07/05/2010 | Cancérologie , Nutrition
 
Le Pr David Khayat, oncologue à la Pitié Salpêtrière, Paris, signe « le vrai régime anti-cancer » qui parait cette semaine aux éditions Odile Jacob. Il le présente comme le premier ouvrage objectif basé exclusivement sur des preuves scientifiques dans le domaine de la nutrition et de la prévention des cancers.
 
Quels sont vos messages clé ?
Dans une société où les messages abondent en se contredisant parfois, j’ai voulu donner au lecteur les armes pour s’en sortir en décryptant ce qui se dit. Par exemple, j’explique qu’il ne faut pas tomber dans le piège des régimes qui font soi-disant chuter de 50% les facteurs de risques d’avoir un cancer. En aucun cas l’alimentation, de l’adulte en particulier, ne peut modifier le destin de celui-ci vu le temps que prend un cancer pour s’installer. En moyenne, au moment du diagnostic, la maladie est déjà là depuis 15 ans. J’essaie de ramener le grand public à son bon sens et au terroir, aux aliments issus de culture et d’élevage raisonnés, car je ne peux pas croire que des peuples qui se sont développés grâce notamment à une alimentation et à des recettes transmises de génération en génération, puisse avoir sélectionné des aliments cancérigènes. En résumé, mon message est celui-ci : ne vous laissez pas influencer par la « western food » de l’industrie agro-alimentaire, faites confiance à votre biotope et votre histoire. Le risque de cancer sera moyen, mais de toute façon il n’existe pas de formules magiques pour se prémunir totalement de cette maladie. Pour autant, je n’ai pas peur de l’avenir et je crois au progrès.
 
Qu’est-ce qui différencie votre livre des ouvrages déjà parus sur le sujet ?
Loin de tout charlatanisme et des idées reçues, j’ai rassemblé des études scientifiques pour expliquer au grand public qu’il ne doit pas tout croire et qu’il lui faut apprendre à prendre du recul et critiquer. Y compris ce que moi j’ai écrit. C’est le premier livre sérieux du genre.
 
Comment est-il structuré ?
Je passe en revue tous les aliments de leur production à leur consommation : fruits, légumes, produits laitiers, poissons, viandes… Car pour chacun, les effets ne sont pas les mêmes selon leur origine mais aussi selon leur mode de cuisson. Par exemple, un poisson placé en haut de la chaîne alimentaire comme le thon, le flétan ou le saumon et pêché dans certaines zones, contient beaucoup de métaux lourds dont il faut tenir compte. Idem pour les fruits et légumes avec les pesticides, la viande et sa cuisson (grillée, à point, saignante…). Je démontre que le vin, contrairement à ce qu’a annoncé l’Institut national contre le cancer, est protecteur à raison de deux verres par jour pour les femmes et trois pour les hommes et que le soi-disant pouvoir protecteur des fruits et légumes dépend finalement des produits et quantités consommés. Au final, j’ai sélectionné les 10 meilleurs produits et les 10 à éviter en termes de prévention du cancer et je conclus avec des règles d’or et messages clés.
 
Delphine BARRAIS