Revue de presse Mediscoop du 04-10-2021

Conséquences du cancer de la prostate sur la sexualité Une image contenant texte

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Par le Dr Sophie Florence (Paris) [Déclaration de liens d’intérêts] – Date de publication : 4 octobre 2021

Déplacer le regard sur les configurations de pouvoir qui déterminent la manière dont les hommes redéfinissent leur sexualité et leur appartenance de genre permet d’améliorer la compréhension de l’épreuve du cancer de la prostate.

Des chercheurs français ont réalisé une étude qualitative auprès de 55 hommes hétérosexuels âgés de 53 à 92 ans qui sont atteints par cette maladie.

Ils ont publié leurs résultats dans la revue Sciences sociales et santé.

Le cancer de la prostate est le cancer masculin le plus fréquent en France et dans de nombreux pays.

Il touche une part importante des hommes âgés de plus de 50 ans, son taux de survie nette, calculé à partir de la mortalité imputable en propre au cancer, est supérieur à 90% cinq ans après le diagnostic.

Alors que de nombreuses recherches ont documenté l’impact psychosocial du cancer de la prostate et de ses traitements sur le corps des hommes, la masculinité et la sexualité, peu d’attention a jusqu’à présent été portée à l’intersection du genre avec d’autres rapports de pouvoir.

Les auteurs proposent de combiner le concept de masculinité hégémonique avec une approche intersectionnelle de façon à appréhender les significations sociales de la sexualité dans leur complexité.
Bien que le monde du soin propose une lecture phallocentrique et organiciste de la sexualité après un cancer de la prostate, porter un regard qui ne soit pas déconnecté du social sur la fonction sexuelle masculine semble primordial.

Les hommes qui connaissent des limitations de leur fonction sexuelle après un cancer de la prostate redéfinissent leur sexualité selon trois voies principales : le retrait, la reconstruction et l’ajustement.

L’hypothèse de l’avènement d’une nouvelle sexualité qui prend ses distances avec les normes dominantes de genre est alors apparue comme teintée d’ambivalence : les hommes restent bien souvent attachés à la masculinité hégémonique quand bien même elle ne leur est pas accessible.

Alors qu’une lecture phallocentrique (Tiefer, 1996) et organiciste de la sexualité après un cancer de la prostate domine les mondes du soin, cet article a montré tout l’intérêt de porter un regard qui ne soit pas déconnecté du social sur la fonction sexuelle masculine.

Les auteurs concluent sur la nécessité de prendre en compte la pluralité de significations que les hommes ont des répercussions du cancer de la prostate sur leur sexualité.

Référence : Louis Braverman – La sexualité des hommes après un cancer de la prostate : âge, genre et pouvoir
Sciences sociales et santé, 2019/3 (Vol. 37), p. 5-30.

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