La vision périphérique aide ceux qui ne regardent pas devant eux
 
 du 14/04/2010  N° 8749
 
Quand on marche dans la rue sans regarder devant soi, la vision périphérique fait en sorte de limiter les risques de casse en accroissant son activité. C’est schématiquement ce que viennent de montrer des chercheurs du CNRS.
 
LA VIE QUOTIDIENNE montre bien que la vision centrale est plus performante que la vision périphérique : la meilleure façon d’éviter les obstacles est de regarder droit devant et non pas sur le côté, du coin de l’œil. Si, en marchant, on regarde sur le côté, logiquement, on devrait aller à la catastrophe. « Pas si sûr », répondent les neurophysiologistes du centre de recherche Cerveau et cognition (CNRS/Université Paul-Sabatier). Certes, lorsque le regard se détourne, la région de l’espace situé devant le corps est prise en charge par la vision périphérique. Mais de façon surprenante, les chercheurs du CNRS ont mis en évidence un mécanisme qui semble garantir un traitement privilégié de cette zone : lors d’un changement de direction du regard, de 10° vers la droite par exemple, les neurones codant une région localisée à 10° sur la gauche dans le champ visuel (région qui coïncide alors avec la zone droit devant) auront une activité maximale.
 
De façon générale, lorsque le regard est excentré, les neurones de la vision périphérique dont le champ récepteur se rapproche de la zone droit devant voient leur activité augmenter. Au contraire, ceux dont le champ récepteur s’éloigne de cette direction présentent une diminution d’activité. Grâce à ce mécanisme, les objets situés droit devant seraient « plus visibles » même en vision périphérique.
Ces travaux pourraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques, notamment pour la rééducation des personnes atteintes d’une DMLA, qui ne peuvent se fier qu’à leur vision périphérique.
  
› Dr EMMANUEL DE VIEL
Jean-Baptiste Durand, Yves Trotter et Simone Celebrini, « Neuron » du 14 avril 2010.
Quotimed.com, le 14/04/2010