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En terminant bons derniers du Grand Prix du Danemark à Aarhus, les Français sont évidemment très déçus.

Ils dégringolent à la 5e place du classement général provisoire, alors qu’ils étaient jusque-là troisièmes.

Manque d’opportunisme dans des conditions météo compliquées, lourde pénalité…

Billy Besson revient pour Voiles et Voiliers sur les difficultés d’une étape qu’ils vont s’empresser d’oublier pour mieux préparer celle de Saint-Tropez, les 11 et 12 septembre prochains, « à la maison ».

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Le Grand Prix du Danemark disputé à Aarhus et remporté par les Australiens a été vraiment difficile pour les Français qui ont manqué de réussite et ont été lourdement pénalisés comme le regrette Billy Besson, le barreur de l’équipe. | RICARDO PINTO POUR SAILGP

Christophe FAVREAU.Publié le 21/08/2021 à 18h41

Voiles et Voiliers : Billy, ce Grand Prix du Danemark a été très cruel pour vous. Qu’est-ce que cela vous inspire à chaud ?

Billy Besson : Nous sommes évidemment déçus de ce résultat, particulièrement de la journée d’hier parce que nous n’avons pas été bons entre nous à bord du bateau.

Nous avons manqué notre entrée en matière et sur un format tel que le circuit SailGP, ça ne pardonne pas beaucoup…

Il est vital de faire une bonne première journée pour rester ensuite dans le haut du panier.

Nous n’avons fait qu’un bon départ sur trois hier et nous n’avons pas assez intégré la dimension très changeante du vent.

Nous nous sommes trop concentrés sur la vitesse alors qu’il fallait être opportunistes, scruter le plan d’eau.

Aujourd’hui, nous avons également manqué de réussite en choisissant le mauvais côté du plan d’eau entre deux zones de vents faibles.

Je dois ajouter qu’il y a eu aussi cette pénalité hier qui nous a fait beaucoup de mal…

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La proximité du rivage a généré de nombreuses variations du vent à Aarhus, ce qui n’a pas réussi aux Français qui ont manqué d’opportunisme. | RICARDO PINTO POUR SAILGP

Il a lofé encore plus fort et est venu me toucher

Voiles et Voiliers : Justement, pouvez-vous revenir pour nous sur cette pénalité ?

Billy Besson : Les Néo-Zélandais se sont engagés derrière nous lors de la troisième manche, à la première porte au vent.

Mais ils se sont rapprochés très, très près.

Il y avait moins de 50 centimètres entre nos deux bateaux.

Nous avons essayé de nous écarter et en faisant cela, j’ai pensé laisser un différentiel suffisant pour lui permettre de faire la bouée au vent mais il a lofé encore plus fort et est venu me toucher.

Du coup, les Néo-Zed’ ont un peu abîmé leur bateau, ce qui nous a occasionné à tous les deux une pénalité mais celle-ci me semble disproportionnée.

Je ne la conteste pas même si chacun peut se faire son idée mais je trouve qu’elle est exagérément lourde considérant le coût des réparations du bateau kiwis qui tourne autour des 2 000 dollars.

Une pénalité telle que celle-ci, que les organisateurs appellent « Dommage penalty » (littéralement pénalité de dommages) devrait être régulée en fonction du coût des réparations.

Le problème est que le jury est à Londres dans un bureau et ne base son jugement que sur des bateaux virtuels.

Sur cette collision, on nous a ajouté 4 points de dommages alors qu’aux Bermudes, une collision qui avait engendré 400 000 dollars de réparations n’avait pas coûté plus de 8 points aux bateaux incriminés…

Du coup, je trouve que notre pénalité est ici disproportionnée.

D’ordinaires prompts à prendre de bons départs, les Français ont manqué d’inspiration à Aarhus.

Si les tricolores ont beaucoup progressé, le niveau général du circuit Sail GP n’a cessé lui aussi de s’élever et la moindre erreur se paye cash comme aime à le rappeler Billy Besson. | JONATHON NACKSTRAND POUR SAILGP

Le niveau est vraiment encore monté d’un cran

Voiles et Voiliers : La prochaine échéance est importante pour vous puisque le cinquième Grand Prix de la saison se déroulera en France, à Saint-Tropez. Comment vous y préparez-vous ?

Billy Besson : Cela va arriver très vite puisque c’est dans moins de trois semaines.

Nous allons commencer comme d’habitude par un gros débriefing.

Ensuite nous allons établir des objectifs de travail pour les journées d’entraînement avant l’événement.

Évidemment, nous avons de hautes ambitions sur cette étape française.

Nous visons la finale et idéalement la victoire.

Mais lorsque l’on voit le niveau et les efforts que cela demande d’arriver jusque-là, nous sommes obligés d’en tenir compte.

Le niveau est vraiment encore monté d’un cran comme en témoignent les manches courues à Aarhus où même dans un vent très changeant, les arrivées étaient extrêmement disputées.

Si je devais comparer avec la première saison, je dirais que nous sommes tous aujourd’hui au niveau des Australiens qui avaient terminé vainqueurs !

CLASSEMENT DE L’ÉVÉNEMENT

1- AUSTRALIA / Tom Slingsby / 10 points

2- JAPAN Nathan / Outteridge / 9 points

3- GREAT BRITAIN / Ben Ainslie / 8 points

4- UNITED STATES / Jimmy Spithill / 7 points

5- NEW ZEALAND / Peter Burling / 6 points

6- DENMARK / Nicolai Sehested / 5 points

7- SPAIN / Phil Robertson / 4 points

8- FRANCE / Billy Besson / 3 points

CLASSEMENT GÉNÉRAL PROVISOIRE APRÈS AARHUS

1- AUSTRALIA / Tom Slingsby / 32 points

2- GREAT BRITAIN / Ben Ainslie / 30 points

3- JAPAN / Nathan Outteridge / 28 points

4- UNITED STATES / Jimmy Spithill / 26 points

5- FRANCE / Billy Besson / 24 points

6- SPAIN / Phil Robertson / 23 points

7- NEW ZEALAND / Peter Burling / 23 points

8- DENMARK / Nicolai Sehested / 22 points

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