Accueil Course au large  Trophée Jules Verne

Le maxi-trimaran Sails of Change de l’équipe Spindrift ne partira pas cet hiver autour du monde à la conquête du Trophée Jules Verne.

Après avoir été sur le point de s’élancer à deux reprises avant de renoncer in extremis, Dona Bertarelli et Yann Guichard ont annoncé la fin du stand-by.

Selon eux aucune configuration météo permettant de faire mieux que les 40 jours et 23 heures de Francis Joyon ne s’est réellement présentée.

Explications avec leur routeur à terre, Jean-Yves Bernot.

Une image contenant eau, extérieur, ciel, océan

Description générée automatiquement

​Le maxi-trimaran Sails of Change de l’équipe Spindrift ne partira pas cet hiver autour du monde à la conquête du Trophée Jules Verne. | SAILS OF CHANGE

Voiles et Voiliers. Modifié le 01/02/2022 à 18h02

Ici et là on a pu entendre ironiser sur l’équipage de Sails of Change, du team Spindrift dirigé par Dona Bertarelli et Yann Guichard.

Sur les réseaux sociaux les commentaires sont allés bon train en décembre où quand, par deux fois, l’équipage a été placé en « code vert », ce qui devait vouloir dire « départ sous 24 heures », avant de finalement rester à quai in extremis.

Ce n’est pourtant pas extrêmement compliqué à comprendre et cela exprime en creux toute la difficulté de ce Trophée Jules Verne, le tour du monde à la voile « no limit » en équipage ramené à 40 jours et 23 heures par Francis Joyon et ses hommes en 2017.

Dans le communiqué de presse qui annonce la fin officielle de leur stand-by, voici ce qu’en disent à la fois Dona Bertarelli, Yann Guichard et leur routeur à terre Jean-Yves Bernot, alias « le sorcier » de la météo

D’abord il faut être en douze jours au cap de Bonne-Espérance

Pour battre le record du tour du monde à la voile, il est aujourd’hui impératif de maximiser ses chances sur la première portion du parcours.

En premier lieu, le défi du maxi-trimaran Sails of Change consistait à effectuer une descente très rapide entre l’île d’Ouessant et l’équateur (dans les temps du record de Spindrift en 4 jours 19 heures et 57 minutes établi en 2019).

Par la suite, l’équipage se devait d’atteindre le Sud de l’Afrique, en moins de 12 jours, pour faire aussi bien que le précédent record.

C’est ainsi que depuis le 1er novembre 2021, Yann Guichard (skipper), Benjamin Schwartz (navigateur) et Jean-Yves Bernot (routeur à terre) analysaient la météo pour identifier la configuration idéale qui aurait permis cet enchaînement.

Or, cet hiver, les conditions n’ont jamais été réunies pour permettre à l’équipage de couper la ligne de départ.

Des dépressions très Sud perturbent l’alizé et la situation se répète inlassablement

Jean-Yves Bernot détaille : « Depuis quelques semaines, les dépressions qui arrivent sur l’Europe sont positionnées très au Sud, autour des Canaries, de Madère ou du Sud des Açores.

Ces configurations météorologiques empêchent l’alizé d’être fort et de s’établir durablement. D’habitude ces épisodes sont transitoires et ne durent que quelques jours.

Or, cette année, ces situations se répètent inlassablement. Nous avons donc observé de grandes zones avec du vent faible ou avec du vent dans le nez, s’établir dans le Sud de Gibraltar jusqu’au Cap Vert.

Ce qui n’est bien entendu pas du tout adéquat pour prendre le départ d’un record autour du monde.

En parallèle, dans l’Atlantique Sud, au début du stand-by, l’anticyclone de Sainte-Hélène était très étendu.

Il était donc difficile à traverser car il engendrait de nombreuses zones sans vent.

Cela paraissait donc risqué de voir Sails of Change partir avec la forte probabilité qu’il s’englue là-bas ».

Compte tenu de la situation, l’équipe a décidé au début du mois de prolonger le stand-by de deux semaines, jusqu’au 31 janvier.

Pendant cette période, la situation météorologique n’a pas évolué et les prévisions pour début février ne sont pas optimistes.

L’été austral se termine, dans le Grand Sud la navigation devient de plus en plus compliqué

Enfin, Jean-Yves Bernot rappelle qu’un départ tardif dans le grand Sud n’est pas conseillé : « Petit à petit l’été austral se termine.

Là-bas, les conditions de navigation deviennent de plus en plus compliquées avec le froid, des vents forts et une mer très formée.

Or, avec trop de mauvais temps, la probabilité d’avoir des avaries augmente et surtout il est plus difficile d’atteindre des vitesses moyennes élevées et donc de battre le record ».

Dans ce contexte, Dona Bertarelli et Yann Guichard ont décidé de mettre fin au stand-by de leur équipe sur le Trophée Jules Verne.

L’INTERVIEW VIDÉO DE DONA BERTARELLI ET YANN GUICHARD :

UPDATE – Jules Verne Trophy – YouTube

Une image contenant texte, personne, intérieur, équipement électronique

Description générée automatiquement

Une nouvelle tentative à l’hiver 2022/2023

Yann Guichard, skipper de l’écurie de voile Spindrift, dresse aujourd’hui le bilan : « Depuis deux ans, l’équipe a fourni un travail remarquable pour améliorer notre maxi-trimaran Sails of Change.

Le navire n’a jamais été aussi bien préparé pour battre ce record et nous pouvons en être fiers.

Bien entendu, c’est une déception de ne pas être partis. Par deux fois nous sommes passés en code vert mais hélas les fenêtres météorologiques se sont ensuite refermées.

Par la suite, les routages nous ont confirmé qu’il avait été sage de ne pas partir. Nous n’avons donc aucun regret.

Je tiens d’ailleurs à souligner la remarquable mobilisation de tous nos collaborateurs pendant ces trois derniers mois et en particulier des marins qui sont restés motivés jusqu’au bout.

Nous avons la chance d’avoir une formidable équipe et un bateau taillé pour le Trophée Jules Verne.

Avec Dona, nous annonçons donc que notre écurie de voile Spindrift sera de nouveau en stand-by pour une tentative de record autour du monde à la fin de cette année ».

Une image contenant personne, extérieur, gens, groupe

Description générée automatiquement

Cet hiver, les conditions n’ont jamais été réunies pour permettre à l’équipage de couper la ligne de départ. | SAILS OF CHANGE

Dona Bertarelli complète : « Nous dévoilerons prochainement le reste du programme sportif de notre équipe.

À travers nos projets, nous aurons à cœur cette année encore d’être les porte-étendards de la campagne « 30×30 » qui vise à protéger 30 % de notre planète en 2030.

Notre objectif est de faire connaître cette cause auprès du grand public et des institutions afin que de nouvelles décisions soient prises par les gouvernements.

En parallèle, nous prolongerons notre travail auprès des scolaires grâce à notre programme « Spindrift for Schools » qui vise à sensibiliser les jeunes générations ».

Une image contenant ciel, extérieur, personne

Description générée automatiquement

Dona Bertarelli. | SAILS OF CHANGE

Le Trophée Jules Verne en bref :

Départ et arrivée : ligne entre le Phare de Créac’h (Ile d’Ouessant) et le Cap Lizard (Angleterre)

Tour du monde du monde en équipage par les trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin, Horn)

Distance la plus courte à parcourir : 21 600 milles (environ 40 000 kilomètres)

Ratification : World Sailing Speed Record Council

Temps actuel à battre : 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes Vitesse moyenne : 21,96 nœuds

Date du dernier record : janvier 2017

Détenteur : IDEC Sport, Francis Joyon et ses 5 hommes d’équipage

Références des temps intermédiaires en équipage :

Ouessant – Équateur : 4 jours 20 heures et 07 minutes (Spindrift 2 en 2019)

Équateur – Cap des Aiguilles : 6 jours 08 heures et 55 minutes (Banque Populaire V en 2012)

Cap des Aiguilles – Cap Leeuwin : 4 jours 09 heures et 32 minutes (IDEC Sport en 2017)

Cap Leuuwin – cap Horn : 9 jours 08 heures et 46 minutes (IDEC Sport en 2017)

Cap Horn – Équateur : 7 jours 04 heures et 27 minutes (Banque Populaire V en 2012)

Équateur – Ouessant : 5 jours 19 heures et 21 minutes (IDEC Sport en 2017)

Records WSSRC en équipage :

Traversée de l’Atlantique nord (Ouessant – Équateur) : 4 jours 20 heures et 07 minutes (Spindrift 2 en 2019)

Traversée de l’océan Indien (Cap des Aiguilles – Sud Tasmanie) : 5 jours 21 heures 07 minutes et 45 secondes (IDEC Sport en 2017)

Traversée de l’océan Pacifique (Sud Tasmanie – cap Horn) : 7 jours 21 heures 13 minutes et 31 secondes (IDEC Sport en 2017)

Équateur – Équateur : 29 jours 09 heures 10 minutes et 55 secondes (IDEC Sport en 2017)

Tour du monde (Trophée Jules Verne) : 40 jours 23 heures 30 minutes et 30 secondes (IDEC Sport en 2017)

(Source service presse)

TROPHÉE JULES VERNE YANN GUICHARD DONA BERTARELLI SPINDRIFT RACING