Actualités  –   publiée le 23/03/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Journal of Hepatology

Cette accélération de la production de graisse déclenchée par le fructose ou le saccharose se poursuit pendant plus de 12 heures après la fin de la consommation de sucre  (Visuel Adobe Stock 87387765)

Le sucre est ajouté à de nombreuses denrées alimentaires courantes et nous en consommons plus de 100 grammes par jour.

La teneur élevée en calories du sucre entraîne une prise poids puis une obésité et des comorbidités.

Mais quel est le processus déclenché par une consommation régulière et excessive de sucres ?

Et avec quel type de sucre ?

Cette équipe de nutritionnistes et endocrinologues de l’Université de Zurich montre ici, dans le Journal of Hepatology comment même des quantités modérées de sucre, précisément de fructose ou de saccharose peuvent considérablement accélérer la synthèse des graisses.

Avec leurs collègues de l’hôpital universitaire, les chercheurs ont regardé les conséquences de la consommation régulière de quantités très modérées de sucres ajoutés.

Au contraire de la plupart des études menées sur le sujet, qui examinent principalement la consommation de très grandes quantités de sucre.

L’analyse montre que la consommation régulière de même une toute petite quantité de sucre peut entraîner des modifications dramatiques du métabolisme.

80 g de sucre par jour suffisent à produire “beaucoup” de graisse

80 g de sucre par jour, ce qui équivaut à environ 0,8 litre d’une boisson gazeuse, suffisent à stimuler la production de graisse dans le foie.

“Cette production hyperactive de graisse se poursuit pendant une période plus longue, même si aucun sucre n’est plus consommé », précise l’auteur principal, le Dr Philipp Gerber, du Département d’endocrinologie, de diabète et de nutrition clinique de l’Hôpital de Zurich.

L’étude est menée auprès de 94 jeunes hommes en bonne santé qui chaque jour, pendant 7 semaines, ont consommé une boisson comportant différents types de sucre (fructose, glucose ou saccharose) vs groupe témoin.

Les chercheurs ont utilisé des substances traçables dans le corps pour analyser l’effet des boissons sucrées sur le métabolisme des lipides.

Ils constatent que :

  • le fructose et le saccharose (sucre de table) augmentent la production de matières grasses :
  • « la production de graisse dans le foie est 2 fois plus élevée dans le groupe fructose que dans le groupe glucose ou le groupe témoin, et cette accélération de la production de graisse se poursuit pendant plus de 12 heures après la fin de la consommation de sucre ;
  • le saccharose augmente encore plus que le fructose (à quantités égales) la synthèse des graisses ;
  • la consommation régulière de ces sucres pourrait favoriser développement d’une stéatose hépatique ou d’un diabète ; l’augmentation de la production de graisse dans le foie est en effet une première étape importante dans le développement de maladies chroniques telles que la stéatose hépatique et le diabète de type 2.

Les chercheurs rappellent la recommandation de l’OMS en la matière, soit limiter sa consommation quotidienne de sucre à environ 50 grammes ou, mieux encore, à 25 grammes, sous peine d’une accélération chronique de la production de graisse dans le foie.

Source: Journal of Hepatology March 05, 2021 DOI: 10.1016/j.jhep.2021.02.027 Fructose- and sucrose- but not glucose-sweetened beverages promote hepatic de novo lipogenesis: A randomized controlled trial

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