Actualités – publiée le 13/10/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Heart

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L’activité physique peut paradoxalement accélérer l’aggravation d’un facteur de risque de crise cardiaque, les dépôts de calcium dans les artères coronaires, un des marqueurs majeurs mêmes utilisés pour évaluer le risque de maladie cardiovasculaire, nous apprend cette équipe de cliniciens de 2 grands centres de santé à Séoul et à Suwon (Corée du Sud).

Ces nouvelles données, présentées dans la revue Heart ne remettent pas en question les bienfaits cardiovasculaires incontestables de l’activité physique mais suggèrent que, pour certains patients, les médecins doivent considérer que la pratique d’une activité physique peut également favoriser l’accumulation du calcium coronaire.

Le score de calcium des artères coronaires, ou score « CAC », est utilisé pour guider les traitements qui visent à réduire le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (AVC).  

Les statines sont aujourd’hui indiquées pour la plupart des personnes ayant un score CAC de 100 ou plus.

L’exercice, un facteur de rigidité artérielle ?

Cette recherche révèle qu’en dépit d’avantages considérables pour la santé- dont la réduction dose-dépendante du risque d’obésité, de diabète, d’infarctus du myocarde et de décès, entre autres- les personnes très actives physiquement semblent avoir des niveaux élevés de calcium dans les artères coronaires.

Cela suggère que l’exercice pourrait être indirectement associé à la progression de la rigidité artérielle.

L’étude  » Kangbuk Samsung Health » : l’équipe coréenne a fait passer à 25.485 participants (22.741 hommes et 2.744 femmes), âgés de 30 ans ou plus, des bilans de santé complets entre mars 2011 et décembre 2017.

Lors de chaque bilan de santé, les participants ont renseigné leurs antécédents médicaux et familiaux, le mode de vie et le niveau d’études et le poids (IMC), la pression artérielle et les lipides sanguins ont également été évalués.

Leur pratique de l’exercice ou de l’activité physique a également été renseignée.

Enfin, la calcification éventuelle des artères coronaires a été évaluée et suivie via le score « CAC » sur une durée moyenne de 3 ans.

  • 47 % (11.920) des participants étaient inactifs,
  • 38 % (9.683) modérément actifs,
  • 15 % (3.882) intensément actifs : ce qui équivaut à courir 6,5 km/jour.

L’analyse constate que :

  • Les participants les plus actifs physiquement ont tendance à être plus âgés et moins susceptibles de fumer que les participants moins actifs physiquement, ils avaient un taux de cholestérol total plus faible, une pression artérielle plus élevée et des preuves de dépôts calciques dans les artères.
  • Une association graduelle et dose dépendante entre le niveau d’activité physique et la prévalence et la progression de la calcification des artères coronaires au fil du temps, indépendamment des scores CAC au début de la période de surveillance ;
  • Ainsi, les scores de calcification CAC estimés dans les 3 groupes à l’inclusion étaient de 9,45, 10,20 et 12,04, respectivement ;
  • Une activité physique plus intense s’avère associée à une progression plus rapide des scores CAC à la fois chez les participants sans dépôts de calcium et chez les participants ayant déjà un score CAC à l’inclusion ;
  • Vs les participants inactifs, les augmentations moyennes sur 5 ans des scores CAC chez les participants modérément et intensément actifs s’élèvent à 3,20 et 8,16, respectivement, même après avoir pris en compte les facteurs de confusion possibles dont l’IMC, la pression artérielle et les lipides sanguins.

L’activité physique, un facteur probable d’athérosclérose coronarienne: l’étude observationnelle, établit une robuste association entre pratique de l’exercice physique et calcification des artères mais n’établit pas de relation de cause à effet.

Les auteurs concluent qu’il est probable que l’activité physique puisse augmenter l’athérosclérose coronarienne ou le rétrécissement de l’artère via un effet de stress mécanique et de lésions de la paroi vasculaire.

L’activité physique pourrait aussi exercer ces effets de calcification et d’athérosclérose par l’intermédiaire de réponses physiologiques qu’elle induit, comme l’augmentation de la pression artérielle et l’augmentation des niveaux de l’hormone parathyroïdienne.

De plus, indirectement, l’activité physique peut également modifier l’alimentation, l’apport en vitamines et en minéraux.

Et si l’activité physique augmentait les scores CAC sans augmenter réellement le risque de maladie cardiovasculaire ?

Les chercheurs en font également l’hypothèse mais ne répondent pas à la question.

S’ils ne contestent aucunement les bienfaits cardiovasculaires de l’activité physique sur la santé, ils sensibilisent les médecins à la prise en compte de ce risque de calcification, chez certains de leurs patients à risque cardiaque élevé.

Source: Heart 21 Sept 2021 DOI: 10.1136/heartjnl-2021-319346 Physical activity and the progression of coronary artery calcification