INTERNATIONAL  –  Par A.M. le 21-09-2020

egora.fr

Après le retrait d’une étude basée sur des données douteuses, Le Lancet a décidé de revoir sa procédure de validation par les pairs.

Début juin, l’affaire avait fait grand bruit. Et pour cause : la vaste étude publiée dans la plus prestigieuse des revues médicales concluaient à l’inefficacité de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 et même à sa dangerosité, entrainant un coup d’arrêt dans les essais menés dans le monde entier.

Mais des doutes avaient rapidement été soulevés sur les données prétendument issues de plus de 100 000 patients hospitalisés dans le monde, recueillies par une obscure société du nom de Surgisphere. Trois des quatre auteurs de l’article (le 4e étant le dirigeant de Surgisphere) s’étaient alors rétractés.

Ce fiasco “nous a poussé à examiner (nos) processus de relecture pour (…) réduire encore les risques de mauvais comportements en matière de recherche et de publications”, a écrit dans un texte mis en ligne jeudi soir la revue britannique.

Le “peer-reviewing”, censé être un gage de qualité des publications scientifiques, sera encore plus strict pour les travaux utilisant de grosses bases de données, comme celle sur l’hydroxychloroquine retirée début juin : “au moins un des relecteurs (devra) connaître les détails de ces données” et être en mesure “de comprendre et commenter leur intérêt et leurs limites par rapport au sujet” de l’étude.

Pour les bases de données les plus vastes, le Lancet aura recours en plus à un “expert en ‘data science'”.

LancetGate, épisode 2 : le douteux vaccin russe

Pour toutes les études, le Lancet va aussi demander plus d’engagements écrits aux auteurs et que la totalité des auteurs d’une même étude engagent leur responsabilité. “Plus d’un auteur” devra avoir eu “directement” accès aux données brutes de l’étude et les avoir “vérifiées”.

Au moins l’un de ceux qui ont vérifié l’intégrité des données devra être un chercheur, sans lien avec l’entité commerciale qui les aurait fournies le cas échéant. Un document devra préciser quelles données seront publiées, quand et comment elles le seront.

Dans un autre texte rendu public vendredi, le Lancet souligne qu’avec la pandémie, il est devenu “particulièrement compliqué” de trouver des relecteurs, et ce alors que la revue a reçu jusqu’à 5 fois plus de manuscrits qu’en temps normal.

[avec AFP]

Hydroxychloroquine contre les accidents de trottinette : comment une revue scientifique s’est fait avoir par un canular

“C’est un échec complet pour la science” : le rédacteur en chef du Lancet s’explique sur l’étude hydroxychloroquine

Ce que l’on sait de Surgisphère, la mystérieuse société au cœur du “Lancet gate” sur l’hydroxychloroquine

Le Lancet remet en cause son étude sur l’hydroxychloroquine