Actualités  –  publiée le 4/11/2021 par Équipe de rédaction Santélog

NEJM

Bien que suggérée comme traitement prometteur des troubles du spectre autistique (TSA) et  déjà largement utilisée dans cette indication, l’ocytocine appelée également hormone de l’amour, ne montre, avec cet essai multicentrique, aucune efficacité à stimuler les compétences sociales chez les enfants autistes (Visuel Adobe Stock 205122702)

Bien que suggérée comme traitement prometteur des troubles du spectre autistique (TSA) et déjà largement utilisée dans cette indication, l’ocytocine appelée également hormone de l’amour, ne montre, avec cet essai multicentrique, aucune efficacité à stimuler les compétences sociales chez les enfants autistes.

Cette large étude, de chercheurs de l’Université Duke (Caroline du Nord), publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM), n’apporte « aucune preuve permettant de justifier une enquête plus approfondie sur l’ocytocine en tant que traitement des TSA ».

L’ocytocine, une hormone naturelle qui agit comme un messager chimique dans le cerveau, et généralement utilisée pour déclencher le travail, a été souvent étudiée, en raison de son activité dans le cerveau, comme traitement de l’autisme.

Les conclusions sont contradictoires, plusieurs études plus petites suggérant néanmoins que l’ocytocine peut améliorer les fonctions sociales et cognitives chez certains enfants autistes.

Associée à de nombreux bénéfices, dont l’attachement de mère à l’enfant, mais aussi plus largement à l’amélioration de la fonction sociale dans les troubles psychiatriques, l’ocytocine ne montre ici aucun avantage sur les compétences sociales des enfants autistes : ce sont donc des résultats décevants pour les parents qui attendent bien plus de l’ocytocine.

Cependant cette large étude, menée dans les règles de l’art, vient éclairer les résultats mitigés d’études plus petites et moins robustes.

« Il y avait beaucoup d’espoir que ce médicament soit efficace », relève l’auteur principal, le Dr Linmarie Sikich, professeur agrégé en psychiatrie et en sciences du comportement à la Duke University School of Medicine.

« Nous sommes tous extrêmement déçus, mais l’ocytocine ne semble pas impacter la fonction sociale des patients autistes. »

L’essai multisite est mené auprès de 290 enfants âgés de 3 à 17 ans répartis en 2 groupes pour recevoir de l’ocytocine ou un placebo via un spray nasal quotidien pendant 24 semaines.

L’objectif était de préciser l’impact, mesurable, sur les capacités sociales des enfants à l’inclusion, à mi-parcours et à la fin de l’essai.

Les chercheurs et les parents ont effectué les évaluations à l’aide d’échelles standards de l’autisme.

L’analyse montre que :

  • Si l’ocytocine est bien tolérée et entraîne dans l’ensemble peu d’effets secondaires,
  • Elle ne montre aucun avantage significatif vs placebo.

Pour les chercheurs, de nombreux médecins ont fait fausse- route :

« Des milliers d’enfants atteints de troubles du spectre autistique se sont vu prescrire de l’ocytocine intranasale avant qu’elle ne soit correctement testée et validée.

Heureusement, nos données montrent que l’ocytocine est sûre.

Mais elle n’est pas plus efficace qu’un placebo ».

« Notre consensus en tant que scientifiques est l’absence de preuve dans cette grande étude suffisamment solide même pour justifier une recherche plus approfondie sur l’ocytocine dans le traitement des TSA ».

Source: New England Journal of Medicine 13-Oct-2021 DOI: 10.1056/NEJMoa2103583 Intranasal Oxytocin in Children and Adolescents with Autism Spectrum Disorder

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