egora.fr  SANTÉ PUBLIQUE Par Pr Philippe Chanson le 07-04-2017

On sait que l’activité physique au cours des loisirs est associée à une réduction du risque de mortalité globale par maladie cardiovasculaire et par cancer. L’OMS recommande donc que les sujets âgés de 18 à 64 ans fassent au moins 150 minutes par semaine d’activité aérobique d’intensité modérée ou au moins 75 minutes par semaine d’activité aérobique intense ou les combinaisons équivalentes. Cependant, en pratique, beaucoup de sujets ont une activité limitée au week-end et savoir si cette activité du week-end a les mêmes effets qu’une activité plus répartie au cours de la semaine reste encore assez mal connu.

Afin d’analyser l’association entre les activités physiques du week-end et le risque de mortalité globale, une analyse poolée d’études de surveillance incluant 11 cohortes de sujets britanniques ayant répondu à des enquêtes de santé en Angleterre et en Ecosse et dont les données ont été liées de manière prospective avec des registres de décès, a été mise en place. Les répondeurs âgés d’au moins 40 ans étaient inclus dans l’analyse ; les données ont été recueillies entre 1994 et 2012 et analysées en 2016.

A été analysée l’activité physique au cours des loisirs rapportée par les sujets avec des niveaux d’activité définis comme une absence d’activité, une activité physique mais insuffisante (<150 mn/semaine d’intensité modérée ou <75 mn/semaine d’activité intense), les “guerriers du week-end” faisant >150 mn/semaine d’activité d’intensité modérée ou >75 mn/semaine d’activité physique intense en 1 ou 2 sessions durant le week-end, tandis que les sujets régulièrement actifs rapportaient >150 mn/semaine d’activité modérée ou >75 mn/semaine d’activité intense, mais répartis en au moins 3 sessions.

Parmi les 63 591 adultes qui ont répondu aux enquêtes dont 45.9 % d’hommes, d’âge moyen 58.6 ± 11.9 ans, 8 802 décès de toutes causes, 2 780 décès d’origine cardiovasculaire et 2 526 décès de cancers sont survenus au cours des 561 159 personnes/année de suivi. En comparaison des participants inactifs, le hazard ratio pour la mortalité globale était de 0.66 (IC 95 % = 0.62-0.72) chez ceux qui étaient actifs mais de manière insuffisante sur 1 à 2 sessions/semaine, de 0.70 (0.60-0.82) chez les “guerriers du weekend” et de 0.65 (0.58-0.73) chez les participants ayant une activité plus régulière dans la semaine.

En comparaison des participants n’ayant pas d’activité physique, le hazard ratio pour la mortalité cardiovasculaire était de 0.60 (0.52-0.69) chez ceux qui avaient une activité mais insuffisante, de 0.60 chez les “guerriers du weekend” (0.45-0.82) et de 0.59 (0.48-0.73) chez les patients actifs régulièrement tout le long de la semaine. Enfin, en comparaison des participants inactifs, le HR pour la mortalité par cancer était de 0.83 (0.73-0.94) chez les participants insuffisamment actifs, de 0.82 chez les “guerriers du weekend” (0.63-1.06) et de 0.79 (0.66-0.94) chez les participants ayant une activité physique régulière.

En conclusion, les “guerriers du weekend” ou les autres types d’activité physique de loisir même s’ils sont effectués sur 1 à 2 sessions par semaine ou pendant le week-end semblent suffisants pour réduire la mortalité globale, la mortalité cardiovasculaire et la mortalité par cancer.

Sources : 

O’Donovan G. et al. Association of « weekend warrior » and other leisure time physical activity patterns with risks for all-cause, cardiovascular disease, and cancer mortality. JAMA Intern Med 2017 ; 177 : 335-342.

Arem H. et DiPietro L. Physical activity on the weekend. Can it wait until then ? JAMA Intern Med 2017 ; 177 : 342-343.