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Description générée automatiquement Publié le 26/09/2021

La morbidité et la mortalité liées à la température et au climat sont une énigme pour la santé publique.

Plusieurs études menées en dehors de l’Allemagne ont démontré que les événements cardiovasculaires mortels et non mortels sont plus nombreux en hiver qu’en été, mais les données concernant les tendances saisonnières du choc cardiogénique (CC), indépendamment de la cause sous-jacente, sont rares.

Insuffisance que se propose de combler cette étude allemande qui analyse les tendances saisonnières (i), l’incidence, (ii) les caractéristiques des patients et (iii) les résultats dans un échantillon national de plus de 400 000 cas de CC (code CIM-10-GM R57.0) entre 2005 et 2017, chez les patients âgés d’au moins 18 ans, répartis selon le moment de leur admission dans l’un des quatre groupes suivants : printemps, été, automne et hiver.

Près de 10 000 admissions pour choc en plus par rapport à l’été

Le nombre de patients admis pour un CC en hiver a dépassé de près de 10 000 celui de l’été.

La mortalité hospitalière des patients atteints de CC était plus élevée en hiver qu’en été (hiver vs été, n = 70 727 (61,1 %) vs n = 62 379 (58,8 %), p < 0,001).

De plus, les patients admis pour un CC en hiver étaient légèrement plus âgés que ceux admis en été (hiver vs été, âge moyen 71,1 (± 13,6) vs 70,8 (± 13,8), alors que le genre ne différait pas selon les saisons (p = 0,8).

Notamment, les incidences de l’IDM, de l’arrêt cardiaque pré-hospitalier et intra-hospitalier chez les patients en CC ont également varié selon les saisons (p < 0,001).

Ces résultats confirment ceux d’études précédentes qui montraient une augmentation de l’incidence de la mort cardiaque subite en hiver.

Dans cette étude, l’assistance par ballon de contre-pulsion intra-aortique (PBAI) a été le dispositif d’assistance le plus utilisé, suivi par l’oxygénation par membrane extracorporelle veino-artérielle (VA-ECMO) et le dispositif d’assistance ventriculaire gauche (LVAD) chez les patients atteints de CC.

Effet direct ou indirect de la température ?

L’approche multidisciplinaire de l’équipe de prise en charge du CC, qui recourt à des protocoles, semble réduire la mortalité chez les patients souffrant de CC réfractaire.

Cependant, la façon donc laquelle cette prise en charge protocolisée et le devenir du CC sont affectés par les variations saisonnières ne sont pas élucidés.

S’agit-il d’un temps de transport prolongé dû aux conditions météorologiques défavorables, d’une plus forte incidence des évènements thrombotiques sur les IDM et les processus de soins influencés par les variations saisonnières et/ou les températures plus basses ?

Kolossale Studie

Les points forts de cette étude sont sa très grande taille de l’échantillon et sa base de données bien consolidée.

Toutefois, les variables cliniques, les valeurs de laboratoire, les marqueurs physiologiques et les données de suivi au-delà du séjour à l’hôpital n’étaient malheureusement pas disponibles dans cet ensemble de données purement administratives, pas plus que l’évolution temporelle exacte des différents diagnostics, par exemple leur prévalence à l’admission ou leur incidence pendant le séjour à l’hôpital.

Enfin, une validation de nos résultats en dehors de l’Allemagne est nécessaire.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

RÉFÉRENCE: Becher PM, Schrage B, Goßling A. et coll. : Seasonal trends of incidence and outcomes of cardiogenic shock : findings from a large, nationwide inpatients sample with 441,696 cases. Crit Care 25, 325 (2021).

https://doi.org/10.1186/s13054-021-03656-9

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L’heure d’été tue… (un peu !)