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Description générée automatiquement Publié le 11/12/2021

Dans les prochains mois, l’Allemagne, pourtant considérée comme un modèle de rigueur dans l’inconscient collectif des Européens, devrait légaliser l’usage du cannabis récréatif.

Après plusieurs pays européens et certains états Américains.

Cette décision venue d’Outre Rhin aura, on peut l’imaginer, une grande influence dans le débat qui devrait reprendre en France à l’occasion des campagnes présidentielle et législative.

Dans cette Tribune libre, le Pr Costentin, membre des Académies de Médecine et de Pharmacie, analyse un à un les arguments des partisans de la légalisation et expose les raisons sanitaires et sociétales, qui, selon lui, devraient conduire à ne pas y adhérer.

A n’en pas douter son propos à la fois médical et politique (au sens étymologique) suscitera des réactions d’approbation ou d’improbation parmi nos lecteurs.

Nous leur ouvrons nos colonnes (dans les limites de la confraternité) pour enrichir le débat…   

Par le Professeur Jean Costentin*
Des pressions convergentes, dont l’intensité redouble, s’exercent sur les médias, le monde politique et ainsi sur nos concitoyens, pour obtenir la légalisation du cannabis.

Elles utilisent de façon récurrente différents arguments que nous allons nous appliquer à réfuter.

Le diable s’exprime déjà dans le choix des mots, qui ne sont pas des détails

Réprouvons l’expression « cannabis thérapeutique » qu’utilise d’emblée la mission parlementaire ayant pour objectif affiché de déterminer si la thérapeutique trouve au cannabis des intérêts pouvant justifier son élévation à la dignité d’un médicament ; ce disant elle exprime a priori ses conclusions.

L’étude qu’elle initie est en rupture avec les règles élémentaires qui présidaient à l’étude d’un médicament potentiel ; bien loin de la discrétion qui prévalait en cette matière.

Cette étude, sans placebo, ni médicament de référence, avec un nombre fixe et restreint de patients, sur une durée limitée, pour tester 4 indications potentielles, délivre au public, en temps réel, des fractions d’information…

Aussi, avant même que ses résultats soient obtenus, ils sont d’emblée invalidés.

Mais cela ne changera rien, les conclusions semblant déjà écrites.

Ce cannabis dit « thérapeutique » est le faux nez de la légalisation du cannabis, à des fins toxicomaniaques.

Tous les Etats qui l’ont légalisé, telle une figure obligée pour apaiser le chaland, l’ont préalablement adoubé comme « médicament ».

Réprouvons aussi l’expression cannabis « récréatif » ; cet euphémisme se réfère à la récréation qui dans nos souvenirs d’enfants s’apparente à de bons moments d’interruption des contraintes scolaires ; ce faisant il occulte délibérément que la « récré » cannabique peut se terminer mal, voire même dramatiquement.

La loi de 1970 décrétant la prohibition du cannabis n’est pas obsolète

« Le temps ne fait rien à l’affaire », cette loi reste d’actualité.

Elle interdit le commerce, la possession, l’usage du cannabis.

Sa sévérité, résolument dissuasive, permettait l’infliction aux contrevenants d’une peine (maximale) d’un an de prison ou de 3.500 euros d’amende, avec inscription au casier judiciaire.

Elle était justifiée par l’accroissement important de la consommation de cannabis qui survenait au décours de la pseudo-révolution de Mai 1968, avec son « jouir sans limite » et son « interdiction d‘interdire ».

Déjà se précisaient différents méfaits de cette drogue, tandis que de nouveaux étaient entrevus ; ils ont été depuis lors, pour nombre d’entre eux, confirmés et précisés.

Mais cette loi est restée méconnue, faute d’être enseignée, d’être justifiée et d’être appliquée par l’institution judiciaire.

Cette dernière, pour ne pas appliquer la sanction maximale, ce que l’on peut admettre, a classé l’infraction presque systématiquement sans suite, annihilant cette loi.

Au cours des 30 dernières années, le taux de THC s’est accru d’un facteur 6,5 dans les produits en circulation, tandis que se développaient de nouveaux modes de consommation, visant à accroitre la cession du THC à l’organisme, ainsi :

– « l’huile de cannabis », à très haute teneur en THC, obtenue par extraction de la résine par des solvants apolaires, suivie de leur évaporation ; elle peut être étirée sur des cigarettes communes, ou être mélangée à du tabac, ou être utilisée dans les recharges des cigarettes électroniques ;

– le « BHO » (butane hash oil), qui résulte de l’extraction de la résine par le butane liquéfié qui, après volatilisation, laisse un résidu utilisé dans des nébuliseurs ;

–  les pipes à eau, qui centuplent le volume de fumée qui peut être inhalé dans les poumons distendus d’une façon maximale ;

– les nouveaux cannabinoïdes, obtenus par synthèse chimique (qui sont beaucoup plus puissants que le THC).

Les Français – tous premiers consommateurs du cannabis en Europe

Triste constat, de 1.500.000 usagers réguliers qui le consomment au moins une fois tous les 3 jours, dont presque 1.000.000 de consommateurs quotidiens.

Cette fréquence d’usage correspond à une dépendance avérée, car le THC est une drogue très rémanente, qui agit très durablement sur l’organisme.

Plusieurs raisons expliquent sa très forte consommation nationale :

•    La large méconnaissance de la loi de prohibition des drogues, surtout diffusée par ceux qui la critiquent ;

•    L’absence de prévention éducative, dénoncée par l’OEDT (Observatoire européen des drogues et toxicomanies).

Les jeunes français n’ont au maximum, durant leur cursus éducatif, qu’une à deux heures d’exposé par des fonctionnaires de la Gendarmerie, qui leur présentent la loi, les risques encourus à y contrevenir, les subterfuges des dealers.

Les risques sanitaires sont à peine effleurés par les enseignants des sciences de la vie qui n’y sont pas formés et qui s’y intéressent peu ; et même ceux qui s’y intéressent ne peuvent développer un enseignement sur les drogues, car il n’est pas inscrit dans les programmes éducatifs ;

•    la prolifération dans les cités « sensibles » d’une économie de la drogue à ciel ouvert, qui mobilise d’énormes sommes d’argent. Elle est alimentée par une immigration au-delà des capacités d’accueil de notre pays où le chômage structurel affecte plus de 3 millions de nos concitoyens ;

•    les 450 tonnes de cannabis qui entrent aisément chaque année sur le territoire national, essentiellement en provenance du Maroc ;

•    l’auto-culture favorisée par la prolifération dans nos villes des « Growshops »

•    la propension des Français à consommer des psychotropes (anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs) ainsi que diverses drogues (alcool, tabac, morphiniques…) ; cette grande vulnérabilité nationale aux toxicomanies aurait dû mobiliser les pouvoirs publics, mais les responsables politiques ont laissé filer.

•    la magistrature, elle aussi, a laissé filer, submergée par un nombre croissant de diverses procédures ; elle a classé sans suite pénale les affaires qui lui paraissaient mineures relativement à d’autres dossiers, avec pour conséquence l’absence de sanction pour les consommateurs de drogues et pour les dealers.

Les peines rarement prononcées sont faibles en comparaison de celles infligées dans les autres nations de l’Union Européenne pour ces mêmes délits ; en outre et très fréquemment, elles ne sont pas appliquées.

•     Les rigueurs originelles de la loi de 1970 ont été régulièrement « détricotées », puisqu’on en est maintenant à l’infliction d’une simple contravention de 200 euros, en solde de tout compte, (laquelle d’ailleurs n’est pas toujours perçue) ; sans inscription sur un registre, ce qui aurait pu contribuer à dissuader des récidives, par l’augmentation du montant de la contravention en fonction de leur nombre.

•    la police effectuant les investigations et contrôles qui lui sont demandés se sent désavouée par l’absence de suites judiciaires données à ses interpellations

Les assertions fausses et les méfaits du cannabis

La « grosse ficelle » (en chanvre) du « rapport Roques » (1998), très colportée, affirmait que la dangerosité du cannabis était inférieure à celle du tabac et de l’alcool, tous deux légalisés.

Contrairement à cette allégation, la toxicité pour l’organisme des fumées du cannabis est supérieure à celle du tabac.

La résine de cannabis (haschisch), comme celle présente sous forme de globules sur la plante (la marijuana), augmente de 200°C la température de combustion de l’élément végétal, poussant plus avant sa décomposition thermique et produisant ainsi 6 fois plus de goudrons, dont différents constituants sont cancérigènes pour les sphères bucco-pharyngée et broncho-pulmonaire.

Elle produit aussi 6 à 8 fois plus d’oxyde de carbone (CO) qui, en se fixant intensément sur l’hémoglobine des globules rouges, réduit leur capacité de fixer l’oxygène pour l’amener aux tissus qui le consomment ; il s’en suit une toxicité cardio-vasculaire du cannabis plus importante que celle du tabac.

Il est ainsi la 3ème. cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; il induit des artérites des membres inférieurs, plus précoces que celles provoquées par le tabac ; il est à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux chez des sujets jeunes.

Alors que le tabac n’est pas nocif pour le cerveau (à sa dépendance près), le THC du cannabis, à l’origine, lui aussi, d’une forte dépendance, induit de surcroît des troubles psychiques et psychiatriques souvent graves (ivresse, désinhibition avec prise de risque, troubles cognitifs, anxiété, dépression, bouffées délirantes, hallucinations, schizophrénie, escalade toxicomaniaque).

Le cannabis incite à la consommation d’alcool.

Le THC rend imperceptible à celui qui s’alcoolise, l’approche du moment où il ne peut plus maîtriser sa consommation, qui vire alors à l’alcoolisation aigüe (« binge drinking »/« biture expresse »), avec pour corollaire le coma alcoolique.

En 2019, 730 personnes ont été tuées dans un accident impliquant un conducteur sous l’emprise d’un stupéfiant, lequel, dans 90% des cas, était le cannabis.

Dans l’étude « Stupéfiants et accidents mortels de le route » (S.A.M.), déjà ancienne, la conjonction du cannabis avec l’alcool multipliait par 14 le risque d’accidents mortels ; des études plus récentes évaluent ce facteur à 29.

Alors que la « puissance publique » est incapable de réduire de façon importante la consommation de tabac et d’alcool, comment peut-elle imaginer y adjoindre une autre drogue, aussi addictive et encore plus délétère que ces deux premières ?

La France qui est en bonne place parmi les Nations qui dépensent le plus pour l’éducation de ses enfants, n’en est pas payée en retour, puisque dans le classement PISA international des performances éducatives, elle n’apparaît qu’en 27ème. rang.

L’éradication du cannabis de l’espace éducatif nous ferait progresser au moins d’une quinzaine de rangs.

Assertion aberrante – « la légalisation du cannabis permettrait une prévention de sa consommation »

Ceux qui s’abstiennent de consommer du cannabis sont convaincus de son caractère dangereux ; avec sa légalisation ils penseront que l’État, dans sa fonction de protection des citoyens, ne saurait autoriser un produit dangereux ; ils seraient ainsi dissuadés de continuer de s’en abstenir.

Quant à ceux qui s’en abstiennent par respect de la loi, les non-transgressifs (encore nombreux chez nos jeunes), la légalisation lèverait chez beaucoup leur retenue à le consommer.

Il est aberrant de prétendre qu’on ne peut enseigner des règles de prévention sur des produits ou des comportements interdits.

Faudrait-il autoriser le viol pour en diminuer le nombre ? Le vol pour enseigner l’honnêteté ?

Les exemples de semblables aberrations abondent, qui annihilent cet argument.

Prévenir consiste à intervenir en amont d’une expérimentation, pour empêcher que s’installe une addiction, surtout quand on sait que lorsqu’elle est installée on est impuissant à la faire régresser.

Une prévention, même soigneusement pratiquée, n’éteindra pas en France l’appétence pour les drogues ;  elle pourra la contenir et, on l’espère, la restreindre.

Une légalisation du cannabis aboutirait, plus ou moins rapidement, à une augmentation considérable du nombre de ses consommateurs, à l’instar de celle du tabac (avec ses 13 millions de fumeurs irrépressibles et ses 75.000 décès annuels) et de l’alcool (avec ses 4 à 5 millions de sujets alcoolodépendants et alcooliques, et ses 41.000 décès annuels).

Cet avis est partagé par le comité interministériel de lutte contre les stupéfiants, qui le 25 Mai 2021 l’exprimait : « L’expérience des Pays-Bas, de l’Uruguay, du Portugal, de l’Espagne, du Canada et de certains États américains fait apparaître une augmentation du nombre de consommateurs post-légalisation du cannabis dans tous ces pays, ce qui peut entraîner un usage d’autres produits stupéfiants ».

Cette déclaration évoque l’escalade vers d’autres drogues ; escalade à laquelle incite la dépendance au cannabis.

Cette escalade, que contestaient les pro-légalisateurs, est devenue irréfragable et les mécanismes en cause (phénomène de tolérance et effets épigénétiques) sont de mieux en mieux précisés.

Autoriser le cannabis ouvrirait la porte à la consommation d’autres drogues.

Des déclarations très médiatisées de politiques qui annoncent régulièrement l’imminence de la légalisation du cannabis, contribuent à sa banalisation.

Si la légalisation était décrétée, elle deviendrait irréversible, quels qu’en soient les méfaits (à l’instar du tabac et de l’alcool).

La législation française compte diverses dispositions malencontreuses, qu’on ne sait abolir, en dépit de leurs méfaits avérés.

La légalisation serait-elle bénéfique pour le budget de la Nation ?

Face à la santé, un des biens les plus précieux, que pèseraient des taxes, même substantielles, devant la primauté qu’on doit accorder à l’Homme, et en particulier aux plus jeunes, nos germes d’éternité sur qui reposent nos espoirs de pérenniser les fondamentaux de notre société, alors que des actions concertées s’appliquent à la déconstruire, à la démolir.

La volonté de certains d’une  légalisation du cannabis participe à cette agression.

Dans l’État du Colorado, qui fut un des premiers États américains à légaliser le cannabis, il a été calculé que pour 1 $ qu’il percevait en  taxes, il lui en coûtait 4,5$ pour éponger les dépenses générées par cette drogue : en soins médicaux, (particulièrement psychiatriques), pour les accidents routiers ou professionnels dans lesquels il est en cause, les dépenses des assurances, les procès, l’incurie sociale, l’assistanat…

Un cannabis légalisé moins puissant, moins « trafiqué », serait moins dangereux

Pour tenter de diminuer sa consommation, le cannabis de régie devrait être plus cher et moins puissant que celui du marché noir ; mais on sait qu’il serait boudé par les consommateurs, qui s’adresseraient toujours au marché noir.

C’est en effet à la demande de ses consommateurs que dans les produits en circulation le taux de THC a été multiplié par 6,5 en 30 ans ; ils ne seraient donc pas enclins à revenir aux « tisanes » d’antan.

Dans les pays ayant légalisé le cannabis, non seulement le deal reste très actif, mais il élargit de plus l’offre d’autres drogues.

Quant au cannabis de régie il serait encore plus facilement accessible aux jeunes, tout comme l’est actuellement le tabac, dont l’interdiction de vente aux mineurs est ignorée par la majorité des buralistes.

La légalisation du cannabis supprimerait-elle le deal, les dealers, leurs guerres et les balles perdues ?

L’émoi suscité par la mort de quelques malfrats qui prospèrent avec le commerce des drogues qui tuent leurs consommateurs par milliers est malséant.

N’ayons de compassion que pour les quelques victimes de leurs « balles perdues ».

Il est naïf de croire que la légalisation du cannabis dirigerait ses 220.000 dealers vers Pole emploi et que les « gros bonnets » se mettraient en retraite anticipée.

Le marché noir du cannabis perdurerait, complété le cas échéant par un élargissement de l’offre de cocaïne/crack, d’amphétamines, de cathinones, d’ecstasy, de buprénorphine, d’héroïne, de cannabinoïdes de synthèse…

Les adolescents qui par l’usage du cannabis satisfont un besoin de transgression, vécu comme un viatique pour accéder au statut d’adulte, devraient, s’il était  légalisé, effectuer cette transgression au niveau de la cocaïne ou des morphiniques.

C’est alors que le raisonnement qui aurait prévalu pour la légalisation du cannabis devrait s’appliquer à toutes les autres drogues.

La légalisation du cannabis apaiserait-elle le climat de certaines banlieues, de certains quartiers ?

Le climat de certaines cités resterait « pourri » ; il continuerait de « pourrir » les espaces à l’entour qui continueraient de s’enfoncer dans une intoxication collective.

Cette situation déplorable persistera :

– tant que les dealers de drogues gagneront beaucoup plus que dans l’exercice d’activités légales ;

– tant que les drogues constitueront une économie souterraine florissante ;
– tant qu’une immigration non régulée accumulera sur le territoire national des étrangers non intégrables par le travail,  en raison de leur inadéquation aux fonctions proposées et de l’absence d’emploi, du fait d’un chômage endémique ;
– tant qu’une éducation digne de ce nom, n’aura pas dissuadé une large frange de la population de se tourner vers des drogues ;
– tant que « l’argent de poche » ne sera pas assis sur un service rendu, faisant que l’argent facilement gagné repart facilement en fumées ;
– tant que l’éducation nationale ne s’investira pas dans la prévention des toxicomanies, comme lui en fait le reproche l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT), la France restera en Europe la Nation la plus grande consommatrice de cannabis ;
– tant que nos concitoyens n’auront pas compris que le marché des drogues n’existe que par l’importance de leurs consommateurs et que les adultes ne peuvent interdire aux jeunes  de consommer ce qu’ils s’autorisent ; sur l’air du « faites ce que je dis (si au moins je le dis), mais ne faites pas ce que je fais ».

-tant que persisteront des milliers de points de deals notoires, ou que les livraisons de drogues pourront s’effectuer à domicile.

Une légalisation du cannabis ne soulagerait pas le travail de la police car le marché noir ne disparaîtrait pas ; pas plus que les dealers et « gros bonnets » qui élargiraient la diversité de leurs offres et y ajouteraient d’autres trafics.

Une légalisation ne soulagerait pas davantage le travail de la justice, qui aurait à juger les mêmes délinquants pour d’autres délits, qu’elle ne pourrait plus classer sans suite.

Des addictologues sont pourtant en faveur d’une légalisation

L’addictologie est écartelée entre un groupe d’idéologues et d’authentiques médecins qui, ces derniers, placent une démarche authentiquement médicale au cœur de leur activité.

On les entend peu, car ces premiers se sont emparés « des manettes » de la représentation médiatique de leur profession, ce qui les contraint à la discrétion.

Ce sont les addictologues/idéologues à contre-emploi qui, il y a encore quelques années, clamaient que le cannabis était sans danger pour les enfants et les adolescents.

Ils demeurent toujours sans réponse quand on leur demande s’ils disposent de traitement pour détacher du cannabis ceux qui en sont devenus dépendants.

Ils manifestent un semblable mutisme quand on les questionne sur les effets épigénétiques du cannabis, comme s’ils n’en avaient jamais entendu parler.

Ce sont les mêmes qui militent pour les « salles de shoots ».

Il est urgent que les structures et administrations qui les appointent, analysent leurs activités, s’intéressent à leurs résultats, pour les mettre en adéquation avec leurs coûts pour la collectivité ; urgent aussi qu’elles leur rappellent leur devoir de réserve vis-à-vis de la légalisation qu’ils prônent pour le cannabis et pour toutes les autres drogues.

Sans leur mise au pas, la prise en charge des addictions continuera d’être un douloureux et couteux échec.

Des parents ont laissé leurs enfants se perdre dans les toxicomanies, à partir des propos rassurants que leur tenaient ces addictologues à contre-emploi, qui ne les ont pas incités à en protéger leurs enfants.

Certains parents, en cette période très processive, s’interrogent sur l’opportunité de leur demander des comptes, pour mise en danger de la santé mentale et même parfois de la vie de leurs enfants.

Plusieurs États ont légalisé le cannabis, ne prenons-nous pas le risque d’être les derniers à le faire ?

La France, qui voudrait encore être porteuse de messages pouvant profiter à l’humanité, n’a pas à rougir de sa prudence ni à s’excuser de ne pas sombrer dans le suivisme et le mimétisme, d’autant que s’il fallait lui trouver des circonstances atténuantes, elle est en Europe le tout premier État consommateur de cannabis.

Elle n’a pas à se mettre à la remorque d’États qui dissolvent l’humanisme dans le lucre, les royalties et autres taxes. Après le grand-duché du Luxembourg, la nouvelle coalition qui va gouverner l’Allemagne, qui s’est déportée sur la gauche par rapport à la précédente, envisage de légaliser le cannabis.

Les « verts » voient dans le cannabis un moyen d’obtenir la régression économique à laquelle ils aspirent.

Le cannabis est en effet la drogue de l’affaiblissement cognitif, de l’amotivation, du renoncement ; de la transformation des indignés en résignés ; elle peut calmer ceux qui réprouvent avec véhémence l’afflux d’immigrés qui leur semblent difficile à intégrer culturellement.

Chaque individu, doit pouvoir choisir sa vie, sa drogue aussi, et ça ne regarde pas la société

Faut-il rappeler à chaque individu que nous vivons en société et que s’il vient à être dans le besoin il l’appellera à son secours.

Il le fera quand son incurie, liée à sa chute dans la drogue, le privera des moyens de sa survie.

Notre société a choisi le modèle de la solidarité ; elle assiste (de plus en plus souvent à crédit) les malades de toutes affections, les handicapés de tous types, aussi doit-elle impérativement limiter leur nombre, en ne laissant pas se multiplier les victimes des addictions.

Pour conclure

Les civilisations sont mortelles et les drogues accéléreront la destruction de celles qui ne sauront s’en prémunir.
La mondialisation correspond à de nouveaux jeux olympiques de l’esprit, de l’intelligence, du courage, de la culture ; tireront « leur épingle de ce jeu » les Nations qui ne laisseront pas leurs membres être subvertis par les toxicomanies.

Pour le ministre de l’intérieur (G. Darmanin) « la légalisation du cannabis serait une faute morale » (Août 2021) ; ajoutons que ce serait aussi une faute sanitaire, sociale et sociétale.

« Le non-respect de la loi est destructeur pour la démocratie, car il est contagieux ».

Il n’y a pas de démocratie sans État de droit, constitué de règles applicables à chacun. On ne peut accepter durablement sa violation ou l’évolution de la règle (légalisation du cannabis) pour la faire respecter.

*Dr. en Médecine, Pharmacien, Dr. ès Sciences
professeur émérite de la faculté de Santé de Rouen
membre titulaire de l’académie nationale de Médecine
membre titulaire de l’académie nationale de Pharmacie
membre du collège de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD)
président du centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)
directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie du CNRS (1984-2008)

directeur de l’unité de neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011)

Derniers livres parus :

« Le désastre des toxicomanies en France » Ed. Docis  (2018)

« Dictionnaire critique du cannabis » Ed. Docis (2019)
« Toxicomanies: Sauvons la jeunesse » Ed. JDH, coll. Hippocrate & Co (2021)

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