Du bon usage des écrans chez les enfants : les recommandations des pédiatres
06/09/2011 | Addictologie , Pédiatrie , Psychiatrie , Recommandations
 
L’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) invite les parents à suivre les conseils du Pr Serge Tisseron sur le bon usage des écrans chez les enfants. C’est « la règle du 3-6-9-12 »
Face à la montée en puissance des nouvelles technologies, l’AFPA incite les parents à suivre « la règle du 3-6-9-12 », établie par le Pr Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, spécialisé dans les relations jeunes-médias-images.
 
Conseil n° 1 : pas de télévision avant 3 ans, avec discernement après 3 ans.
Le temps passé par les bébés devant la télévision, même sur les chaînes qui leur sont dédiées, les éloignent de la seule activité utile à leur âge : interagir avec leur environnement. A cet âge, l’enfant a besoin de se percevoir comme acteur. Devant la télévision, il est au contraire incité à être simple spectateur. Une importante consommation précoce de télévision favorise la passivité ultérieure.
 
Si certains parents assurent calmer leur bébé en le plaçant devant la télévision, ce dernier est en réalité bouleversé intérieurement. Rien ne fait sens pour lui, mais il est captivé par le rythme rapide des images, par les couleurs et les sons, d’une intensité très supérieure aux stimulations sensorielles de la vie quotidienne.
Plus tard, les jeunes enfants habitués trop tôt à la télévision peuvent avoir tendance à reproduire les comportements stéréotypés de leur héros. De plus, ils n’apprennent pas de leurs erreurs, comme ils l’auraient fait grâce au jeu autonome.

D’où cette recommandation d’éviter au maximum l’exposition à la télévision avant 3 ans. La télévision ne doit pas non plus investir la chambre de l’enfant ! Après 3 ans, ce dernier doit être impliqué dans le choix du programme, pour une durée préalablement définie par l’adulte. Les parents doivent aussi inciter l’enfant à une analyse critique du comportement des personnages télévisés.

 
Conseil n° 2 : pas de console de jeu personnelle avant 6 ans, pour favoriser la créativité.
Lors de sa croissance, l’enfant développe son imagination en créant de ses propres mains, notamment par le dessin, le modelage et le jeu avec d’autres. Mais les automatismes de la console de jeu utilisée trop tôt défavorisent le développement de sa motricité fine et de sa créativité. De plus, jouer seul sur une console personnelle devient rapidement compulsif chez le jeune enfant.
Les écrans peuvent cependant être un support occasionnel de jeu en famille, voire d’apprentissages accompagnés.
 
Conseil n ° 3 : Internet accompagné à partir de 9 ans, pour préserver son enfant.
Avant de pouvoir naviguer sur la toile, l’enfant doit assimiler certaines notions pour éviter les pièges du web. Seuls les parents sont en mesure de sortir l’enfant du brouillage des repères : flou entre les notions de sphère privée et publique, entre la réalité et la fiction…

L’accompagnement sur le net est essentiel pour que l’enfant intègre trois notions fondamentales :
– tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public,
– tout ce que l’on y met y restera éternellement,
– tout ce que l’on y trouve est sujet à caution : certaines données sont vraies et d’autres fausses.

 
Conseil n° 4 : Internet seul à partir de 12 ans, avec prudence.
Le jeune adolescent peut commencer à « surfer » seul sur la toile, à condition d’avoir assimilé les règles précédentes. Il faut cependant convenir ensemble d’horaires prédéfinis de navigation, mettre en place un contrôle parental, ne pas laisser l’enfant avoir une connexion nocturne illimitée à l’Internet depuis sa chambre.
 
L’utilisation excessive de l’écran pour le jeu disparaît généralement dès la fin de l’adolescence. Mais une diminution des relations sociales et des résultats scolaires doit alerter les parents. Une communication familiale sur le contenu des jeux vidéo et des programmes télévisés reste indispensable.
Florence ROSIER