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Voiles et Voiliers a pris des nouvelles de François Gabart. Un mois après la décision de Macif, son sponsor historique, d’arrêter les trimarans Ultim, le skipper et constructeur patron du chantier MerConcept livre son regard sur les Ultim et sur les bateaux du Vendée Globe. Il annonce aussi être en train de créer une Fondation en faveur des océans et d’un usage plus « sage » de la mer.

10 juin 2020 : François Gabart sur le pont du futur Ultim en construction dans son chantier MerConcept de Concarneau. | D.R.

Nicolas FICHOT. Modifié le 17/07/2020

Pour François Gabart, « ça repart de là », comme on dit en régate quand on a loupé une option ou pas eu de chance et qu’il faut se remotiver. Ses pires heures du mois dernier, quand Macif son sponsor historique l’appela pour lui annoncer la fin de leur longue histoire sur l’eau, sont derrière lui et il veut rebondir. Sa société continue de construire le futur trimaran géant (qui devait s’appeler Macif mais qui est en vente) mais lui ne sait pas s’il aura un jour le loisir d’en prendre la barre.

Si cela devait arriver un jour, ce ne serait pas sous les couleurs de Macif qui s’est donc retiré de la classe Ultim. Pour Voiles et Voiliers, François Gabart a accepté de discuter un peu, et voici ce qu’il dit : « Je ne sais pas si je serai à la barre du prochain Macif qui est entré dans notre chantier au moment même ou notre partenaire annonçait sa décision de quitter cette classe et ce projet, mais toute l’équipe est dessus. Il sera prêt dans le timing prévu »

Voler sur l’eau à bord de tels engins, c’est plus que génial. Je ne trouve pas les bons mots. C’est mon truc, quoi !

Dans ces conditions reverra-t-on un jour l’artiste sur un trimaran géant ? François Gabart n’est pas homme à tirer des plans sur la comète. « Ce que je sais, en revanche, c’est que l’Ultim reste mon grand plaisir en mer. Voler sur l’eau à bord de tels engins, c’est plus que génial. Je ne trouve pas les bons mots. C’est mon truc, quoi ! ».

En Imoca, c’est fabuleux ce qui se passe. 25-30 nœuds au reaching au-dessus de l’eau, qui aurait misé là-dessus ?

C’est pour ce « plaisir génial » que François Gabart s’en va désormais dès qu’il le peut enfourcher le moindre petit engin volant. « Avec des petites planches, des petits engins à foils. C’est un grand plaisir et on fait abstraction de mille contraintes. On vole sur l’eau, tout simplement. C’est du plaisir pur ».

Mais le héros du Vendée Globe et du record du tour du monde en solitaire en multicoque n’est pas du genre, quand même, à s’équiper d’œillères : « Bien sûr que je suis de près ce que font les copains dans les autres classes. En Imoca par exemple c’est fabuleux ce qui se passe en ce moment. 25-30 nœuds au reaching au-dessus de l’eau, qui aurait misé là-dessus il n’y a pas si longtemps ? Les progrès sont considérables, les résultats sont impressionnants. C’est vraiment chouette ».

« J’ai la chance, avec Mer Concept, de travailler sur l’Apivia de Charlie Dalin, ajoute François Gabart. « Un super projet et ce qui m’épate le plus dans ces évolutions de la classe, c’est que plus on progresse plus on conserve des diversités de formes et de concepts. Comme il n’y a pas de convergences techniques, on peut dire que cela va donc encore progresser. C’est fabuleux ».

Le Macif de François Gabart durant la Brest Atlantiques : « Voler sur l’eau à bord de tels engins, c’est plus que génial ». | ALEXIS COURCOUX

Quand on demande au skipper d’Ultim sur quel Imoca, il choisirait de participer au prochain Vendée Globe, il vous répond aussitôt que c’est « hors projet »… avant de reprendre la question idiote : « Si je partais ? Ce serait sur Apivia, bien sûr, puisque nous travaillons avec eux. Difficile d’être objectif, du coup. Mais très sincèrement, Apivia est super ! Ce n’est forcément le plus rapide de tous mais il est très complet, il n’a pas de trous. Donc sur du long cours c’est le bon choix je crois »

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L’autre grand projet de François Gabart : une fondation en faveur des océans

« C’est vrai aussi qu’en face, il y a des bateaux extraordinaires. En citer quelques-uns seulement, ce serait faire des jaloux mais c’est vrai quand même que le Charal et le Corum sont impressionnants. Sans oublier l’Hugo Boss. Mais celui-là, il a décidé d’essayer de se faire oublier en ce moment. C’est signé Alex Thomson, ça. ».

On verra ça sur le Vendée Globe. D’ici là, le nouvel Ultim aura pris tournure dans le chantier de Concarneau et d’ici là aussi l’autre grand projet de l’ex skipper Macif aura bien avancé : il va créer une fondation en faveur des océans.

« Elle n’a pas encore de nom de baptême, dit-il. « Donc pour le moment vous vous pouvez l’appeler ‘ Fondation Gabart ‘ si vous voulez. Et nous ne sommes pas tout à fait prêts . On y travaille et elle verra sans doute le jour d’ici la fin de l’année. 2020, bien sûr ».

« Cette fondation est complémentaire à 100 % avec notre objectif de rebondir au sein de MerConcept, précise François Gabart. C’est encore difficile d’en dessiner les contours exacts, mais il va falloir repenser les océans et l’usage qu’on en fait. Dans le domaine des partenariats avec des coureurs, il va falloir repenser les notions d’entreprise et de mission. Je sens, je le pense fort depuis un moment, que je pourrais avoir un impact positif dans cette évolution. Ce que l’on ressent, il faut le faire. Donc je le ferai. Cette fondation, nous la ferons ».