Source : Cyberpresse

Publié le 24 janvier 2012 à 12h23 |Mis à jour le 24 janvier 2012 à 22h52

Les eaux vitaminées comme  VitaminWater, offertes en... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Les eaux vitaminées comme  VitaminWater, offertes en de nombreuses  versions colorées, sont vendues comme des  produits de santé naturels et  à ce titre, leurs fabricants ne sont  pas tenus d’en indiquer la valeur  nutritionnelle. Or, elles sont très  sucrées.

Le Soleil, Patrice Laroche

Claudette Samson Le Soleil

(Québec) Sous des apparences «santé», certaines eaux vitaminées sont en fait des boissons très sucrées. En l’absence d’un tableau d’affichage nutritionnel, les consommateurs n’ont aucun moyen d’en être avisés.

La Coalition Poids a dévoilé mardi à Montréal le contenu du premier tome du rapport Les dessous du marketing des boissons sucrées. Il en ressort que l’industrie a développé des stratégies lui permettant d’atteindre particulièrement les jeunes. L’une d’elles est d’offrir des produits très ciblés selon les différents groupes : les filles, les sportifs, ceux qui font attention à leur santé… La boisson énergisante Rockstar se décline par exemple en neuf versions aux couleurs vives et attirantes.

«L’industrie nous fait croire qu’elle répond à nos besoins alors qu’en fait, elle crée des besoins», souligne Marion Saucet, analyste-recherchiste au sein du groupe.

Dans le créneau des boissons sucrées, les eaux vitaminées comme VitaminWater, offertes elles aussi en de nombreuses versions colorées, occupent une place à part. C’est que ces boissons sont vendues comme des produits de santé naturels et qu’à ce titre, leurs fabricants ne sont pas tenus d’en indiquer la valeur nutritionnelle. Or, elles sont très sucrées, indique Véronique Provencher, nutritionniste et professeure au département des sciences des aliments et de nutrition à l’Université Laval. 

Six cuillerées de sucre

On compte ainsi 14 g de sucre par portion de 250 ml. Une bouteille de 500 ml en contient donc l’équivalent de six cuillerées à thé.

Selon Mme Provencher, les vitamines procurées par ces eaux ne sont même pas utiles à la santé, puisqu’on les retrouve normalement dans l’alimentation et qu’il n’y a aucun avantage à en consommer davantage. De plus, elles peuvent avoir pour effet de réduire la consommation d’autres liquides importants pour la santé, à savoir l’eau et le lait.

Parallèlement au dépôt de ce rapport, le Réseau du sport étudiant du Québec publiait les résultats d’une enquête sur la malbouffe réalisée auprès de 10 000 jeunes Québécois. Elle démontre qu’un nombre important de ceux-ci en consomment sur une base quasi quotidienne, et qu’à peine la moitié mangent des fruits et légumes chaque jour. Quelque 61 % des adolescents consomment régulièrement des boissons à saveur de fruits, 44 % des boissons gazeuses, 28 % des boissons pour sportifs et 35 % des boissons énergisantes.

Il ressort également que les jeunes ont de la difficulté à être conscients des stratégies de marketing de l’industrie. Une seule des cinq méthodes utilisées est reconnue comme telle par une majorité, soit l’ajout de sucre pour donner du goût. Le bas prix, les fausses allégations, l’ajout de caféine et les gros formats sont nettement moins décelés.

Au Canada, les boissons sucrées constituent 20 % de l’apport calorique chez les 9-18 ans, mais la situation est particulièrement aiguë chez les 14-18 ans.

Tableau d’information

La Coalition Poids fait plusieurs recommandations, dont celle de soumettre les eaux vitaminées au Règlement sur les aliments et les drogues, ce qui obligerait les fabricants à fournir un tableau d’information. Elle estime également qu’il faudrait indiquer clairement sur le devant des canettes que les boissons énergisantes sont déconseillées aux moins de 18 ans.

Les détails du rapport et de l’enquête peuvent être consultés à l’adresse www.cqpp.qc.ca.