15/04/2010 | Cardiologie , Urologie
 
La dysfonction érectile aide à prédire la survenue d’un événement cardiovasculaire chez des patients à haut risque. C’est ce qu’indique une nouvelle analyse des essais ONTARGET et TRANSCEND.
Les liens entre dysfonction érectile et facteurs de risque cardiovasculaire sont connus, tout comme les liens entre dysfonction érectile et athérosclérose. Une étude publiée dans Circulation montre aujourd’hui que chez les patients souffrant d’une maladie cardiovasculaire, ce trouble aide à prédire la survenue d’un événement cardiovasculaire.
Une ré-analyse des essais ONTARGET et TRANSCEND
Une équipe allemande a analysé le lien entre dysfonction érectile et morbi-mortalité cardiovasculaire à partir des données des essais randomisés en double-aveugle ONTARGET et TRANSCEND. Les auteurs ont aussi étudié si un IEC (le ramipril) ou un sartan (le telmisartan, Micardis, Boehringer Ingelheim) pouvaient améliorer la dysfonction érectile. Ces deux anti-hypertenseurs agissent sur le système rénine-angiotensine : or l’angiotensine II favorise la détumescence du corps caverneux. Dans l’étude ONTARGET, incluant 1 549 patients, 400 étaient sous ramipril, 395 sous telmisartan et 381 sous ramipril+telmisartan. Dans l’étude TRANSCEND, 171 étaient sous telmisartan et 202 sous placebo.
Résultats : chez ces patients à haut risque cardiovasculaire, la prévalence de la dysfonction érectile était particulièrement élevée. Elle était de plus de 50%, contre 20% à 30% en population générale. La dysfonction érectile multipliait par 1,8 le risque de décès toute cause, et par 1,4 le risque d’événements cardiovasculaires (décès, infarctus, hospitalisation pour insuffisance cardiaque, AVC). Les traitements par ramipril et/ou telmisartan n’ont pas eu d’effet sur l’apparition ou l’évolution d’une dysfonction érectile.
Selon les auteurs, « la dysfonction érectile représente un symptôme précoce de dysfonction endothéliale et d’athérosclérose et les patients avec une dysfonction érectile ont un risque cardiovasculaire particulièrement élevé. L’identification de ces patients avec une dysfonction érectile offre l’opportunité d’un traitement précocement ajusté au risque ».
 
Florence ROSIER