Publié le 24/01/2020

Si les troubles du spectre autistique (TSA) constituent des perturbations d’ordre neurodéveloppemental dont l’étiologie précise demeure inconnue, on estime que celle-ci implique à la fois une sensibilité génétique et des facteurs environnementaux.

Parmi ces facteurs liés à l’environnement, rappelle une équipe britannique ayant mené une étude sur ce thème, l’exposition des tissus cérébraux à l’aluminium représente l’une des pistes neurotoxiques envisagées, en particulier par les détracteurs des vaccinations obligatoires ou du moins de la présence litigieuse d’adjuvants à base d’aluminium dans certains vaccins utilisés en pédiatrie.

Les auteurs notent aussi que les travaux sur les modèles animaux des TSA soutiennent des « liens possibles » entre l’augmentation de la prévalence des TSA et l’aluminium, notamment avec les adjuvants à l’aluminium utilisés dans des vaccins.

Se démarquant des recherches classiques où l’exposition humaine à l’aluminium n’est appréciée qu’à travers sa mesure dans les cheveux (ou plus rarement dans le sang et dans l’urine), cette étude évalue pour la première fois la teneur en aluminium du tissu cérébral de donneurs avec un diagnostic de TSA, grâce à une collaboration avec la banque de tissus cérébraux de l’Université d’Oxford (the Oxford Brain Bank)[1] et le recours à des techniques particulières (spectrométrie d’absorption atomique et microscopie à fluorescence).

Une concentration élevée d’aluminium dans le tissu cérébral de personnes souffrant de TSA

Dans les échantillons de tissus cérébraux des cinq sujets avec TSA examinés, les auteurs constatent que la teneur en aluminium est « constamment élevée » : en moyenne 2,3 μg d’aluminium par gramme de poids sec (dans le lobe frontal) à 3,82 μg/g (dans le lobe occipital et le lobe pariétal).

Ces fortes teneurs en aluminium suscitent ce questionnement des chercheurs : « il s’agit des valeurs parmi les plus élevées, observées à ce jour dans le tissu cérébral humain, et il faut se demander pourquoi, par exemple, la teneur en aluminium du lobe occipital d’un garçon de 15 ans est de 8,74 μg/g de poids sec ? »

Comme l’aluminium semble aussi présent dans des cellules apparentées à la microglie et « dans d’autres cellules inflammatoires non neuronales des méninges, du système vasculaire, de la matière grise et de la matière blanche, les auteurs estiment que cette recherche « peut offrir des indices sur le rôle supposé de l’aluminium cérébral » dans le déterminisme des TSA.

[1] https://www.hra.nhs.uk/planning-and-improving-research/application-summaries/research-summaries/the-oxford-brain-bank/

Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCE : Mold M et coll.: Aluminium in brain tissue in autism. Journal of Trace Elements in Medicine and Biology, 2018; 46: 76–82.

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De la mère à l’environnement, les causes suspectées de l’autisme