Les garçons qui étaient actifs physiquement dans leur petite enfance avaient une meilleure santé mentale quelques années plus tard et étaient plus susceptibles de toujours être actifs physiquement au début de l’adolescence.

Par Jean-Benoit Legault, La Presse canadienne

enfant actif à l'extérieur Profession Santé logo  27/09/2021

Ces garçons étaient notamment moins à risque de présenter en grandissant des symptômes de dépression et d’anxiété, ce qui est connu sous le nom de détresse émotionnelle, indique une nouvelle étude réalisée par deux chercheuses montréalaises.

« Ce qu’on a trouvé, c’est que les garçons qui participaient à des activités physiques à la petite enfance, à 5 ans, étaient ceux qui avaient une meilleure santé mentale quand on les comparait aux garçons qui ne participaient pas à des activités physiques », a résumé Marie-Josée Harbec, qui a effectué cette recherche dans le cadre de sa thèse de doctorat dirigée par Linda Pagani, professeure de psychoéducation à l’Université de Montréal.

La pratique d’activités physiques à l’âge préscolaire pourrait aider les garçons à acquérir des aptitudes de la vie quotidienne telles que la prise d’initiative, le travail d’équipe et la maîtrise de soi, croient les chercheuses.

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Cela pourrait aussi les aider à établir des relations signifiantes et aidantes avec leurs pairs et les adultes qui les entraînent et leur enseignent.

Les deux chercheuses ont examiné les habitudes en matière de sport et d’activité physique rapportées par les enfants à 5 et 12 ans, ainsi que par leurs parents.

Elles ont aussi étudié les symptômes de détresse émotionnelle entre 6 et 10 ans notés par les enseignants des enfants. Leur cohorte était composée d’un peu plus de 1400 jeunes.

« On n’a pas trouvé de résultats significatifs dans nos analyses chez les filles, a dit Mme Harbec.

Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de bienfaits pour l’activité physique sur la santé mentale des filles, ça veut dire qu’il y a peut-être autre chose qui explique pourquoi les filles qui sont plus actives n’ont pas nécessairement moins de symptômes dépressifs et anxieux. »

Les garçons qui sont actifs physiquement à un très jeune âge se retrouvent en quelque sorte entraînés dans un « cercle vicieux » qui les amènera à toujours être actifs au début de l’adolescence, a-t-elle ajouté.

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Le message pour les parents est donc de favoriser l’activité physique de leur jeune.

Et pas besoin de jouer au hockey cinq fois par semaine non plus: une randonnée en montagne ou une sortie en vélo feront très bien l’affaire.

« Jouer dehors, puis essayer le plus possible d’éloigner l’enfant des écrans, a précisé Mme Harbec.

Il faut habituer l’enfant à bouger tôt.

Pas nécessairement dire non au temps d’écran, mais varier les activités, puis particulièrement celles physiques.

Les êtres humains sont des êtres d’habitude, et le goût de bouger, ça s’apprend. »

Les parents doivent aussi comprendre qu’il est primordial pour eux de donner l’exemple, ajoute-t-elle.

À 5 ans, il est très rare qu’un enfant n’ait pas le goût de sortir pour aller s’amuser.

Les chances de succès seront encore plus grandes si papa et maman sortent avec lui, et c’est toute la famille qui en profitera, a conclu la chercheuse.

Cette étude a été réalisée en collaboration avec des chercheurs de l’Université McGill et de l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario.

Les conclusions ont été publiées par le Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics.

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Udem – nouvelles – LE 27 SEPTEMBRE 2021

https://nouvelles.umontreal.ca/article/2021/09/27/jouer-au-ballon-c-est-bon-pour-la-sante-mentale-des-garcons/?fbclid=IwAR2T7Wn6jRUOVNp4jd2yVsk1qPOBKvF4ctOaivNBPv6HQJbfI1mifoy7FRs

Jouer au ballon, c’est bon pour la santé mentale des garçons!

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Une nouvelle étude de l’Université de Montréal révèle que les jeunes garçons qui font du sport auraient une meilleure santé mentale en grandissant et seraient plus actifs au début de l’adolescence.

Les garçons qui font du sport dans leur petite enfance sont moins susceptibles de présenter plus tard en grandissant des symptômes de dépression et d’anxiété – connus sous le nom de détresse émotionnelle –, selon une nouvelle étude dirigée par la chercheuse en psychoéducation de l’Université de Montréal Marie-Josée Harbec.

Publiée aujourd’hui dans le Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics, l’étude indique également que les garçons qui éprouvent moins de détresse émotionnelle au milieu de l’enfance seraient plus actifs physiquement au début de l’adolescence.

Dans cette étude, « nous voulions clarifier, sur le long terme, la relation, chez les enfants d’âge scolaire, entre la participation à des sports et les symptômes de dépression et d’anxiété », explique Marie-Josée Harbec, qui a effectué cette recherche dans le cadre de sa thèse de doctorat, dirigée par Linda Pagani, professeure de psychoéducation à l’UdeM.

« Nous voulions également savoir si cette relation était différente chez les garçons et les filles âgés de 5 à 12 ans, ajoute Mme Harbec, qui pratique au CHU Sainte-Justine, toute comme la professeure Pagani.

Actuellement, nous avons plusieurs preuves qu’il y a un problème de sédentarité chez les enfants, ce qui pourrait avoir des répercussions sur leur santé mentale et physique ultérieurement. »

Les deux chercheuses ont donc examiné les habitudes en matière de sport et d’activité physique rapportées par les enfants à 5 et 12 ans, ainsi que par leurs parents, et elles ont aussi étudié les symptômes de détresse émotionnelle entre 6 et 10 ans notés par les enseignants des enfants.

« Nous avons constaté que les garçons de 5 ans qui n’avaient jamais fait de sport étaient plus susceptibles, entre 6 et 10 ans, d’avoir l’air malheureux et fatigués, d’avoir du mal à s’amuser, de pleurer beaucoup et de paraître craintifs ou inquiets », mentionne Linda Pagani, qui a dirigé cette étude.

Elle poursuit: « De même, les garçons qui présentaient davantage de symptômes dépressifs et anxieux au milieu de l’enfance étaient moins actifs physiquement à 12 ans.

Pour les filles, en revanche, nous n’avons pas relevé de changements notables. »

En collaboration avec des chercheurs de l’Université McGill et de l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Mmes Harbec et Pagani ont analysé les données relatives à une cohorte québécoise d’enfants nés en 1997 et 1998 recueillies dans le contexte de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec, réalisée par l’Institut de la statistique du Québec.

Les parents de 690 garçons et 748 filles de la cohorte avaient dit si leurs enfants avaient fait du sport au cours de l’année précédente (à l’âge de 5 ans) et quel était leur niveau d’activité physique hebdomadaire à l’âge de 12 ans.

Leurs enseignants ont évalué les symptômes de détresse émotionnelle observés à l’école entre 6 et 10 ans.

Les données ont été étudiées selon le sexe afin de mettre au jour tout lien significatif entre l’activité physique et la détresse émotionnelle.

« De nombreux facteurs ont été contrôlés pour ne pas fausser les résultats, souligne Marie-Josée Harbec.

Notre objectif était d’éliminer toute condition préexistante chez les enfants ou les familles qui aurait pu jeter une lumière différente sur nos résultats, comme le tempérament de l’enfant, l’éducation des parents ou le revenu familial. »

Les garçons et les filles fonctionnent différemment

Selon les chercheuses, les garçons qui font du sport à l’âge préscolaire pourraient bénéficier de la pratique d’activités physiques qui les aident à acquérir des aptitudes de la vie quotidienne telles que la prise d’initiative, le travail d’équipe et la maîtrise de soi, et à établir des relations signifiantes et aidantes avec leurs pairs et les adultes qui les entraînent et leur enseignent.

« À l’inverse, les garçons qui présentent des symptômes de dépression et d’anxiété pourraient être plus isolés socialement, avoir moins d’énergie et un faible sentiment de compétence, ce qui pourrait avoir une influence négative sur l’engagement dans l’activité physique », soutient la professeure Pagani.

Chez les filles, les facteurs de risque et de protection liés à la dépression et à l’anxiété fonctionnent différemment, signale Mme Harbec.

Les filles sont plus susceptibles que les garçons de demander de l’aide et de révéler leur détresse émotionnelle à leur famille, à leurs amis ou à des professionnels de la santé, et le soutien psychologique de ces liens sociaux les protège mieux.

« De plus, comme les filles sont plus nombreuses à souffrir de détresse émotionnelle que les garçons, ce risque lié au sexe peut avoir conduit à une reconnaissance et à une intervention précoces pour les filles » qui les protègent ainsi de dommages supplémentaires, conclut la chercheuse.

À propos de cette étude

L’article «Physical activity as both predictor and outcome of emotional distress trajectories in middle childhood», par Marie-Josée Harbec et ses collègues, a été publié le 27 septembre 2021 dans le Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics.

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