Actualités  –  publiée le 21/09/2021 par Équipe de rédaction Santélog

PLoS Medicine

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Ce test sanguin révèle quand les tumeurs bénignes deviennent cancéreuses, chez les personnes atteintes d’une maladie héréditaire, la neurofibromatose de type 1 ou NF1.

Ces patients développent souvent des tumeurs non cancéreuses ou bénignes qui se développent le long des nerfs. Ces tumeurs peuvent parfois se transformer en cancers agressifs, mais il n’existait jusque-là aucun moyen de détecter cette évolution cancereuse.

Ces travaux du National Cancer Institute (NCI/NIH) et de la Washington University School of Medicine (St. Louis), publiés dans la revue PLOS Medicine, aboutissent au développement d’un test sanguin qui pourrait constituer une approche très sensible et peu coûteuse de détection du cancer, à un stade précoce chez les personnes atteintes de NF1.

La NF1 est le syndrome de prédisposition au cancer le plus courant, touchant 1 personne sur 3.000 dans le monde.

La maladie, causée par une mutation dans un gène appelé NF1, est presque toujours diagnostiquée dans l’enfance.

Environ la moitié des personnes atteintes de NF1 développeront des tumeurs volumineuses mais bénignes sur les nerfs, appelées neurofibromes plexiformes.

Environ 15 % des personnes atteintes de neurofibromes plexiformes verront ces tumeurs bénignes se transformer en une forme agressive de sarcome connu sous le nom de tumeur maligne des gaines nerveuses périphériques (MPNST), avec un mauvais pronostic : la survie à 5 ans après diagnostic d’une MPNST ne dépasse pas les 20 %.

Ce nouveau test sanguin qui révèle quand les tumeurs bénignes deviennent cancéreuses, pourra également aider les médecins à surveiller dans quelle mesure les patients répondent au traitement de leur cancer, avec des applications donc plus larges que la détection de la cancérogenèse dans la NF1.

« Vivre avec un syndrome de prédisposition au cancer comme la NF1, c’est un peu comme une bombe à retardement »,explique le Dr Jack F. Shern, co-auteur et chercheur en recherche clinique au NCI :

« Les médecins surveillent les tumeurs cancéreuses en cherchant à découvrir cette transformation en cancer le plus tôt possible ».

Les cliniciens effectuent actuellement cette surveillance à l’aide d’examens d’imagerie (IRM ou TEP), ou de biopsies pour déterminer si les neurofibromes plexiformes se sont transformés en MPNST« .

Cependant, les résultats de la biopsie ne sont pas toujours précis et la procédure peut être extrêmement douloureuse pour les patients car ces tumeurs se développent le long des nerfs.

Les tests d’imagerie, quant à eux, sont coûteux et peuvent également se révéler inexacts.

Un simple test sanguin au lieu d’une IRM du corps entier ? 

L’équipe du NCI et de St Louis a donc collecté des échantillons de sang de 23 personnes atteintes de neurofibromes plexiformes, 14 patients atteints de MPNST non encore traités et de 16 témoins en bonne santé exempts de NF1.

La plupart des participants étaient de jeunes adultes, dans la tranche d’âge dans laquelle se développe le plus souvent la MPNST.

Les chercheurs ont isolé l’ADN acellulaire, c’est-à-dire l’ADN libéré des cellules dans le sang, et utilisé la technologie de séquençage du génome entier pour rechercher des différences dans le matériel génétique entre ces 3 groupes.

L’analyse révèle :

  • Plusieurs caractéristiques de l’ADN acellulaire des participants atteints de MPNST vs les 2 autres groupes ;
  • La proportion d’ADN acellulaire provenant de tumeurs dans les échantillons de sang était beaucoup plus élevée chez les personnes atteintes de MPNST que chez celles atteintes de neurofibromes plexiformes ;
  • Ensemble, ces différences permettent aux chercheurs de différencier, avec une précision de 86 %, les patients atteints de neurofibromes plexiformes et ceux atteints de MPNST.

Un test simple et peu coûteux pour détecter la MPNST précocement chez les patients atteints de NF1 serait particulièrement utile dans les pays en développement et d’autres régions à faibles ressources, où l’accès à l’équipement et à l’expertise nécessaires pour effectuer l’imagerie est limité.

Les tests sanguins de ce type ont également des applications dans la détection précoce et le suivi des patients atteints d’autres troubles génétiques prédisposant au cancer, tels que la néoplasie endocrinienne multiple (NEM), dans laquelle les tumeurs bénignes peuvent devenir cancéreuses, ou le syndrome de Li-Fraumeni, qui augmente le risque de développer plusieurs types de cancer.

Source : PLoS Medicine 31-Aug-2021 DOI : 10.1371/journal.pmed.1003734 Cell-free DNA ultra-low-pass whole genome sequencing to distinguish malignant peripheral nerve sheath tumor (MPNST) from its benign precursor lesion: A cross-sectional study

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