du 11/05/2010  N° 8768
 
Pour la première fois en France, une évaluation des apports en polyphénols, qui contribuent à 48,5 % des apports totaux en antioxydants, a pu être réalisée. C’est l’un des exemples de ce que peut apporter l’étude NutriNet-Santé lancée il y a tout juste un an.

LE RÉSULTAT est, selon le Pr Serge Hercberg, qui coordonne le programme, plutôt « rassurant ». En effet, les principales sources de polyphénols des Français sont le café (36,9 %), le thé (33,6 %), le chocolat (10,4 %) et les fruits et légumes (7,4 %), avant le vin rouge (7,2 %). Les apports totaux sont de 835 mg/j et augmentent avec l’âge (excepté après 55 ans).  

En dépit de quantités relativement proches chez les hommes et chez les femmes (855 mg/j versus 816 mg/j), des différences sont observées au niveau des aliments contributeurs. Les femmes, par exemple, consomment moins de café et de vin mais plus de thé que les hommes. De même, il existe peu de différences entre les régions pour ce qui est des apports totaux. En revanche, des disparités existent quant aux aliments contributeurs. Chez les hommes, le café est une source de polyphénols plus importante dans le Nord (405 mg/j) que dans la région Méditerranée ; chez les femmes, l’apport en polyphénols issus du thé est plus élevé dans la région Méditerranée (313 mg/j) que dans le Nord (240 mg/j).

D’une manière générale, les apports et le type d’aliment contributeur varient en fonction du revenu et du niveau d’éducation. Le café est l’aliment source chez les bas revenus et les personnes sans diplômes, le thé et les fruits contribuent plus à l’apport en polyphénols des hauts revenus.
Au-delà de l’impact de l’apport total sur la santé, « le type de polyphénols lié à la nature des aliments qui les apportent pourrait jouer un rôle majeur pour la protection ou le risque de maladies chroniques », soulignent les auteurs. En effet, certains aliments riches en phénols sont susceptibles de contenir d’autres constituants qui présentent des propriétés bénéfiques (fibres des fruits et des légumes) ou délétères (lipides et sucres du chocolat, alcool du vin).
 
La poursuite de cette première évaluation, rendue possible grâce à l’utilisation de la première base de données sur la composition des aliments en polyphénols, mise au point par des chercheurs de l’INRA (UMR 1019 Clermont-Ferrand), devrait permettre de mettre en évidence les effets spécifiques de ces substances sur la santé. Elle permettra aussi de « définir des apports conseillés, ce qui n’existe pas actuellement », soulignent les auteurs.

L’appel au recrutement continue.

Plus de 130 000 internautes se sont déjà inscrits sur le site de l’étude, dont plus des trois quarts sont des femmes. Pour atteindre l’ensemble de leurs objectifs, les chercheurs souhaitent inclure 500 000 internautes sur les 5 années que doit durer l’étude.

Malgré la forte participation de cette première année, il reste à convaincre 370 000 volontaires, à qui il sera demandé de compléter en moyenne un questionnaire par mois (20 minutes) sur leur état de santé, leur qualité de vie… La vérification des données personnelles d’un millier de nutrinautes a permis de conclure à une bonne fiabilité des données. Les internautes peuvent continuer à s’inscrire sur le site : www.etude-nutrinet-sante.fr.

› Dr LYDIA ARCHIMÈDE

Quotimed.com, le 11/05/2010