CARDIO-VASCULAIRE HTA  –  Par Marielle Ammouche le 12-11-2018

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Le Pr Thierry  Denolle a présenté les 60 propositions formulées par  la Société française d’HTA (Sfhta) qu’il préside, pour tenter d’améliorer la situation “alarmante” dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, à l’occasion d’une séance dédiée à l’HTA en France de l’Académie de médecine.

A la suite des recommandations américaines élaborées en 2017, et du texte commun de la Société européenne d’hypertension artérielle (ESH), et de la Société européenne de cardiologie (ESC), présenté à Barcelone en juin dernier, la Société française d’hypertension artérielle (Sfhta) a mis en place plusieurs groupes de travail qui ont effectué un état des lieux de la situation en France et réfléchi aux différentes actions à mettre en place pour améliorer la prise en charge de l’hypertension en France. Le Pr Thierry Denolle, président de la Sfhta, a ainsi rappelé, le 30 octobre dernier, à l’Académie nationale de médecine, à l’occasion d’une séance dédiée à cette pathologie, que “toutes les études épidémiologiques réalisées en France depuis 2007 montrent une stabilité ou même une diminution du nombre de patients hypertendus traités et contrôlés”. En effet, si le contrôle tensionnel a progressé dans les douze dernières années de 38 % en 2004 à 55 % en 2015, il stagne aux alentours de 50 % depuis 2009. Nous trouvons aujourd’hui dans “une situation alarmante”, considère le Pr Denolle.

C’est pourquoi, trente-sept médecins, chercheurs, pharmaciens, infirmiers et patients ont rédigé un document comportant 60 propositions réparties en 10 chapitres. Ce texte de recommandations, dont la précédente version datait de 2013, est actuellement présenté aux autorités de santé. L’objectif affiché par la Sfhta est de “rattraper le retard de la France face à l’HTA banalisée excessivement comme simple facteur de risque et non comme une réelle maladie à visages différents depuis la femme enceinte jusqu’au sujet âgé”.

Pour cela, le texte met l’accent sur plusieurs points, et en particulier la prévention hygiéno-diététique qui doit commencer dès l’école. Elle s’intégre à des actions générales de santé publique portant sur la prévention des facteurs de risque comme la lutte contre la sédentarité et l’obésité, la pratique d’une activité physique… Elle doit être favorisée en particulier dans les DOM-TOM, avec la mise en place d’un plan spécifique de lutte contre l’obésité.

Remboursement des appareils d’automesure pour tous

Concernant le diagnostic de l’HTA, les experts de la Sfhta recommandent de…

favoriser “l’utilisation de l’auto mesure chez tous les hypertendus et en particulier chez les plus de 65 ans et chez les femmes enceintes hypertendues pour le diagnostic et le suivi de leur maladie hypertensive”. Cela passe aussi par le remboursement de la mesure ambulatoire de la pression artérielle, et des appareils d’auto-mesure sur prescription médicale “tous les cinq ans à tous patient hypertendu qui le souhaite”.

Les objectifs tensionnels ne sont pas développés dans les propositions. Les auteurs considèrent qu’ “il est important d’atteindre d’abord chez tous et partout les objectifs tensionnels même anciens (< 140/ 90 mmHg) qui ne sont atteints en France que chez la moitié des personnes concernées”. Ils proposent, pour faciliter le traitement, de prescrire impérativement en DCI, et d’harmoniser le contenu des boites de médicaments en boite de 30 comprimés. Ils souhaitent favoriser les associations fixes à faibles doses en première intention, ainsi que le remboursement  des associations triples chez les patients à haut risque cardio-vasculaire. Ils veulent aussi “promouvoir un plus grand nombre d’associations fixes aux doses appropriées”.

Renforcer la formation des professionnels de santé

Une meilleure prise en charge de l’HTA passe aussi par une plus grande transparence des réseaux de soins locaux du médecin généraliste au centre spécialisé associant plus infirmiers et pharmaciens, souligne Thierry Denolle dans sa présentation. Les innovations technologiques, la e-santé et en particulier la télémédecine doivent être développés, et validées avant leur diffusion.

Le texte insiste par ailleurs sur la nécessité de renforcer la formation des professionnels de santé, entre autres à la médecine de précision (marqueurs de la génomique, pharmacogénétique, protéomique… ), et à la reconnaissance des HTA familiales.

Le texte de la SFHTA détaille par ailleurs trois situations  particulières de la maladie : les HTA secondaires à des maladies ou à des thérapeutiques, les HTA chez les personnes âgées (recherche systématique d’hypotensions orthostatiques, évaluation d’un état de fragilité et de l’autonomie, …), et enfin les HTA de la grossesse (consultations spécifiques en vue d’optimiser la prise en charge et la coordination des soins).

Enfin, la recherche fondamentale, clinique et en organisation de santé doit être renforcée. Il s’agira aussi de se donner les moyens de mieux évaluer l’HTA et sa prise en charge en France, par le biais d’évaluation nationale régulière, et l’ouverture de l’accès aux grandes bases de données médicales.

Sources :   Académie nationale de médecine

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/cardio_8.jpg?itok=yxGYCjeAHTA : les nouvelles recommandations prônent un traitement plus précoce et plus agressif

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/poucebas_6.png?itok=rV26k_WCCongrès de la société européenne d’HTA – Aucune amélioration notable de la prévalence en France en 10 ans

https://www.egora.fr/sites/egora.fr/files/styles/90x66/public/visuels_actus/cardio_9.jpg?itok=BBYUMR2h Congrès de la société européenne d’HTA – La dénervation rénale, utile même dans l’HTA légère à modérée