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Christoph Renninger – AUTEURS ET DÉCLARATIONS  – 25 janvier 2022

La science sur la biologie du vieillissement et les moyens de prolonger la vie ont beaucoup évolué. [1]   

Plusieurs pistes sont proposées, telles que le renforcement du système immunitaire ou l’utilisation de sénolytiques.

Voici un bref résumé de 5 stratégies pour améliorer la longévité.

1.    Alimentation et mode de vie : beaucoup de fruits et légumes

On retrouve dans la littérature scientifique de nombreux travaux démontrant l’impact du régime alimentaire sur la santé.

Une étude portant sur plus de 20 000 individus a ainsi montré que les individus qui ont un poids normal, ne fument pas, ont une consommation d’alcool limitée et intègrent cinq portions de fruits et légumes par jour dans leur alimentation peuvent avoir une espérance de vie prolongée de 7 à 14 ans, comparativement à ceux en surpoids, qui fument et consomment trop d’alcool. [2]

Dans des travaux menés chez l’animal, il a été démontré qu’une diminution d’un tiers des calories absorbées peut également aider à prolonger la durée de vie, tant que le régime alimentaire reste équilibré.

Chez l’humain, un jeûne limité (s’alimenter uniquement dans un délai de huit heures) ou intermittent (jeûner deux fois par semaine) est associé à une baisse du risque de développer des maladies liées au vieillissement chez les individus d’âge moyen. [3]

2. Activité physique : mieux vaut éviter le marathon

Au niveau mondial, l’inactivité est responsable d’environ 10% des décès prématurés consécutifs à des pathologies chroniques, comme la maladie coronarienne, le diabète de type 2 et divers cancers. [4]

Si tout le monde était suffisamment actif, l’espérance de vie augmenterait en moyenne d’un an.

Pour la plupart des individus, environ 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée à intense est suffisant [5].

Ce niveau d’activité permet aussi de bénéficier d’une baisse de l’inflammation et d’une amélioration de l’humeur [6].

En revanche, un effort extrême comme courir un marathon n’est pas si bénéfique pour la santé. Non seulement cette épreuve malmène les muscles et les tendons, mais elle a aussi un effet inhibiteur sur le système immunitaire, ce qui augmente le risque d’infection [7].

3. Renforcer son système immunitaire : IL-7 et spermidine

Qu’importe la part de produits sains dans son alimentation ou le niveau d’activité physique pour se maintenir en forme, le système immunitaire devient inévitablement moins efficace avec l’âge.

Parmi les conséquences de cette sénescence du système immunitaire, une aptitude moindre à se défendre contre les infections et une réaction plus faible aux vaccins.

Le processus commence au début de l’âge adulte lorsque le thymus rétrécit (involution du thymus). Un apport suffisant en vitamines essentielles, A et D en particulier, peut limiter les effets.

Autre approche : recourir à l’interleukine 7 (IL-7), connue pour stimuler le système immunitaire chez les personnes âgées [8].

Pris comme complément alimentaire, la spermidine permet également de stimuler l’autophagie des cellules immunitaires, ce qui renforce l’immunité et la réponse à la vaccination. [9]

4. Rajeunir ses cellules avec la rapamycine

La sénescence des cellules peut abaisser le seuil de déclenchement de l’inflammation et contribuer au développement de pathologies liées au vieillissement.

En 2009, des chercheurs ont montré que les souris vivent plus longtemps et en meilleure santé, en leur faisant consommer de petites quantités de rapamycine (sirolumus), un inhibiteur de la protéine mTOR [10].

Celle-ci joue un rôle important dans la réponse des cellules en présence de nutriments, d’un stress et de dégradations.

La rapamycine a été découverte sur l’ile de Pâques, à partir de micro-organismes provenant du sol.

Elle est actuellement à l’essai dans une étude clinique chez l’homme (étude PEARL[11].

D’autres médicaments à base de rapamycine font l’objet de recherche [12].

L’un des l’objectifs est de renforcer le système immunitaire des personnes âgées, pour les aider notamment à lutter contre le Covid-19 [13].

5. Les promesses des sénolytiques contre le vieillissement

Une autre approche thérapeutique est d’utiliser des sénolytiques, des médicaments qui incitent les cellules sénescentes à déclencher l’apoptose, alors qu’elles sont plus souvent résistantes à ce processus de mort cellulaire programmée.

Des recherches menées sur un modèle de souris ont montré que cette nouvelle classe thérapeutique prolonge la bonne santé des animaux et augmente leur espérance de vie [14].

Dans une petite étude clinique conduite chez des patients atteints de fibrose pulmonaire sévère, les sénolytiques ont permis une amélioration de leur état général et de leur capacité à marcher [15].

Le diabète et l’obésité, ainsi que certaines infections bactériennes et virales peuvent augmenter la sénescence des cellules.

Dans le cas du Covid-19, une autre étude menée sur la souris a suggéré que les sénolytiques peuvent ralentir l’infection par le SARS-CoV-2, du moins chez les animaux les plus âgés, et réduire la mortalité [16].

Cet article a été publié originalement sur Coliquio .

LIENS

Références

  1. Faragher R & Cox L. Life extension: the five most promising methods – so far. The Conversation, 10/21/2021
  2. Khaw KT et al. Combined Impact of Health Behaviors and Mortality in Men and Women: The EPIC -Norfolk Prospective Population Study. PLOS Medicine 2008; 5(3): e70.
  3. Longo VD et al. Intermittent and periodic fasting, longevity and disease. Nature Aging 2021; 1:47-59.
  4. Lee IM et al. Effect of physical inactivity on major non-communicable diseases worldwide: an analysis of burden of disease and life expectancy. Lancet 2012; 380(9838): 219-229.
  5. Li Y et al. Healthy lifestyle and life expectancy free of cancer, cardiovascular disease, and type 2 diabetes: prospective cohort study. BMJ 2020; 368: l6669.
  6. Duggal NA et al. Major features of immune senescence, including reduced thymic output, are ameliorated by high levels of physical activity in adulthood. Aging Cell 2018; 17(2):e12750.
  7. Nieman DC et al. Infectious episodes in runners before and after the Los Angeles Marathon. J Sports Med Phys Fitness 1990; 30(3): 316-328.
  8. Mackall CL et al. Harnessing the biology of IL-7 for therapeutic application. Nature reviews immunology 2011; 11:330-342.
  9. Alsaleh G et al. Autophagy in T cells from aged donors is maintained by spermidine and correlates with function and vaccine responses. eLife 2020; 9: e57950.
  10. Harrison DE et al. Rapamycin fed late in life extends lifespan in genetically heterogeneous mice. Nature 2009; 460: 392-395.
  11. Participatory Evaluation (of) Aging (With) Rapamycin (for) Longevity Study ( PEARL ). NCT04488601
  12. A Phase 3 Study to Determine if RTB101 Prevents Clinically Symptomatic Respiratory Illness in the Elderly. NCT04668352
  13. Mannick JB et al. Targeting the biology of aging with mTOR inhibitors to improve immune function in older adults: phase 2b and phase 3 randomized trials. Lancet Healthy Longevity 2021; 2(5): E250 – E262 .
  14. van Deursen JM. Senolytic therapies for healthy longevity. Science 2019; 364(6441): 636-637.
  15. Justice JN et al. Senolytics in idiopathic pulmonary fibrosis: Results from a first-in-human, open-label, pilot study. EBioMedicine 2019; 554-563.
  16. Camell CD et al. Senolytics reduce coronavirus-related mortality in old mice. Science 2021; 373(6552):abe4832.

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Citer cet article: Biologie du vieillissement : 5 pistes pour améliorer la longévité – Medscape – 25 janv 2022.