du 01/07/2010  N° 8802
 
Une étude suédoise sur le dépistage du cancer de la prostate montre une réduction de moitié de la mortalité par ce cancer sur un suivi de 14 ans. « Le dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA est donc une mesure favorable, dont le bénéfice apparaît équivalent à d’autres programmes dont la valeur est montrée » , concluent les auteurs.

LE DÉPISTAGE du cancer est une mesure évidemment très intéressante en termes de santé publique, mais les bénéfices sont à mettre en balance avec les inconvénients. Les diagnostics par excès constituent l’une des principales préoccupations.

Jonas Hugosson et coll. (Université de Göteborg, Suède) ont entrepris une étude randomisée contrôlée pour évaluer le dépistage par la mesure du PSA (Prostate Specific Antigen). L’étude est toujours en cours. Elle a commencé en 1994, quand 20 000 hommes de 50 à 64 ans ont été recrutés et randomisés en deux groupes, avec un test par mesure du PSA pour les participants du premier groupe, le second ayant servi de témoin. Lorsqu’un taux élevé de PSA était détecté, des moyens de recherche plus approfondis étaient appliqués (toucher rectal, biopsie).

Pendant les 14 ans de suivi, un cancer de la prostate a été diagnostiqué chez 1 138 (11,4 %) hommes du groupe dépistage et chez 718 (7,2 %) du groupe témoin.
Les cancers détectés dans le groupe dépistage sont plus souvent à un stade précoce. Par exemple, un cancer avancé de la prostate a été dépisté chez 46 hommes du groupe dépistage et 87 du groupe témoin. La réduction cumulative absolue du risque de décès par cancer de la prostate à 14 ans est de 0,40 %, passant de 0,90 % à 0,50 % dans le groupe dépistage.
 « Le risque de diagnostic par excès est moins élevé que ce qui était attendu. Il faut faire un diagnostic chez 12 hommes pour sauver une vie. Parmi les participants de 60 ans et moins, le risque de décès par cancer de la prostate est bas. Un quart des décès attendus par ce cancer sont enregistrés dans cette étude. »
 
Toutefois, les auteurs préfèrent adopter une position de précaution, indiquant que : « Comme le bénéfice du dépistage par dosage de PSA nécessite au moins 10 ans pour prendre effet, il faudrait discuter de la conduite à tenir pour les hommes de plus de 70 ans. »
Dans un commentaire associé, David Neal (Université de Cambridge) préfère tempérer l’optimisme. Selon lui, « les résultats montrent que, dans certaines circonstances, le dépistage par PSA et le diagnostic précoce réduisent les décès, mais ils n’impliquent pas que les programmes s’appuyant sur le PSA doivent être mis en place dans tous les pays. »

Dr BÉATRICE VUAILLE

« The Lancet Oncology », publié en ligne le 1er juillet 2010.

Quotimed.com, le 01/07/2010