Revue de presse Mediscoop du 06-09-2021

Forme grave du Covid-19 : la piste génétique Une image contenant texte

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Par le Dr Sophie Florence (Paris) [Déclaration de liens d’intérêts] – Date de publication : 6 septembre 2021

Des anomalies génétiques et immunologiques entravant l’immunité contrôlée par l’interféron de type 1, première barrière immunologique contre les infections virales, expliqueraient globalement près de 25% des formes sévères de Covid-19.

Des équipes internationales de chercheurs ont collaboré sous l’égide de l’Inserm, d’Université de Paris et de l’AP-HP. Ils viennent de publier leurs résultats dans la revue Science Immunology.

Les conséquences d’une infection au SARS-CoV-2 diffèrent considérablement d’une personne à l’autre.

Si la plupart des individus infectés sont peu symptomatiques ou asymptomatiques, certains développent des formes sévères voire critiques, avec des pneumopathies nécessitant un séjour en réanimation.

Les auteurs ont voulu examiner l’hypothèse d’une prédisposition génétique et immunologique.

En 2020, les chercheurs avaient pu expliquer 10 à 11% des formes sévères car ils s’étaient intéressés en priorité aux patients avec un taux très élevé d’auto-anticorps dans le sang.

Dans cette nouvelle étude, ils ont abaissé ce seuil et ont inclus des patients avec des taux neutralisant des concentrations d’interféron jusqu’à 100 fois inférieures.

Les auteurs ont retrouvé que 15 à 20% des formes sévères seraient causées par la présence – dans le sang des patients – d’auto-anticorps qui visent spécifiquement les interférons de type 1
Ces anticorps bloquent l’effet protecteur de l’IFN1 sur la réplication virale. Le virus SARS-CoV-2 pénètre ainsi dans les cellules sans rencontrer de résistance et se réplique de façon incontrôlée.

Dans une cohorte de population saine, ils ont retrouvé que ces auto-anticorps dirigés contre les IFN 1 sont très rares avant 65 ans (0,2 à 0,5%) et augmentent ensuite exponentiellement en vieillissant. Ils atteignent 4% entre 70 et 79 ans, et 7% entre 80 et 85 ans.

Les auteurs concluent que les résultats expliquent en partie pourquoi l’âge est un facteur de risque majeur dans le développement de formes graves de Covid-19.

Référence : Bastard P, Gervais A, Le Voyer T et al.- Autoantibodies neutralizing type I IFNs are present in ~4% of uninfected individuals over 70 years old and account for ~20% of COVID-19 deaths.
Sci Immunol. 2021 Aug 19;6(62)

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