Actualités  –  publiée le 14/04/2022 par Équipe de rédaction Santélog

Environment International

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Une exposition in utero au bisphénol A est associée par cette équipe du Barcelona Institute for Global Health (ISGlobal) à des problèmes respiratoires plus tard dans la vie, chez les filles d’âge scolaire. L’étude, publiée dans la revue Environment International, confirme l’effet perturbateur endocrinien des bisphénols qui interfèrent donc avec les hormones sexuelles, ce qui induit des effets différents chez les filles et les garçons.

Les bisphénols sont des substances chimiques utilisées dans la fabrication de plastiques et donc présentes dans de nombreux produits de consommation, comme les boîtes de conserve, les bouteilles réutilisables et les jouets. Le plus connu des bisphénols est le bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien maintenant bien documenté. L’European Chemicals Agency (ECHA) a inscrit le BPA sur sa liste de substances « très préoccupantes » et certains pays, dont la France, ont limité son utilisation, conduisant certains fabricants à remplacer le BPA par d’autres bisphénols de substitution.

Les  bisphénols passent dans le lait maternel et peuvent traverser la barrière placentaire.

L’étude : les chercheurs espagnols ont souhaité vérifier si l’exposition prénatale à ces composés chimiques est associée à des problèmes de santé plus tard dans la vie. L’analyse d’échantillons d’urine prélevés pendant la grossesse chez plus de 3 000 femmes de 6 pays européens (Espagne, France, Grèce, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni) entre 1999 et 2010 et les données de santé respiratoire de leurs enfants, collectées des années plus tard, confirme que

  • l’exposition prénatale au bisphénol A peut avoir des effets négatifs sur la santé respiratoire des filles d’âge scolaire ;
  • l’analyse des échantillons d’urine révèle une forte prévalence du BPA (dans 90 % des échantillons) ; les autres bisphénols étudiés sont moins présents et retrouvés seulement dans les échantillons recueillis aux Pays-Bas (bisphénol F dans 40 % des échantillons et bisphénol S dans 70 %). Des données très probablement liées au passage précoce aux substituts du bisphénol A dans ce pays ;
  • il existe une association significative chez les filles entre les concentrations de bisphénol A dans l’urine maternelle pendant la grossesse et un risque accru d’asthme et de respiration sifflante à l’âge scolaire ;
  • une augmentation de 100% de la concentration de bisphénol A par rapport à la moyenne observée, est associée à un risque accru de 13 % de symptômes respiratoires ;
  • cette association n’est observée chez les filles et non chez les garçons ;

Ces résultats sont en ligne avec ceux de précédentes études suggérant déjà l’impact négatif du bisphénol A sur la santé respiratoire chez l’enfant. « Un effet très probablement lié au fait que les bisphénols peuvent traverser la barrière placentaire et interférer avec les systèmes respiratoire et immunitaire de l’enfant pendant la phase de développement », explique l’auteur principal, Alicia Abellán, chercheur à l’ISGlobal.

L’étude confirme également l’effet perturbateur endocrinien des bisphénols c’est-à-dire leur interférence nocive avec les hormones sexuelles donc des conséquences spécifiques selon le sexe de la personne exposée.

Source: Environment International March 2020 DOI:10.1016/j.envint.2022.107178 In utero exposure to bisphenols and asthma, wheeze, and lung function in school-age children: A prospective meta-analysis of 8 European birth cohort

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