cardio-respiratoires adéquates ou se servait du défibrillateur.

Cette étude observationnelle a inclus les arrêts cardiaques survenus entre 2017 et 2018, c’est à dire un an après la mise en place de l’application smartphone avertissant le citoyen de la proximité (rayon maximum : 1,8 km) d’un arrêt cardiaque.

Les citoyens qui répondaient à l’alarme étaient priés soit de commencer des manœuvres de réanimation cardio-respiratoires soit de se servir du défibrillateur externe automatique le plus proche.

Les arrêts cardiaques auprès desquels, au moins un citoyen prévenu était arrivé avant les Services Médicaux d’Urgence ont été comparés aux arrêts cardiaques pour lesquels, les Services Médicaux d’Urgence étaient arrivés les premiers sur place.

On a tenu compte du fait que, dans les 2 groupes, des témoins occasionnels pouvaient se trouver, par hasard, sur le lieu de l’arrêt cardiaque avant même l’arrivée du citoyen prévenu par son smartphone ou celle des Services Médicaux d’Urgence.

Les critères principalement examinés sont le taux de massage cardiaque et de défibrillation assurés par les citoyens prévenus par leur smartphone voire par les témoins présents inopinément sur le lieu de l’arrêt cardiaque.

Arrivée avant les secours dans 42 % des cas

Des citoyens ont été prévenus de 819 cas de suspicion d’arrêt cardiaque dont 438 (53,5 %) ont été confirmés et ont été inclus dans l’analyse.

Dans 42 % des cas (n = 184/438), au moins un citoyen prévenu par smartphone est arrivé sur le lieu de l’accident avant les l’arrivée des Services Médicaux d’Urgence.

Quand un citoyen ainsi prévenu est arrivé sur place avant l’arrivée des Services Médicaux d’Urgence, cela a augmenté significativement la probabilité qu’il effectue les manœuvres de réanimation cardio-respiratoire (odds ratio [OR] 1,76; intervalle de confiance [IC] 95% : 1,07 à 2,91; p = 0,027) et cela a plus que triplé la probabilité qu’il utilise le DEF (OR 3,73; IC 95% : 2,04 à 6,84; p < 0,001), en comparaison avec les cas d’arrêts cardiaques pour lesquels, le citoyen prévenu est arrivé sur les lieux après les Services Médicaux d’Urgence.

En conclusion, l’arrivée d’un citoyen prévenu par son smartphone avant les Services Médicaux d’Urgence sur les lieux d’un arrêt cardiaque :

  1. augmente les chances qu’il effectue des manœuvres de réanimation cardio-respiratoire ;
  2. triple la probabilité qu’il se serve du DEF pour pratiquer une défibrillation cardiaque. Une étude randomisée (The Heart RunnerTrial), actuellement en cours dans les environs de Copenhague devrait permettre de savoir si ce système d’alerte téléphonique améliore ou non la survie des patients victimes d’arrêts cardiaques en dehors de l’hôpital.

Dr Robert Haïat

RÉFÉRENCE: Andelius L et coll. : Smartphone Activation of Citizen Responders to Facilitate Defibrillation in Out-of-Hospital Cardiac Arrest. J Am Coll Cardiol 2020;76:43–53.

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