SANTÉ PUBLIQUE  –  Par La rédaction avec AFP le 07-01-2021

egora.fr

D’après le sixième rapport d’enquête nationale, publié mercredi par l’Inserm et Santé publique France, les maladies cardiovasculaires et les suicides sont devenus les deux premières causes de décès maternels.

Chaque année en France, 50 à 100 femmes décèdent d’une cause liée à la grossesse, à l’accouchement jusqu’à un an après, soit une tous les 4 jours en moyenne, selon cette étude portant sur la période 2013-2015.

“Malgré leur rareté, une amélioration est encore possible, car plus de la moitié des décès maternels sont considérés comme probablement ou possiblement évitables et dans deux tiers des cas, les soins dispensés n’ont pas été optimaux”, constate le rapport.

La première cause des 262 décès recensés en trois ans sont les maladies cardiovasculaires (36 décès, soit 13,7%), puis les suicides (35 décès, soit 13,4%).

Contraception estroprogestative : plus d’impact sur le métabolisme glucidique qu’une contraception par progestatif seul

Les experts constatent que la surveillance de la santé des futures mères et mères ne doit pas se limiter à la sphère obstétricale. Ces deux causes “sont non seulement les plus fréquentes, mais également parmi celles avec la proportion la plus grande de morts évitables, 65,7% et 91,3% respectivement.”

En troisième position, l’embolie amniotique est à l’origine de 28 décès, à un niveau stable par rapport à la dernière période.

Pour la première fois depuis le lancement de ces enquêtes sur les morts maternelles, les hémorragies obstétricales ne sont plus en tête. Cette cause de décès a été divisée par deux en 15 ans.

Le ratio de mortalité maternelle (RMM) de 10,8 décès pour 100.000 naissances vivantes est stable par rapport aux deux périodes de surveillance précédente (2010-2012 et 2007-2009) et se situe dans la moyenne européenne.

Cependant selon l’enquête, dans 66% des cas, les soins dispensés n’ont pas été optimaux et 58% des décès sont considérés comme ” évitables” ou “peut-être évitables” en améliorant la prévention, l’organisation des soins, et les soins eux-mêmes.

Le risque de mortalité maternelle augmente avec l’âge des femmes à partir de 30 ans, et multiplié par 4 après 40 ans par rapport aux femmes de 25 à 29 ans. L’obésité est aussi un facteur de risque notable.

Après l’arrêt de contraceptifs au long cours, la fécondité peut être diminuée mais pas de façon durable

Le rapport souligne la persistance des disparités sociales et territoriales. Ainsi, la mortalité des femmes migrantes est plus élevée. Les DOM et l’Ile de France se distinguent par un niveau de mortalité maternelle plus élevé.

Un comité d’experts a formulé 30 messages-clés, insistant sur la nécessité d’élargir la surveillance des femmes à la recherche d’antécédents psychiatriques et d’addictions, et d’une vulnérabilité sociale ainsi que “l’évaluation des risques de complications avant la conception et en début de grossesse (…)”.

Vers l’élimination du cancer du col utérin

Le tabac reste nocif pour la grossesse même longtemps après son arrêt

Macroprogestatifs et risque de méningiome : les gynécologues médicaux réagissent

Syndrome des ovaires polykystiques : rechercher ces troubles qui altèrent la qualité de vie