Accueil Course au large  Transat Jacques Vabre

Passer d’un voilier monocoque de 10 mètres à un trimaran géant et volant de 32 mètres n’est pas donné à tout le monde. C’est pourtant celui du jeune champion Tom Laperche, 24 ans seulement. Après être monté sur les podiums de la Transat en double et de la Solitaire du Figaro, il rejoint François Gabart sur le trimaran SVR-Lazartigue pour prendre le départ de la Transat Jacques Vabre. Un changement de dimension et de responsabilité qui ne l’effraie pas…

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Tom Laperche, à peine remis de sa troisième place sur la Solitaire du Figaro, a rejoint François Gabart pour préparer avec lui la Transat Jacques Vabre à bord du trimaran Ultime SVR-Lazartigue | LOÏC MADELINE

Loïc MADELINE. Modifié le 23/09/2021 à 19h06

Voiles et Voiliers : Tom, depuis quand sais-tu que tu vas participer à la Transat Jacques Vabre avec François Gabart ?

Tom Laperche : Je l’ai appris quelques jours avant de prendre le départ de la transat en double en Figaro, au début du mois de mai.

VetV : Cela n’a pas modifié ton programme de course ?

Tom Laperche : Non, c’était assez clair, le programme en Figaro était ma priorité et la Solitaire était un objectif majeur de l’année.

Mais cela a modifié un peu la façon de gérer mon temps.

Entre juillet et août, quand je rejoignais l’équipe de Mer Concept et le bateau, c’était à chaque fois extraordinaire. C’était complémentaire du Figaro en termes d’envie, en termes de motivation.

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Tom Laperche va passer d’un monotype de 10 mètres à trois fois plus grand et trois fois plus de coques : le nouveau trimaran de François Gabart, SVR-Lazartigue | GUILLAUME GATEFAIT

VetV : As-tu une mission particulière à bord ?

Tom Laperche : Je suis co-skipper, voilà.

Jusque-là je n’étais pas énormément disponible.

Avec le peu de temps qu’il y a entre la mise à l’eau (22 juillet) et le départ de la Transat Jacques Vabre (7 novembre), mon travail consiste à naviguer et à essayer de connaître au mieux tout ce qu’il y a autour du bateau, à prendre les informations de toute une équipe, de tous les gens qui travaillent autour pour connaître le maximum de choses possible.

C’est ce qui se fait de mieux en course au large, naviguer sur ces grands trimarans où l’exigence est extrême, où il y a de l’anticipation et où les vitesses sont énormes

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Le podium de la Solitaire 2021 à l’arrivée à Saint-Nazaire. Tom Laperche a terminé troisième du classement général, derrière Pierre Quiroga (au centre) et | XAVIER MACAIRE. ALEXIS COURCOUX

VetV : Quel est ton avis sur le bateau, ce nouveau trimaran géant SVR-Lazartigue ?

Tom Laperche : Ce trimaran a un potentiel énorme, c’est sûr.

Mais ces grands bateaux ont besoin d’un peu de temps pour arriver à maturité en termes de fiabilité, de performance, et de réglage.

Il faut au moins un ou deux ans avant d’être abouti, plutôt deux et c’est génial de participer à cette mise au point au début de la vie de ce bateau-là.

Nous atteignons déjà des vitesses qui sont hypersatisfaisantes.

Le défi est d’abord technologique : il s’agit d’avoir le bateau le plus prêt possible

VetV : Avec François Gabart, pouvez-vous avoir des ambitions sportives malgré le manque de mise au point ?

Tom Laperche : Je pense que oui, nous sommes compétiteurs, maintenant le défi il est d’abord technologique : il s’agit d’avoir le bateau le plus prêt possible et de savoir le régler pour bien le faire voler.

Si le bateau arrive avec un potentiel de vitesse intact après 15 jours de course, notre place sera correcte.

Mais l’objectif numéro Un, c’est d’arriver de l’autre côté, de traverser l’Atlantique, d’apprendre un maximum et de se remettre en question pendant la course afin que l’on soit meilleur en arrivant.

J’ai une confiance énorme en François, je serais prêt à partir faire n’importe quoi avec lui

Tom Laperche dans la « bulle » du trimaran SVR Lazartigue, en grande discussion avec Antoine Gautier, chef de projet de l’Ultime de François Gabart. | LOÏC MADELINE

VetV : En tant que Figariste, tu avais l’objectif de naviguer sur un Ultime ?

Tom Laperche : Mon objectif à court terme était d’aller naviguer sur d’autres projets que le Figaro et j’avais la chance d’avoir déjà navigué en multicoque.

Mais oui, c’est un rêve de naviguer en Ultime, sur ces bateaux qui volent.

C’est ce qui se fait de mieux en course au large, naviguer sur ces grands trimarans où l’exigence est extrême, où il y a de l’anticipation et où les vitesses sont énormes

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Le baptême du trimaran, cette semaine à Concarneau, a donné une bonne image de l’échelle de ce voilier. Ultime, en effet. | GUILLAUME GATEFAIT

VetV : Quel regard portes-tu sur François Gabart ?

Tom Laperche : François, j’ai beaucoup de respect pour tout ce qu’il a fait et j’ai une confiance énorme en lui, je serais prêt à partir faire n’importe quoi avec lui.

Je pense que cela se passe bien, que l’on s’entend bien, je suis assez confiant dans l’adaptation que l’on va mettre en place.

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En temps « ordinaire », Tom Laperche navigue sur ce type de bateau (ici la semaine passée juste avant l’arrivée de la Solitaire du Figaro). Pas tout à fait la même chose ! | ALEXIS COURCOUX

C’était assez inattendu et en même temps réfléchi

V & V : Comment as-tu connu François Gabart ?

Tom Laperche : La première fois que je l’ai rencontré c’est quand il est venu naviguer avec moi en Flying Phantom, c’est un petit bateau à foil aussi (catamaran à foil de 5,52 m NDLR), plus petit mais sur lequel les sensations sont déjà fortes.

Après nous nous sommes côtoyés ces deux dernières années où j’étais au pôle Finistère course au large.

J’ai pu régulièrement discuter avec lui jusqu’à ce qu’il me propose de faire cette Transat Jacques Vabre.

C’était assez inattendu mais en même temps réfléchi.

À moi et à nous de jouer.

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