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DÉVELOPPEMENT : 4 facteurs majeurs à l’enfance qui font des cas sociaux

publiée le 17/12/2016 par P. Bernanose

 Nature Human Behaviour

Oui, certains facteurs à l’enfance comme la négligence des parents, une mauvaise maîtrise de soi et un faible QI chez l’enfant et un faible statut socio-économique, sont très fortement associés au risque de devenir un « cas social » à l’âge adulte, avec en plus une propension aux modes de vie malsains (tabagisme et obésité notamment). Cette étude néozélandaise alerte sur les facteurs modifiables, tant chez l’enfant que chez ces parents et appelle donc, dans la revue Nature Human Behaviour à renforcer les interventions sociales dans les foyers à risque élevé de négligence des enfants.

L’étude menée en Nouvelle-Zélande par des chercheurs de la Duke University (US), du King’s College London et de l’Université d’Otago (Nouvelle Zélande) a suivi 1.037 participants de la naissance à l’âge adulte. Les participants ont été évalués aux âges de 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 18, 21, 26, 32 et 38 pour 4 facteurs de risque spécifiques le statut socioéconomique, le QI, l’exposition à la maltraitance et aux négligences parentales et le niveau de maîtrise de soi de l’enfant. Précisément,
-le statut socioéconomique de l’enfant a été évalué de la naissance jusqu’à l’âge de 11 ans,
-la maltraitance à l’enfance via un certain nombre de critères relevés par les travailleurs sociaux (discipline sévère, rejet maternel, violence physique, etc…)
-l’intelligence de l’enfant par la mesure du QI aux âges de 7, 9 et 11 ans.
-La maîtrise de soi de l’enfant à partir des rapports des parents ou des enseignants sur l’hyperactivité, le manque de persévérance, l’agressivité et l’impulsivité etc…) de la naissance jusqu’à l’âge de 10 ans.
-Le développement cérébral et cognitif a également été évalué à l’âge de 3 ans (tests d’intelligence, de langage et de développement).

Les chercheurs ont cherché à voir si ces facteurs pourraient prédire des résultats de santé physique et psychologiques à l’âge adulte. Les chercheurs ont enfin pris en compte, à l’âge adulte, les données en santé et sociales (mois de prestations sociales, années passées sans le père, tabagisme, surpoids, hospitalisations, sinistres assurances/blessures, condamnations etc…). Ils constatent en effet un lien fort entre ces 4 facteurs et des résultats médiocres à l’âge adulte.

22% des enfants monopolisent 66% des services sociaux et représenteront 81% des délinquants : ainsi,
chacun des 4 facteurs augmente, indépendamment des autres facteurs, le risque de protection sociale de 18 à 31%, avec un effet dose-dépendance : plus ces facteurs sont fortement présents à l’enfance, plus le risque est élevé.
Les quatre facteurs de risque s’avèrent ensuite associés de façon variable aux autres « fardeaux » économiques. 
Les chercheurs estiment que 22% de la cohorte sont responsable d’une grande majorité de ces fardeaux, soit,
36% des demandes de dommages 
40% des kilos en trop,
54% du tabagisme (en nombre de cigarettes fumées)
57% des hospitalisations (en nombre de nuits d’hôpital)
66% des prestations sociales
77% des années passées sans la présence d’un père
78% des prescriptions
81% des condamnations.

Des facteurs largement évitables : l’étude révèle ainsi qu’un petit groupe de population pèse lourd pour la société et, dans certains cas, en raison de facteurs évitables. Elle confirme l’hypothèse selon laquelle certains facteurs à l’enfance prédisent des problèmes sociaux et de santé à l’âge adulte (comme l’obésité, les comportements à risque ou déviants, le taux de tabagisme, etc.). Pour ces foyers défavorisés et dans l’intérêt de la société, les chercheurs appellent donc à des interventions précoce et ciblées qui minimisent ces facteurs de risque, pour, disent-ils « un retour considérable sur investissement ».

Source: Nature Human Behaviour December 12 2016 doi:10.1038/s41562-016-0005  Childhood forecasting of a small segment of the population with large economic burden
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