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Description générée automatiquement le 11-08-2021

Les Services d’Urgences Pédiatriques [SUP] sont la porte d’entrée hospitalière habituelle des troubles neurologiques aigus des enfants.

Ces troubles ne représentent que 2 % à 12,5 % des passages dans les SUP, mais ils nécessitent une compétence médicale spécifique et entraînent relativement beaucoup d’hospitalisations.

Peu d’études épidémiologiques leur ont été consacrées.

De juin 2017 à mai 2018, 2 737 des 80 320 passages au SUP d’un grand hôpital pédiatrique parisien ont eu comme motif, saisi à l’arrivée par une infirmière, un trouble neurologique figurant dans la liste suivante : convulsion, céphalée, perte de connaissance, vertige, hypotonie, impotence des membres inférieurs, et « autres troubles neurologiques », ce qui exclut les traumatismes crâniens et boiteries.

Les comptes rendus médicaux de ces passages ont été extraits du tableau de bord du SUP et analysés rétrospectivement, en séparant les céphalées des autres motifs parce qu’elles sont souvent dues à une affection non neurologique, telle qu’une infection virale bénigne (angine, otite…).

La concordance du diagnostic final avec le motif de consultation est forte pour les convulsions et faible pour les pertes de connaissance

Pour 1 471 passages d’enfants de 0 à 16 ans (1,8 % des passages au SUP), le motif a été un trouble neurologique autre qu’une céphalée. Dans 806 comptes rendus le diagnostic final concorde avec le motif de consultation.

Les convulsions et les pertes de connaissance sont les plus fréquents des motifs de consultation (49 % et 33 %, respectivement) et des diagnostics finaux (84 % et 8 %, respectivement).

La concordance du diagnostic final avec le motif de consultation est forte pour les convulsions (678/723, 94 %), faible pour les pertes de connaissance (61/480, 13 %).

Les deux principaux types de convulsions sont les convulsions hyperthermiques et les crises d’épilepsie.

Les vertiges, l’hypotonie et la faiblesse des membres inférieurs sont des diagnostics plus rarement retenus.

Parmi les 51 « autres troubles neurologiques », on trouve 10 paralysies faciales (7 paralysies de Charles Bell, 2 maladies de Lyme, un herpès récidivant) et 3 paralysies oculo-motrices.

Les examens complémentaires sont peu pratiqués et ont une faible productivité

Les patients ayant eu un diagnostic final de trouble neurologique autre qu’une céphalée sont âgés de 4 ans et 11 mois en moyenne.

Un sur six a été adressé par un médecin et quatre sur dix sont déjà passés au SUP pour le même motif dans les 6 mois précédents.

L’examen neurologique est anormal dans un sixième des cas.

Les examens complémentaires n’ont pas été systématiques (25 % des patients ont eu un ionogramme sanguin, 10 % une IRM cérébrale) et ils ont eu une faible productivité.

L’avis d’un neuropédiatre a été requis par l’urgentiste dans un tiers des cas (il existe un Service de Neurologie au sein de l’hôpital).

Trente pour cent des patients (241/806) ont été hospitalisés dans le SUP pendant moins de 24 heures (19 %), dans un autre service (9 %), ou dans l’Unité des Soins Intensifs de l’hôpital (2 %, n = 16, dont 15 pour des convulsions).

Les céphalées sont plus souvent primaires

Les céphalées ont été retenues comme diagnostic final dans 431 comptes rendus.

Elles sont plus souvent primaires (188 migraines, 50 céphalées de tension) que secondaires (77 infections), mais pas toujours classées, faute d’une anamnèse détaillée.

Ainsi, aux Urgences, les convulsions et les céphalées sont les troubles neurologiques prédominants comme cela est rapporté par d’autres études.

On peut s’étonner de ne pas trouver plus d’affections neurologiques aiguës telles que l’hypertension intracrânienne, le syndrome de Guillain Barré, la névrite optique, et plus d’affections neurologiques chroniques, mais cela peut s’expliquer par une sélection des comptes rendus basée sur les motifs de consultation et par l’admission directe de patients dans le Service de Neurologie de l’hôpital.

Les auteurs suggèrent des mesures pour améliorer la prise en charge des troubles neurologiques dans les SUP, en l’absence d’un neuropédiatre sur place : la formation des urgentistes aux convulsions et la possession de plans d’action par les enfants épileptiques.

Dr Jean-Marc Retbi

RÉFÉRENCE : Personnic J et al. Neurologic disorders encountered in a pediatric department. Europ J Pediatr Neurol 2021 ; 32 : 86-92

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