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Lors de la célèbre semaine de Cowes qui vient de s’achever sur l’île de Wight, ce monotype Cape 31 signé Mills Design qui connaît un vrai succès en Angleterre, en Australie et aux États-Unis a malencontreusement accroché son pataras dans une des bouées jalonnant le Solent.

James Tomlinson a saisi le distribil – un beau départ au tas ! – avec la même vista que son père, Rick, grand photographe de mer et immense coureur au large.

Une fortune de mer qui rappelle quelques souvenirs à Didier Ravon !

Pataras pris dans la bouée, patatras dans le Solent ! Une image contenant texte, clipart

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Pataras pris dans la bouée, patatras dans le Solent ! | JAMES TOMLINSON PHOTOGRAPHY

Didier RAVON. Modifié le 10/08/2022 à 19h38

EN IMAGE. Semaine de Cowes. Un voilier accroche son pataras dans une bouée du Solent (ouest-france.fr)

Sur cette photo prise par James Tomlinson, on ne sait si le mât de ce C31 a finalement résisté (il semble que oui…) mais il n’est jamais bon d’accrocher ces terribles marques jaunes en ferraille surmontées d’un croisillon qui jalonnent le Solent.

Cela m’a rappelé un épisode aussi stressant que douloureux au départ d’une Channel Race il y a trois décennies, lors d’une Admiral’s Cup également ventée.

La flotte louvoie alors à l’approche d’une cardinale à laisser à bâbord.

C’est chaud bouillant et il y a un sacré courant. Le barreur : « On vire quand ? ».

Le tacticien : « On va pas tarder à envoyer et passer bâbord dans un trou, ça devrait le faire ! ».

Le navigateur : « Non, ça ne passera pas ! Il y a du jus et on va se retrouver non prioritaire… ».

Le tacticien : « Si si, ça va le faire ! ». Le barreur : « C’est pas gagné, il y a du monde et j’ai du refus ».

L’équipier saute sur la bouée

Ambiance tendue à bord. Non seulement on se fait doubler par la meute tribord amures mais le courant jette le bateau sur la bouée.

Le « bord breton » n’a pas marché ! Sommes collés sur la marque et ça frotte grave.

La bastaque (le mât est à trois étages de barres de flèche non poussantes selon la jauge IOR) se prend alors dans la bouée et un équipier a la présence d’esprit de sauter sur celle-ci pour décrocher la bastaque avant que les choses franchement tournent au vinaigre.

On racle la marque mais on s’en écarte. Le mât est là.

Il y a un trou dans la coque, heureusement au-dessus de la flottaison et qui va être obturé et bricolé à coups d’adhésif « grey tape ».

Le navigateur fou furieux jette par-dessus bord sa planchette avec la carte du parcours.

En 1993, la carto électronique n’existe pas et c’est la carte papier recouverte d’un film adhésif qui fait foi.

Ne pas raser ces bouées !

Ambiance de mort à bord ! On entend les mouches voler.

Nous sortons bons derniers du Solent, derrière les 40 pieds alors que nous en mesurons dix de plus.

On va se calmer puis se reconcentrer, pour finir seconds derrière les Allemands après une journée puis une nuit au portant à carburer comme des malades pour revenir dans le match.

Conclusion : éviter si possible de raser de trop près les bouées, surtout celles-ci !

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