Revue de presse Mediscoop du 14-12-2021

Date de publication : 14 décembre 2021

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Description générée automatiquementLe Parisien

Elsa Mari note en effet dans Le Parisien que « déjà à flux tendu à l’hôpital, les médecins voient de plus en plus de patients qui jurent avoir reçu leurs injections.

Mais quand leur état de santé se dégrade, ils finissent souvent par admettre avoir menti.

Une attitude qui met leur santé en danger, ainsi que celle des autres ».

Le Pr Jean-Christophe Richard, chef du service de réanimation à l’hôpital de la Croix-Rousse (Lyon), déclare ainsi : « Je suis atterré. Nous qui baignons dans le Covid depuis 2 ans, on connaît la gravité de cette maladie. D’en arriver à mentir, à mettre en danger sa santé et celle des autres, c’est vraiment inacceptable ».

La journaliste s’interroge : « Combien sont-ils à frauder, à obtenir le fameux sésame sans être piqués ?

Depuis la mise en place du passe sanitaire, en juin dernier, la police judiciaire a adressé 585 réquisitions, des demandes de vérifications auprès de l’Assurance maladie, portant sur 41.000 assurés, 339 professionnels de santé et 20 centres de vaccination.

Combien finissent à l’hôpital ? Difficile de le savoir, mais la plupart des médecins interrogés ont déjà été confrontés à plusieurs cas ». 

Le Pr Richard précise : « Des patients faussement vaccinés, j’en ai déjà vu 5 ou 6 ».
Elsa Mari constate en outre qu’à Nice, « c’est même devenu un fléau, selon Carole Ichai, chef de la réanimation du CHU qui pousse un coup de gueule ». 

La praticienne indique :

« Ils représentent 30% des patients en soins critiques. On en voit dans tous les hôpitaux du département.

Je suis en colère ! Encore ce week-end, une femme de 60 ans était dans un état très grave et son fils m’a avoué qu’elle avait un faux certificat ».

 Elsa Mari note qu’« à chaque fois, la médecin signale ces cas à l’agence régionale de santé (ARS) ».

La journaliste poursuit : « Dans le Sud, le Nord, à chaque fois, les histoires se répètent. Elles débutent souvent par un doute : un jeune, en bonne santé, double dosé ».

Alexandre Demoule, chef du service de médecine intensive et de réanimation de la Pitié-Salpêtrière (Paris), note ainsi : « À un moment, on leur dit : C’est étrange, on n’a jamais eu de cas comme vous. C’est là qu’ils reconnaissent, gênés, que leur passe n’est pas un vrai. Ils me disent qu’ils regrettent et qu’ils ont peur de mourir ».

Elsa Mari explique que « les malades racontent avoir payé ces attestations entre «200 et 500 euros », auprès d’intermédiaires, de mèche avec des médecins complices qu’ils n’ont souvent jamais rencontrés. Utiliser ou produire un faux est passible de 3 ou 5 ans de prison et de 45.000 ou 150.000 d’amende ».

Jean-Luc Diehl (hôpital Pompidou, Paris), rappelle de son côté qu’« on peut aussi faire des sérologies en cas de doute. Si le patient n’est pas immunodéprimé et que le dépistage est négatif, alors on peut dire qu’il n’est pas vacciné ».

La journaliste observe : « Par leur mensonge, les malades se mettent-ils en danger ? ». 

Benjamin Davido, infectiologue, répond : « Malheureusement, oui. Le choix des traitements, l’approche, la surveillance n’est pas la même quand on est vacciné.

Si ce n’est pas le cas, on administre précocement des anticorps monoclonaux pour freiner le risque de développer une forme grave et d’être admis en réanimation ».

Elsa Mari constate en outre qu’« à l’hôpital, le problème ne se réduit pas au cercle des malades alités.

Leurs visiteurs, le cercle proche, ont parfois aussi des attestations de complaisance ». 

Nicolas Bruder, réanimateur à Marseille, remarque que « ce type de situation, chaque service de réanimation l’a déjà vécu au moins trois fois ».