Par Jocelyne Richer, La Presse canadienne

une personne âgée souffrant d'Alzheimer Profession Santé logo 25/08/2021

On devrait savoir en novembre si le Québec est sur la voie d’élargir l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes ou souffrant d’un trouble mental.

La Commission spéciale sur l’évolution de la Loi concernant les soins de fin de vie, dont la consultation a pris fin cette semaine, doit rendre public son rapport très attendu à la mi-novembre.

Les membres de la commission en sont rendus à l’étape cruciale d’assimiler tous les avis reçus au cours des derniers mois et de trouver les consensus menant aux recommandations à formuler au gouvernement en vue de rédiger leur rapport.

Si la commission approuve l’idée d’élargir l’aide à mourir, le gouvernement devrait normalement y donner suite en déposant un projet de loi qui pourrait, par exemple, autoriser le consentement anticipé aux personnes ayant des pertes cognitives, comme la maladie d’Alzheimer, ou ouvrir la porte aux patients souffrant de maladies mentales.

Les travaux de la commission ont suscité un intérêt réel, tant de la population en général, que de la part des experts, confrontés quotidiennement à ces questions délicates.

Après 14 jours d’audiences et une centaine d’intervenants et d’experts entendus, sans compter les quelque 80 mémoires reçus et les 3000 personnes du public ayant participé à la consultation en ligne, on peut affirmer que l’enjeu ne laisse pas les gens indifférents.

La présidente de la commission, la députée caquiste Nancy Guillemette, a dit qu’il était encore trop tôt pour affirmer que certains consensus se dégageaient de toute cette masse d’informations et d’opinions.

Elle-même affirme qu’après tous ces témoignages, son idée n’est pas encore faite quant à la position que devrait adopter la commission dans son rapport.

« Mon opinion n’est pas vraiment forgée », a commenté Mme Guillemette, mardi, en entrevue téléphonique, se montrant soucieuse de faire d’abord le point avec ses 10 collègues députés membres du groupe de travail.

Elle dit s’interroger à savoir si la population est prête à aller jusqu’à légaliser l’accès à l’aide médicale à mourir à certaines catégories de personnes qui n’y ont pas droit actuellement.

Chose certaine, l’idée d’élargir et de faciliter l’aide médicale à mourir a fait son chemin en milieu médical.

Les deux grandes organisations de médecins (la Fédération des médecins omnipraticiens et la Fédération des médecins spécialistes), de même que le Collège des médecins se sont prononcées clairement en faveur de l’idée de respecter les volontés des personnes aux prises avec des troubles cognitifs et ayant exprimé dans le passé leur souhait de recevoir ce type de soin létal.

Une telle ouverture supposerait de ne plus exiger du malade le deuxième consentement, fourni à la dernière minute, au moment d’administrer le médicament.

Mme Guillemette note cependant à ce propos que certains médecins sont venus témoigner pour exprimer leur malaise à l’idée de devoir accélérer la mort de quelqu’un incapable de donner son consentement.