Actualités  –  publiée le 12/02/2022 par Équipe de rédaction Santélog

Aging Cell

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La pratique d’un exercice adapté est bénéfique contre le vieillissement cellulaire à tous âges, y compris en fin de vie, conclut cette équipe de biologistes de Université de l’Arkansas qui identifie, ici et dans la revue Aging Cell, les effets rajeunissants induits par l’exercice au niveau cellulaire même.

Ainsi, il n’est jamais trop tard, même adopté et pratiqué plus voire très tard dans la vie, l’exercice reste une thérapie efficace à ralentir les effets du vieillissement.

Certains détestent pratiquer l’exercice et pourtant c’est la meilleure thérapie pour rester jeune.

Et pas seulement paraitre plus jeune, mais rester plus jeune « sur le plan épigénétique ».

Si la pratique d’un exercice adapté est recommandée à l’âge avancé, en particulier pour le maintien de la force musculaire et de la densité osseuse, le maintien de l’endurance, de la mobilité et donc de l’autonomie, elle permet également de réduire le risque de maladie cardiaque, de diabète et d’hypertension artérielle.

Cependant, ses bénéfices contre le vieillissement cellulaire au grand âge restent encore peu documentés.

Pratiquer en fin de vie aussi

Ainsi, même au grand âge, l’exercice atténue le vieillissement épigénétique des muscles squelettiques, conclut l’équipe du Dr Kevin Murach, professeur de santé familiale à l’université de l’Arkansas.

L’étude est menée sur des souris approchant de la fin de leur durée de vie naturelle, soit âgées d’environ 22 mois, qui ont pu accéder à une roue d’exercice lestée.

Généralement, les souris « pratiquent » volontairement.

Les souris plus âgées parcourent même 6 à 8 kilomètres par jour, principalement par à-coups, tandis que les souris plus jeunes peuvent parcourir jusqu’à 10 à 12 kilomètres par jour.

La roue lestée leur permet de développer leurs muscles.

L’expérience montre que :

  • Après 2 mois de pratique de la roue, les souris ont rajeuni en termes « d’âge épigénétique » d’environ 8 semaines, vs des souris sédentaires du même âge ;
  • Ce gain de vie chez la souris correspond à environ 10% de la durée de vie, c’est donc « un gain d’espérance de vie remarquable ».

Tout est dans la méthylation : cet effet rajeunissement, expliquent les auteurs, repose principalement sur un processus biologique connu sous le nom de méthylation de l’ADN.

La méthylation étant définie comme un processus par lequel des groupes d’atomes, appelés groupes méthyle, se fixent à l’extérieur des gènes et les rendent ainsi plus ou moins susceptibles de s’activer et de produire les protéines.

Avec le vieillissement, la méthylation de l’ADN, voire l’hyperméthylation s’accroît, en particulier au niveau des gènes présents dans le muscle.

A tel point que l’analyse de l’ADN à partir d’une biopsie tissulaire permet aujourd’hui d’estimer avec une assez bonne précision, l’âge chronologique du sujet.

Pour effectuer cette estimation, les scientifiques utilisent l’une des nombreuses « horloges de méthylation ».

L’exercice s’oppose à la méthylation de l’ADN :  en réduisant ce processus de méthylation, l’exercice contribue à mieux lutter contre le vieillissement.

Cependant, si le lien entre la méthylation et le vieillissement apparaît assez clair, d’autres recherches devront encore préciser, le lien entre la méthylation et la fonction musculaire.

L’inversion de la méthylation avec l’exercice est-elle également responsable de l’amélioration de la santé musculaire ? De futures études nous le diront.

Source: Aging Cell Dec, 2021 DOI: 10.1111/acel.13527 Late-life exercise mitigates skeletal muscle epigenetic aging

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