Actualités  –  publiée le 7/07/2020 par Équipe de rédaction Santélog

ESHRE (Virtual)

La cheveu offre  la perspective d'un test non invasif de la réserve ovarienne (AdobeStock_234264784)

L’hormone anti-müllerienne (AMH), est déjà bien reconnue- notamment par l’American College of Obstetricians and Gynecologists- comme un marqueur de la la réserve ovarienne et de la fertilité. La nouveauté c’est que l’AMH est détectable dans des échantillons de cheveux humains et que les niveaux détectés dans les cheveux sont en corrélation avec les niveaux sanguins.

De ce constat, il n’y a qu’un pas, réalisé ici par une équipe de l’Université du Kent, pour développer un nouveau test de fertilité. Ce nouveau test est présenté à la 36e réunion annuelle de l’European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE).

L’hormone anti-müllerienne (AMH) est un marqueur clé dans l’évaluation de la façon dont les femmes peuvent répondre au traitement de fertilité. L’hormone est produite par de petites cellules entourant chaque ovule au cours de son développement dans l’ovaire et est donc considérée comme une mesure de la réserve ovarienne.

Si dans la littérature, les niveaux d’AMH n’ont pas encore été corrélés à une probabilité de naissance vivante ou encore à la survenue de la ménopause, l’AMH permet d’évaluer la réponse d’une patiente à la stimulation ovarienne de la FIV.

La mesure de l’hormone permet de dire si la patiente sera un répondeur faible, normal ou super (avec dans certains cas même, un risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne).

La perspective d’un test non invasif de la réserve ovarienne

La mesure actuelle de l’AMH est effectuée dans le sérum sanguin prélevé par voie intraveineuse. Le test permet donc une mesure à un moment donné. Le principe de la quantification de l’AMH par analyse des cheveux humains constitue donc une méthode moins invasive et peut apporter une visibilité à plus long terme des niveaux d’AMH.

L’étude, menée auprès de 152 femmes dont des échantillons sanguins et de cheveux ont été analysés et dont le nombre de follicules en développement dans l’ovaire (AFC) comme mesure supplémentaire de la réserve ovarienne a été également évalué par échographie, confirme des niveaux d’AMH « biologiquement pertinents » dans les échantillons de cheveux. Des niveaux qui diminuent, normalement, avec l’âge de la patiente : au fur et à mesure que la réserve ovarienne diminue avec l’âge, les niveaux d’AMH diminuent également.

Le cheveu accumule les biomarqueurs sur plusieurs mois

Le test capillaire s’avère ainsi capable de détecter un large spectre de niveaux d’AMH chez des patientes d’âge similaire, ce qui suggère une plus grande précision qu’avec un seul échantillon de sang. Les hormones s’accumulent dans les tiges de cheveux sur une période de plusieurs mois.

Ensuite, alors que les taux d’hormones dans le sang peuvent fluctuer rapidement en réponse aux stimuli, les niveaux d’hormones mesurés dans les cheveux représentent une accumulation du biomarqueur sur plusieurs semaines. Enfin, la « lecture » du cheveu représente un test non invasif.

« Les hormones sont incorporées dans la matrice des cheveux avant que les cheveux en croissance n’atteignent la surface de la peau, permettant ainsi une mesure cumulative de la concentration d’hormones ».

Source: ESHRE virtual – 36th Annual Meeting Poster 616, Monday 6 July 2020 Can we detect a biologically relevant quantity of Anti-Mullerian Hormone (AMH) in human hair samples?

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