du 12/07/2010  N° 8804
 
Une équipe internationale a identifié un locus génétique associé au risque de développer une fibrillation ventriculaire (FV) potentiellement fatale durant un infarctus du myocarde (IM). Ce locus est situé sur le chromosome 21, près du gène CXADR qui encode un récepteur viral (Coxsackie et adénovirus) impliqué dans la myocardite virale, et qui constitue un bon gène candidat pour l’association étudiée.

LES CHERCHEURS ont étudié 972 individus ayant un premier IM, parmi lesquels 515 avaient une FV (cas) et 457 n’avaient pas de FV (témoins), de la série cas-témoins AGNES (Arrhythmia Genetics in The Netherlands).

En comparant plus de 500 000 marqueurs SNP, l’association la plus forte avec la FV a été trouvée avec un marqueur SNP sur le chromosome 21q21 (rs282492 ; OR = 1,78). Cette association a ensuite été confirmée dans une autre série cas-témoins, comprenant 146 individus en arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital avec IM compliqué de FV (cas) et 391 survivants d’un IM (témoins) (OR = 1,49).

Dans ce locus, le gène le plus près du SNP est le gène CXADR, qui encode le récepteur pour les virus Coxsackie et les adénovirus (CAR).
Ce gène est un bon candidat pour l’association étudiée, pour plusieurs raisons. Ce récepteur viral CAR est connu pour être impliqué dans la pathogenèse des myocardites virale. Une infection active par le virus Coxsackie B a été trouvée avec une grande fréquence dans un groupe d’individus ayant un IM et mourant subitement. Récemment, le récepteur CAR, une protéine transmembranaire de la jonction étroite, a été identifié comme un modulateur de la conduction cardiaque.
 « L’association de ce locus avec la susceptibilité à l’arythmie était inconnue jusqu’ici, explique au “Quotidien” le Dr Bezzina. Le fait que ce locus réside très près du récepteur Coxsackie et adénovirus soulève la possibilité fascinante que l’infection pourrait, d’une manière ou d’une autre, jouer un rôle dans l’arythmie observée. Cette nouvelle hypothèse devra être étudiée dans les futures études », confie-t-elle.
 « Les futures recherches sur le mécanisme par lequel ce locus génétique majore le risque d’arythmie pourraient dévoiler de nouvelles cibles thérapeutiques afin de prévenir l’arythmie chez les patients à haut risque, tels les patients atteints de maladie coronarienne avancée. »

Dr VÉRONIQUE NGUYEN

« Nature Genetics » 11 juillet 2010, Bezzina et coll. (dont le Français Xavier Jouven, HEGP), DOI: 10.1038/ng.623.

Quotimed.com, le 12/07/2010