Actualités  –  publiée le 28/08/2021 par Équipe de rédaction Santélog

Clinical Infectious Diseases

La transmission domestique reste le principal mode de transmission du COVID (Visuel Adobe Stock 334928088)

La transmission domestique reste le principal mode de transmission du COVID, écrivent dans leur communiqué ces chercheurs en infectiologie de l’University of North Carolina Health Care, dont l’étude précise la fréquence à laquelle COVID-19 se propage au sein du foyer.

Des données présentées dans la revue Clinical Infectious Diseases qui mettent en exergue notamment la transmission démultipliée au sein des foyers défavorisés et contribuent ainsi à expliquer pourquoi ces communautés souffrent de la pandémie de manière disproportionnée.

Est-ce une nouvelle incitation à la vaccination ?

Les auteurs ne s’en dissimulent pas : « Cela se propage au sein de la famille et auprès des amis, des proches qui se sentent en sécurité.

Lorsque vous vous faites vacciner, vous ne faites pas que vous protéger, vous protégez aussi les personnes que vous aimez et qui vous entourent ».  

Il s’agit d’une étude observationnelle, menée entre avril et octobre 2020, qui a suivi 100 patients positifs au COVID en Caroline du Nord ainsi que 208 proches vivant au foyer de ces participants.

Un membre du ménage a été défini comme une personne qui séjournait dans le même espace de vie que la personne testée positive.

Les chercheurs ont testé les autres membres du foyer chaque semaine durant 3 semaines après l’identification d’un cas index soit écouvillonnage nasal (PCR) soit par test d’anticorps à partir de la 4è semaine suivant le diagnostic du cas index.

En excluant 73 membres des familles des participants qui avaient déjà été testés positifs pour COVID avant le début de l’étude, le taux d’attaque secondaire parmi les membres du foyer est de 32%.

32%, la « pointe de l’iceberg » : le taux d’attaque étant ici la proportion de personnes des foyers des participants contaminées par des participants cas index, les auteurs estiment qu’en réalité, ce taux d’attaque à domicile est très supérieur.

L’auteur principal, le Dr Jessica Lin, professeur de médecine à la division des maladies infectieuses de l’UNC raconte : « Parfois, nous nous rendions dans les foyers pour tester des personnes 4 ou 5 jours après l’apparition des symptômes d’un cas index.

Alors, nous identifions de nombreux autres membres du foyer déjà infectés.

Mais parce que ces infections s’étaient très probablement produites avant notre arrivée, nous ne pouvions les inclure dans nos données ».

32%, c’était avant …c’était avant l’émergence de la variante Delta, plus infectieuse, ce qui suggère aujourd’hui un taux d’attaque secondaire actuel à domicile nettement plus élevé.

Tout juste après : cette étude confirme, comme de précédentes, une plus forte contagiosité dans les quelques jours qui entourent l’apparition des symptômes.

La majorité des cas secondaires surviennent ici au cours de la semaine qui suit le test positif initial.

De plus, les cas secondaires partagent une charge virale nasopharyngée similaire ou une même quantité de virus dans le nez et dans la gorge.

« Cela signifie que la charge virale du cas index est importante ».

Une charge virale plus élevée signifie une plus forte transmission secondaire au sein du foyer et la charge virale du cas index est également associée à la sévérité du cas secondaire.

32% c’est sans la promiscuité ou concentration excessive de personnes vivant au domicile : l’étude confirme « l’évidence » soit la promiscuité de vie comme facteur déterminant de risque de propagation à d’autres membres du ménage.

Ainsi, le taux d’attaque apparaît significativement plus élevé dans les foyers des minorités.

« Il est très difficile de suivre les directives de santé publique dans certaines conditions de vie », écrivent les auteurs, « dans certaines situations, il devient presque impossible de s’isoler ou même de respecter la distanciation physique ».

Une incitation à la vaccination ? 

Certainement, plus il y a de personnes vaccinées au foyer, et plus faible est le risque de transmission secondaire à domicile.

Une personne vaccinée aura très probablement une charge virale plus faible, ce qui réduit le risque que le virus infecte les autres membres du ménage.

« La transmission domestique est vraiment le principal lieu de contamination du COVID.

Se faire vacciner, c’est aussi protéger les personnes qui vous sont chères et vous sont proches »

Source: Clinical Infectious Diseases 12 Aug, 2021 DOI : 10.1093/cid/ciab701 Household transmission of SARS-CoV-2 in the United States: living density, viral load, and disproportionate impact on communities of color

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