Actualités  publiée le 17/10/2017 par Eovimcd mutuelle

Cancer et qualité de vie

La pratique d’une activité physique pendant le traitement et lors de la phase de récupération entraîne aussi des bénéfiques pour le patient âgé

Si de récentes études plébiscitent la pratique d’un exercice physique adapté, combinée à certaines interventions psychologiques, pour réduire la fatigue du cancer pendant et après le traitement, c’est bien pour ses bénéfices thérapeutiques : la pratique d’un sport permet de favoriser l’observance du patient en préservant au mieux sa qualité de vie. Cette association « cancer » et « sport » vaut aussi chez les patients plus âgés, les études sont formelles : la pratique de l’exercice physique ou sportif pendant le traitement et lors de la phase de récupération entraîne aussi des effets bénéfiques pour le patient âgé. Nos explications.

Le sport, une thérapie « encore récente » contre le cancer : Et si cette thérapie alternative et complémentaire contre le cancer participait à la prévention et améliorait la survie comme la qualité de vie en cas de cancer ? Depuis le début des années 2000, les avancées scientifiques convergent toutes vers cette même conclusion : la pratique d’une activité physique prévient le risque de cancer (1), réduit les effets secondaires du traitement -dont la fatigue (2) et le « chemobrain » (3-4) et consolide la rémission chez les survivants (4-5) en réduisant le risque de récidive ou de nouveau cancer. L’exercice permet « d’améliorer la survie des personnes malades, ainsi que leur qualité de vie » (Source : INCA).

Une association, des initiatives : En 2000, le cancérologue Thierry Bouillet et le karatéka Jean-Marc Descotes créent l’association CAMI, fédération nationale Sport & Cancer, et annoncent des résultats étonnants chez les patients adhérents :

  • une diminution de 40 % des récidives,
  • une amélioration de 40 % de la survie,
  • enfin une réduction significative des effets secondaires liés au traitement, dont de la fatigue et des douleurs.

On pourra également citer la course aujourd’hui bien connue Odysséa, organisée par l’Institut Curie.

Enfin, ces initiatives sont en ligne avec les conclusions de cette étude danoise (5) qui démontrait le lien clair entre les niveaux d’adrénaline dans le sang et la prévention de la croissance et de la survie des cellules cancéreuses. Cette étude, menée auprès de femmes atteintes de cancer du sein, constatait qu’après seulement 2 heures de pratique intense à modérée d’une activité physique, les cellules tumorales peinaient à survivre. Même constatation chez les hommes (6) : des patients atteints de cancer de la prostate qui pratiquent la marche ou la natation de manière régulière bénéficient d’une réduction de leurs symptômes, d’une amélioration de l’humeur et de meilleures chances de survie sans récidive.

Les seniors plus touchés par le cancer : On le sait, le cancer fait partie des maladies liées à l’âge, et celui-ci avançant, les cellules se fragilisent et le risque de mutations s’accroît avec leurs divisions. Ainsi, chez les hommes, les 71.200 nouveaux cas par an en France de cancers de la prostate, les 27.500 cas de cancer du poumon et les 21.500 cas de cancer colorectal sont diagnostiqués à un âge médian de 70 ans. Chez les femmes, selon l’Institut National du Cancer, 80% des 54.062 cas de cancer du sein sont diagnostiqués après l’âge de 50 ans.

Quelles activités physiques conseiller en cas de cancer ? Les personnels de santé n’ont pas toujours le temps d’informer leurs patients âgés atteints de cancer, sur les bénéfices du sport et sur les programmes physiques et sportifs disponibles et adaptés. De nombreux patients, et a fortiori les plus âgés, n’ont pas conscience des bienfaits possibles de l’exercice et craignent que leur âge, leurs antécédents de maladies et leur condition physique constituent autant d’obstacles à la pratique d’une activité physique ou sportive. Pourtant, contrairement aux idées reçues, le sport ne fatigue pas mais donne de l’énergie ! Ainsi, pour les plus de 55 ans plus réticents, l’option du coach personnel qui peut se déplacer au domicile peut être la solution ! Certaines complémentaires santé, comme la mutuelle senior Eovi Mcd l’ont bien compris et proposent cette option spécialement dédiée aux seniors. Des ateliers de promotion et de prévention de la santé sont également ouverts aux adhérents. Parmi les activités proposées, on citera :

  • la marche nordique : moins fatigante que sa version classique, parce que pratiquée avec des bâtons, mais tout aussi efficace; elle permet de travailler l’endurance sans traumatiser les articulations du senior ;
  • le Tai Chi : ses mouvements continus et circulaires favorisent la souplesse et le travail de la mémoire ;
  • ou encore les gymnastiques douces, dont le Qi-gong et l’aquagym, qui apportent aussi de nombreux bienfaits aux seniors atteints de cancer.

Mais quid de la prise en charge de ces prestations ? Depuis le 1er mars 2017, les médecins peuvent prescrire à leurs patients atteints d’une Affection de Longue Durée (ALD) la pratique d’une Activité Physique Adaptée (APA), adaptée à leur condition et prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale. Créée par la Loi de modernisation du système de santé de janvier 2016, cette reconnaissance officielle du sport sur ordonnance a depuis été inscrite dans le Code de la santé publique. Il se peut donc que les malades n’aient rien à payer pour la pratique de leur sport.

Enfin, retenez que les Centres Ressource – sous l’égide de l’oncologue Jean-Loup Mouysset – ont pour vocation d’aider les personnes atteintes de cancer à travers des activités de “mieux-être” et un accompagnement thérapeutique personnalisé, dont l’un des piliers est bien entendu le sport.

Le sport vient s’ajouter ainsi aux nombreuses avancées pour lutter contre les cancers chez les seniors. Cette reconnaissance de l’efficacité de la pratique d’un exercice sportif ou physique dans la prévention et le traitement des cancers coïncide avec l’émergence de thérapies ciblées capables de reconnaître les récepteurs spécifiques des cellules cancéreuses et de préserver ainsi les cellules saines, en limitant ainsi les effets secondaires. De nouveaux médicaments, les anti-angiogéniques, vont priver la tumeur d’énergie et d’oxygène et bloquer ainsi sa croissance. Enfin, les immunothérapies qui consistent à « booster » le système immunitaire pour mieux éliminer les cellules cancéreuses, viennent aujourd’hui accroître l’efficacité des thérapies standard.

En complément de ces avancées scientifiques et thérapeutiques, le sport et l’activité physique ont un rôle clé à jouer. Des initiatives de plus en plus nombreuses existent, adaptées aux patients de tous âges, jeunes ou plus seniors.

  1. JAMA Oncology 16 July, 2015 doi:. 10,1001 / jamaoncol.2015.2267 Exercise and Cancer Risk—How Much Is Enough?
  2. JAMA Oncology March 2, 2017. doi:10.1001/jamaoncol.2016.6914 Comparison of Pharmaceutical, Psychological, and Exercise Treatments for Cancer-Related Fatigue- A Meta-analysis
  3. Goethe Universität 10 Mar 2017 Gastrointestinal cancer: Physical exercise helps during chemo
  4. Psycho-Oncology July 2016 (In press) via NORTHWESTERN NEWS 8-Jul-2016 Exercise improves memory in breast cancer survivors
  5. Cancer Research September 8, 2017 DOI: 10.1158/0008-5472.CAN-16-3125 Exercise-Induced Catecholamines Activate the Hippo Tumor Suppressor Pathway to Reduce Risks of Breast Cancer Development
  6. Journal of Cancer Survivorship April 16, 2015 DOI: 10.1007/s11764-015-0426-2 Physical activity, sedentary behavior, and health-related quality of life in prostate cancer survivors in the health professionals follow-up study
  7. Canadian Medical Association Journal February 21 2017 doi: 10.1503/cmaj.160464 Lifestyle modifications for patients with breast cancer to improve prognosis and optimize overall health
  8. Cochrane Library 21 September 2016 DOI: 10.1002/14651858.CD005001.pub3 Exercise for women receiving adjuvant therapy for breast cancer
  9. JAMA Oncology 16 July, 2015 doi:. 10,1001 / jamaoncol.2015.2239 Effects of a High vs Moderate Volume of Aerobic Exercise on Adiposity Outcomes in Postmenopausal Women: A Randomized Clinical Trial