MEP (HOMÉOPATHIE, ANGIOLOGIE, ACUPUNCTURE…)  –  Par Marielle Ammouche le 18-03-2022

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L’efficacité des traitements homéopathiques – qui ne sont plus pris en charge par la Sécurité Social depuis janvier 2021 -, continuent à faire l’objet de controverses.

Une étude, qui vient d’être publiée dans The British Medical Journal Evidence Based Medicine, apporte un nouveau regard dans ce domaine.

Les chercheurs de l’Université de Krems, en Autriche, se sont en effet intéressés à la méthodologie et au devenir des études réalisées sur le sujet.

Plus précisément, ils ont cherché à évaluer l’existence de potentiels biais de publication, qui correspondent au fait que les chercheurs et les revues scientifiques ont tendance à publier principalement les études montrant des résultats positifs (statistiquement significatif).

En outre, les règles internationales d’éthique exigent un enregistrement prospectif des essais (dans lequel les objectifs, les méthodes, les critères des essais etc., sont consignés) ainsi que la diffusion des résultats, pour éviter de fausses interprétations.

Ce vaste travail a permis de mettre en évidence l’existence de 3 éléments susceptibles de jouer sur les preuves d’efficacité des traitements homéopathiques : le fait que la majorité des études publiées ne sont pas enregistrées ; le fait que nombreuses études enregistrées ne sont pas publiées au final ; et le fait que les critères d’évaluation sont souvent modifiés par rapport aux critères de l’enregistrement.

Ce qui « affecte probablement la validité de l’ensemble des preuves de la littérature homéopathique et peut surestimer considérablement le véritable effet thérapeutique des médicaments homéopathiques », jugent les auteurs.

Pour mener leurs travaux, les auteurs ont réalisé à la fois une étude transversale et une méta-analyse pour pouvoir identifier parmi l’ensemble des études menées sur l’homéopathie, celles qui étaient enregistrées dans les registres d’essais cliniques jusqu’en avril 2019.

Les auteurs ont ensuite suivi les bases de publications (jusqu’en avril 2021) pour rechercher la proportion d’études enregistrées mais non publiées, ainsi que celle des études publiées mais non enregistrées.

Les résultats ont mis en évidence que l’enregistrement des essais publiés était peu fréquent, et que de nombreux essais enregistrés n’étaient pas publiés. Ainsi, depuis 2002, près de 38% des essais enregistrés n’étaient pas publiés, et 53% des études randomisées contrôlées publiées n’étaient pas enregistrées.

En outre, les études sur l’homéopathie faisaient plus fréquemment l’objet d’un enregistrement rétrospectif, que d’un enregistrement prospectif.

Les auteurs notent cependant une tendance statistiquement significative vers une augmentation des enregistrements d’essais en homéopathie (p=0,001), même si près de 30% de ceux qui ont été publiés au cours des cinq dernières années n’avaient pas été enregistrés.

Ils se sont enfin intéressés aux critères primaires d’évaluation, et ils ont alors constaté que dans 25% des cas celui-ci était « altéré ou modifié » par rapport à celui de l’enregistrement.

Pour les auteurs de ce travail, « les cliniciens doivent être conscients que les essais publiés sur l’homéopathie ne représentent qu’une proportion choisie de la recherche avec pour la plupart des résultats positifs ».

Sources: Gartlehner G,et al. BMJ Evidence-Based Medicine Epub ahead of print: [please include Day Month Year]. doi:10.1136/ bmjebm-2021-111846. Avec Slate.fr 

http://press.psprings.co.uk/ebm/march/ebm111846.pdf  

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