Revue de presse Mediscoop  du 13-04-2021

Bithérapie dans la prise en charge des dysfonctions érectiles

Par le Dr Sophie Florence (Paris) [Déclaration de liens d’intérêts]

L’association aux inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 (IPDE5) d’un autre traitement de première ligne permet d’améliorer la dysfonction érectile sans augmenter les effets indésirables par rapport à une monothérapie par IPDE5.

Des chercheurs grecs ont réalisé une méta-analyse (44 études et plus de 3000 patients) et publié leurs résultats dans la revue JAMA.

Cette bithérapie devrait être considérée comme une thérapie de première intention pour les cas de dysfonction érectile réfractaire, complexe ou difficile à traiter.

La dysfonction érectile est une pathologie fréquente affectant la vie sexuelle et relationnelle autant de l’homme que de la femme.

Elle est définie comme l’incapacité d’obtenir et/ou de maintenir une érection suffisante pour l’accomplissement d’un rapport sexuel satisfaisant.

Dans la population générale, la prévalence de dysfonction érectile, tous degrés de gravité confondus, varie entre 19 et 52%, et augmente progressivement avec l’âge.
Si la plupart des patients souffrant de dysfonction érectile bénéficient d’une amélioration clinique significative des symptômes après initiation d’un traitement par IPDE5, d’autres sont non répondeurs, ou n’y répondent pas suffisamment, d’où un certain taux d’abandon de traitement.

Les auteurs ont analysé 44 essais cliniques évaluant dans la prise en charge de la dysfonction érectile, l’intérêt de la combinaison d’un IPDE5 à un autre traitement de première ligne.
Au total, 3853 participants avec un âge moyen de 55,8 ans et un diagnostic posé depuis 2,9 ans en moyenne ont été inclus : 1428 sujets sous bithérapie et 1360 sous monothérapie.

La thérapie combinée par rapport à la monothérapie était associée à une amélioration moyenne du score de sévérité des troubles de l’érection (IIEF-ED, score croissant avec la sévérité) de 1,76 point (IC 95% =[1,27-2,24]) par rapport à la monothérapie.

L’ajout quotidien de tadalafil (+1,70 [0,79-2,61]), de thérapie par ondes de choc de faible intensité (+8,40 [4,90-11,90]), de dispositif érectile sous vide ou vacuum (+2,07 [1,37-2,77]), d’acide folique (+3,46 [2,16-4,76]), de chlorhydrate de metformine (+4,90 [2,82-6,98]) ou d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (+2,07 [1,37-2,77]) a été associé à une amélioration significative du score, mais chaque mesure était basée sur une seule étude.

En revanche, l’ajout d’α-bloquants ou de pentoxifylline n’a pas été associé à une amélioration du score IIEF.
Les évènements indésirables liés au traitement ne différaient pas entre les groupes bithérapie et les groupes monothérapie (1,10 [0,66-1,85], I 2 =78%).
Certains sous-groupes cliniques pourraient en bénéficier davantage : les patients ayant une dysfonction érectile associée à une prostatectomie, ceux dont les troubles sont résistants aux IPDE5 et ceux ayant un hypogonadisme.

Référence : Mykoniatis I, Pyrgidis N, Sokolakis I et al. – Assessment of Combination Therapies vs Monotherapy for Erectile Dysfunction: A Systematic Review and Meta-analysis. – JAMA Netw Open. 2021 Feb 1;4(2):e2036337

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Date de publication : 13 avril 2021