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Description générée automatiquement Publié le 20/08/2021

Laure Hubbard, née homme, est la première athlète transgenre à avoir participé aux jeux olympiques.

Ici à Tokyo à la finale d’haltérophilie en août 2021.

Depuis quelques années, le monde du sport est confronté à un défi : comment inclure les femmes transgenres dans les compétitions sportives, quel qu’en soit le niveau, local ou international ?

Certes, aucune sportive ouvertement déclarée transgenre n’a pour l’instant participé à une rencontre internationale, comme les Jeux olympiques ou autre.

Toutefois, leur place croissante dans la société doit conduire les responsables sportifs à entamer une réflexion à ce propos.

Historiquement, certains sportifs dont le sexe était indéterminé ont tenté d’en tirer profit pour avoir un avantage en concourant dans la catégorie « féminine ».

Des mesures réglementaires ont donc été prises pour débusquer cette forme de tricherie.

Mais rien ne prévoit l’arrivée d’une femme trans parmi des femmes.

Une équipe de l’université de Loughborough (UK) a voulu en estimer les implications pour le sport de haut niveau.

Ils ont mené une revue de la littérature, fondée sur les bases de données habituelles, et ont retenu 24 publications, incluant 1 829 participantes (1).

Toutes avaient bénéficié d’un traitement associant anti-androgènes (ex. : acétate de cyprotérone) et œstrogènes (ex. : valérate d’œstradiol), afin de contribuer à la féminisation de leur corps.

Peu de variation de la force musculaire

Après 12 mois de prise médicamenteuse, les valeurs d’hémoglobine et d’hématocrite avaient diminué d’environ 9 %, se rapprochant des valeurs observées chez les femmes.

Ces variations biologiques sont susceptibles de réduire les performances dans les sports d’endurance.

C’est, en tout cas, le constat dans l’une des rares études de sportives trans, montrant qu’en course à pied, elles n’étaient pas plus compétitives dans la catégorie « féminine » qu’elles ne l’avaient été chez les hommes auparavant (1).

La masse maigre était réduite d’environ 4 % en moyenne en 12 mois et la masse grasse sensiblement augmentée.

Les effets sur la force musculaire étaient plus contrastés : chez certaines, elle avait diminué d’environ 4-5 %, tandis que chez d’autres, elle avait légèrement augmenté.

Selon les auteurs, la force pourrait être conservée chez les femmes trans durant les 3 premières années de leur transition hormonale.

Au nom de l’égalité des chances, la question se pose donc de leur participation à des compétitions dans la catégorie « féminine ».

En fonction des disciplines sportives, il ne s’agira pas de déterminer s’il faut les y autoriser, mais à partir de quand.

Dr Patrick Laure

RÉFÉRENCES : Harper J & coll. How does hormone transition in transgender women change body composition, muscle strength and haemoglobin? Systematic review with a focus on the implications for sport participation. Br J Sports Med. 2021 Aug;55(15):865–872.
1) Harper J. Race times for transgender athletes. J Sporting Cult Identities 2015;6:1 – 9.

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