17/06/2010 | Cardiologie
 
Un quart des patients souffrant d’apnée du sommeil présentent une relaxation anormale du ventricule gauche, selon une étude du CHU de Grenoble.
On savait l’apnée du sommeil associée à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires. Les choses se précisent avec l’étude publiée aujourd’hui par le European Respiratory Journal. Une équipe grenobloise vient en effet de mettre en évidence que la sévérité de la désaturation en oxygène, provoquée par l’apnée du sommeil, serait corrélée à une relaxation anormale du ventricule gauche.

Ces cardiologues ont suivi 150 patients sans pathologie cardiovasculaire connue et nouvellement diagnostiqués pour une apnée du sommeil. Résultat : Près d’un patient apnéique sur quatre (22,7%) présente une relaxation anormale du ventricule gauche, signe d’une dysfonction diastolique. Ces patients sont en moyenne plus âgés que les apnéiques sans dysfonction cardiaque et hypertendus à 81%.

« Cette dysfonction, qui survient fréquemment chez les patients souffrant d’apnée du sommeil, est liée à la sévérité de la désaturation en oxygène », explique l’un des auteurs, le Pr Jean-Philippe Baguet. Les patients âgés souffrant d’importantes hypoxies intermittentes pendant leur sommeil semblent particulièrement vulnérables à ce mécanisme, suggérant que l’âge pourrait accroître la sensibilité aux épisodes d’hypoxie.
 
« La morbidité et la mortalité de ces patients souffrant de dysfonction diastolique sont aussi importantes que pour les patients en insuffisance cardiaque systolique », soulignent les auteurs, qui insistent donc sur la nécessité de traiter l’apnée du sommeil, pour elle-même mais aussi comme facteur de risque cardiovasculaire potentiel.
Afsané SABOUHI