egora.fr 19-04-2022

Plus de trois ans après la naissance, en Chine, des premiers bébés génétiquement modifiés, He Jiankui, à l’origine de l’expérimentation qui leur a donné le jour, vient de sortir de détention.

La protection à donner à ces enfants soulève de nombreuses questions éthiques.

Il espérait un Nobel. Il a écopé de trois ans de détention, dont il vient tout juste de sortir.

Le biologiste chinois He Jiankui avait annoncé, fin 2018, avoir génétiquement modifié des embryons humains, conduisant à la naissance de trois petites filles, les jumelles Lulu et Nana, puis Amy.

Ces « bébés Crispr » avaient été ainsi surnommés en raison de la technique d’édition du génome utilisée pour modifier un gène en vue de les protéger du VIH dont leurs pères biologiques étaient porteurs.

L’annonce par He Jiankui, lors d’un congrès international à Hongkong, avait aussitôt créé un scandale : l’ensemble de la communauté scientifique ou presque considérait en effet que cette technique n’était pas suffisamment mûre pour que la sécurité des bébés soit assurée, et que cette « percée » constituait un inquiétant précédent ouvrant la porte à un eugénisme promettant des « bébés à la carte ».

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Comment protéger les « bébés Crispr », ces trois fillettes génétiquement modifiées illégalement par un biologiste chinois ?

Plus de trois ans après la naissance, en Chine, des premiers bébés génétiquement modifiés, He Jiankui, à l’origine de l’expérimentation qui leur a donné le jour, vient de sortir de détention.

La protection à donner à ces enfants soulève de nombreuses questions éthiques.

SCIENCES  BIOÉTHIQUE Par Hervé Morin Publié le 19 avril 2022

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Il espérait un Nobel. Il a écopé de trois ans de détention, dont il vient tout juste de sortir. Le biologiste chinois He Jiankui avait annoncé, fin 2018, avoir génétiquement modifié des embryons humains, conduisant à la naissance de trois petites filles, les jumelles Lulu et Nana, puis Amy. Ces « bébés Crispr » avaient été ainsi surnommés en raison de la technique d’édition du génome utilisée pour modifier un gène en vue de les protéger du VIH dont leurs pères biologiques étaient porteurs.

L’annonce par He Jiankui, lors d’un congrès international à Hongkong, avait aussitôt créé un scandale : l’ensemble de la communauté scientifique ou presque considérait en effet que cette technique n’était pas suffisamment mûre pour que la sécurité des bébés soit assurée, et que cette « percée » constituait un inquiétant précédent ouvrant la porte à un eugénisme promettant des « bébés à la carte ».

Il devait apparaître ultérieurement que He Jiankui était en contact avec John Zhang, président d’une importante clinique de fécondation in vitro new-yorkaise et déjà « père » controversé en 2016 d’un premier « bébé à trois parents », porteur du patrimoine génétique de ses géniteurs, mais aussi d’ADN de mitochondries provenant d’une donneuse pour contrer une maladie liée au mauvais fonctionnement de ces usines cellulaires.