Regate.com – Publié le 25-12-2020

Olivier Tourchon  

La Whitbread est une course autour du monde longue et éprouvante, qui met les équipages en tension pendant de longs mois faits de compétition et de pauses. C’est aussi un événement médiatique d’ampleur qui cède la part belle aux sponsors. Présentation de cette course décidément bien différente.

Pensée par des militaires, la Whitbread, allait en 2001 devenir la Volvo Ocean Race puis The Ocean Race en 2019. Cette course proposait 5 étapes, lors de sa première édition en 1973. Elle demeurera sans doute l’une des courses au large les plus meurtrières, entraînant la mort de 3 navigateurs, Paul Waterhouse, Dominique Guillet et Bernie Hosking.

Régate autour du monde, par étapes

Cette régate autour du monde par les 3 caps dans le sens conventionnel (Ouest vers Est) se dispute par étapes (dont le nombre est variable selon les éditions). Elle se court en équipages, potentiellement mixtes. Elle se court, à l’origine tous les 4 ans, mais désormais avec un départ tous les 3 ans. Elle part d’Europe pour y revenir après le tour du monde.

Course aux multiples visages

Polymorphe, la Whitbread démarre, arrive et s’arrête dans des villes distinctes à chacune de ses éditions. Elle varie en nombre d’étapes, allant de 5 étapes jusqu’en 1985 à 11 en 2017. Certaines éditions sont linéaires avec un itinéraire proche du pôle Sud après la descente de l’Atlantique. D’autres effectuent de nombreux détours, à l’instar de l’édition de 2008 qui remonta la mer de Chine et y marqua plusieurs étapes.

Cette course se court en monocoque. À l’origine ce sont des maxis qui s’inscrivent à la course et qui courent en temps compensés. Puis en 1993, arrivent les VOR60, des monotypes de 60 pieds qui marqueront la fin des Maxi. La course devient une course en temps réel. En 2005, la course passe au V65, plus puissants plus que les V60. Elle reste toujours une course monotype.

Pour la prochaine édition dont le départ est prévu en octobre 2022, la course s’ouvre aux IMOCA qui devraient par la suite remplacer les V65.

Présence des femmes, discrimination positive

Depuis 1977, les femmes sont présentes à bord des bateaux. Avec des règles spécifiques pour les navigatrices. Si les équipages entièrement masculins sont limités à 7 membres, les équipages mixtes sont composés d’un maximum de 5 hommes et 5 femmes. Les équipages entièrement féminins (dont le premier fut celui de Tracy Edward en 1989) comptent, eux, un maximum de 11 membres. Discrimination positive ?

Classement par points

Le classement, à l’arrivée, est établi non pas sur un système de temps, mais sur un principe de points. Chaque étape est bonifiée de 7 points pour le premier bateau arrivé. Le passage du Cap Horn est bonifié d’un point lui aussi pour le premier compétiteur franchissant ce cap mythique. Les étapes dans les mers du Sud (océan Indien et Pacifique Sud) comptent double. Enfin, l’équipage qui a réalisé le meilleur temps cumulé obtient un point supplémentaire.

Un trophée évolutif

Le trophée pour le vainqueur

Le trophée pour le vainqueur

The Ocean Race n’offre au premier équipage classé aucune récompense financière. C’est un trophée évolutif d’édition en édition que se transmettent les vainqueurs. Un nouveau cercle est ajouté à chaque victoire, gravée du nom de l’équipage victorieux. C’est en conséquence un trophée perpétuellement inachevé qui sera remis au vainqueur de la prochaine édition, en 2022.

Ecologie intéressée

Le village de la course à Abu Dhabi

Le village de la course à Abu Dhabi

La course se veut vectrice de sens et de responsabilité écologique. Elle accompagne depuis de nombreuses années le principe de “Naviguer avec du sens”. Ce programme supporte de la recherche scientifique (tous les bateaux embarquent au minimum un équipement de relève de températures et de salinité des eaux fréquentées.) et propose aux établissements scolaires un ensemble de contenu éducatif à l’image des partenaires de la course. Enfin, chaque ville étape s’engage à mettre en place des programmes de développement durable, absence de gobelets plastiques dans les villages, par exemple.

Débauche de communication

Animations lors de l'édition 2014

Animations lors de l’édition 2014

La Volvo Ocean Race représente un événement nautique, mais pas uniquement. La présence impérative d’un média-man à bord de chaque navire transforme la course en opération de communication à grande échelle. Le reporter embarqué doit fournir à l’organisation 4 minutes de vidéo du bord, 8 photographies nouvelles et 200 mots de texte chaque jour. Les bateaux engagés sont donc tous largement équipés de moyens de communication ultra modernes, tous fournis par l’équipementier Sony Ericsson.

Présence française discrète

Les Français ne sont pas en reste dans cette course. En 1973, Tabarly démâtera par deux fois et devra mettre fin à sa course. En 1977, le Nantais est disqualifié, car son bateau du moment, Pen Duick VI, dispose d’une quille en uranium, substance interdite.

Esprit d'équipe, premier bateau français vainqueur de la course

Esprit d’équipe, premier bateau français vainqueur de la course

La litanie des défaites françaises s’arrête là. En 1985, Lionel Pean remporte la course en temps compensé à bord d’Esprit d’équipe. Il sera suivi de Franck Cammas en 2011 sur Groupama IV puis de Chaly Caudrelier, en 2017, à bord de Pong Feng Race Team (bateau chinois, mais managé par un équipage français).