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Le IFly 15 est un catamaran volant équipé de deux foils horizontaux à la base des dérives.

Avec un volet à l’arrière des foils (flap) commandé par un palpeur situé à l’avant de chaque coque.

Ça marche, on l’a essayé. Aujourd’hui une nouvelle version promet des performances revues à la hausse avec un système MDT qui augmente la puissance et la stabilité du bateau.

Explications avec Ernst-Michael Miller, le concepteur du IFly Razor.

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Le IFly Razor, un cata à foil développé à partir du IFly 15 mais qui promet des performances revues à la hausse grâce à un système permettant d’inverser la portance du foil au vent. | JULIUS OSNER WWW.PHOTO-OSNER.COM

Loïc MADELINE. Publié le 22/01/2022 à 08h02

Voiles et Voiliers : C’est quoi le MDT ?

Ernst-Michael Miller : C’est le « main foil differential technology », ce qui veut dire l’on navigue avec nos deux foils en « T » immergés, mais que l’on peut inverser la portance du foil au vent pour gagner de la puissance.

Les flaps sont toujours réglés automatiquement par les palpeurs à l’avant des coques

Voiles et Voiliers : Comment cela fonctionne-t-il ?

E.-M. Miller : Le barreur modifie le rake du foil au vent grâce à un bout, depuis son trapèze. Les flaps sont toujours réglés automatiquement par les palpeurs à l’avant des coques.

La plupart des catas dits volants ne volent pas au près, celui-ci en est capable

Voiles et Voiliers : Quel gain peut-on en attendre ?

E.-M. Miller : Dans la brise, cela va jusqu’à 4 ou 5 nœuds au près. Parce qu’on vole au près et que grâce au MDT, on n’a pas besoin de choquer l’écoute dans les surventes, on reste bordé. La plupart des catas « volants » ne volent pas vraiment au près

Voiles et Voiliers : Et le vol est plus stable ?

E.-M. Miller : Je dirais oui surtout dans les conditions fortes que nous avons expérimentées sur la Duc d’Albe, par 6 Beaufort.

Avec le différentiel, on était vraiment plus rapide. Et cela avec notre mât de 7,50 m, inutile d’augmenter la surface de voile, puisque dès que tu décolles tu as tout de suite trop de puissance avec le vent apparent qui augmente en même temps que la vitesse.

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Le IFly peut aussi être mené en double. Remarquez ici l’utilisation d’un gennaker dont l’amure bascule sous le vent lors des virements. Une « arme fatale » dans les petits airs. | JULIUS OSNER WWW.FOTO-OSNER.COM

Voiles et Voiliers : Tu veux dire que plusieurs gréements sont possibles ?

E.-M. Miller : Oui, avec le Razor, nous proposons un mât de 9 m de haut (au lieu de 7,50 m), cela nous permet de décoller plus tôt dans le petit temps.

Jusqu’à force 3, cela nous permet de meilleures performances que les Class A.

Mais le mât standard, celui qui équipe le IFly 15, fait 7,50 m pour une surface de voile de 12,50 m2.

Voiles et Voiliers : Avec le Razor, tu tournes le dos à la monotypie !

E.-M. Miller : On n’a pas vraiment changé le concept du IFly 15 de faire un monotype accessible et performant.

Mais il y a des navigateurs qui veulent un bateau plus performant, et c’est pour eux que nous proposons le IFly Razor. Mais il s’agit d’une même base et si on peut upgrapder un IFly 15 en le transformant en IFly Razor, cela est vrai aussi dans l’autre sens. Si tu achètes un Razor tu peux faire du IFly 15 One design.

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Ernst-Michael Miller est ingénieur en aéronautique, et cela se voit sur ses bateaux toujours très soignés au niveau aérodynamique. | DR

Voiles et Voiliers : Qu’est-ce qui différencie les deux bateaux aujourd’hui ?

E.-M. Miller : Aujourd’hui tous les IFly ont les mêmes foils, les mêmes appendices, mais le Razor n’est pas figé, nous allons proposer des foils extrêmes pour les vents forts et des foils plus grands pour le petit temps.

Le Razor doit toujours être capable d’évoluer vers davantage de performance, cela m’excite de faire quelque chose de très pointu d’un point de vue technologique mais la base de ma clientèle est composée de navigateurs « normaux », et aujourd’hui nous avons vendu 120 bateaux et organisé deux championnats d’Europe.

Mais à côté, je veux un produit plus performant et c’est le Razor un « bad boat » pour « bad boy ».

Ce sont deux segments différents du marché mais ils reposent sur la même plateforme.

Il ne faut pas que le vol soit réservé à des marins professionnels

Voiles et Voiliers : À quoi les reconnait-on ?

E.-M. Miller : La déco n’est pas la même, tu n’as pas une coque tigrée sur le One design.

Mais surtout tu n’as pas le réglage du rake du foil au vent accessible, même quand tu es au trapèze.

Le grand défi c’est de réaliser une solution fiable et pas trop coûteuse et capable de fonctionner dans des conditions extrêmes.

À haute vitesse, quand on gère la barre et l’écoute on ne peut pas faire grand-chose.

Nous sommes convaincus que la stabilité de l’assiette est essentielle.

Cela ne sert à rien d’atteindre 30 nœuds si on ne contrôle plus rien.

Il ne faut pas que le vol soit réservé à des marins professionnels.

Nous voulons qu’un navigateur moyen puisse en profiter. L’accessibilité ne doit pas être un slogan mais une réalité.

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Le IFly 15 pèse 90 kg pour 12,50 m2 de voile et vaut un peu plus de 32 000 €.

En version Razor, son prix grimpe en fonction des options : mât et surface de voile, foils spécifiques… | JULIUS OSNER

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